lieux communs (et autres fadaises)

mercredi 28 septembre 2016

ondulé

Conquis,ravi, séduit, enchanté, sous le charme
enthousiasmé!
à ce concert de Mathieu Boogaerts mardi 28 à Lure
juste là, avec son t-shirt bleu
sa guitare, ses mots, sa dégaine et ses mimiques
guitare / voix, point barre
et nous résume vingt ans de carrière et sept albums
(le 7ème est à venir bientôt) en une heure et demie
une guitare, donc, deux micros et quatre lumières (dont on ne vit jamais la lumière 3)
une proximité, une simplicité, une évidence
une heure et demie, oui, de pur plaisir
-je jubilais-
il chante, il joue
avec la guitare, avec les mots, avec le public
il précise qu'il n'est pas en tournée
 raconte la genèse  de ses chansons
montre les accords qui ont vu naître chacune
les mots qui ont surgi
il explique, dialogue, remercie
questionne, fait chanter
parfois même se retourne en tortillant du croupion
ça passe trop vite quand on jubile
-je me régale-
un rappel deux rappels
il part vers les coulisses en traînant derrière lui tout le petit matos électrique, fils, branchements
revient, il a fait allumer la salle
est heureux de voir que c'est complet
("et pourtant c'est mardi...")
revient pour un ultime ultime rappel salle allumée et scène éteinte
part doucement
et c'est fini
c'était doux et c'était fort

dehors repartant dans la nuit chacun a l'air enchanté

Boogaerts, oui, un cas à part,
un spécimen, un truc rare
un moment intime
(émerveillé comme un gamin j'étais)

 

boogaerts

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mardi 27 septembre 2016

avant-premières et entregent

Finalement, pour moi, le fin du fin pour une avant-première n'est plus d'aller voir le film en projectionde presse à Paris (je n'irai plus à Paris, larme furtive...) mais, simplement, tranquille, là, sur mon ordinateur...
Soit par ce que le distributeur nous a envoyé le dvd (c'est le cas d'ABLUKA, et des très gentils gens de chez Nour Films), soit parce qu'il nous a simplement envoyé un lien et un mot de passe pour le visionner (comme ce le fut pour 11 MINUTES, et les non moins gentils gens de Zootrope films)

11 MINUTES
de Jerzy Skolimowski
(sortie le 2 novembre)

Là, je me sentais très privilégié... le lien, le mot de passe... et le résumé qui était plutôt alléchant. Onze minutes, onze personnages (ou groupes de personnages), onze histoires, mais pas 11x11' (puisque le film ne fait que 81'), c'est bien plus malin que ça (et donc plus compliqué) car les histoires ne sont pas juste juxtaposées ni mises bout à bout, elles sont connectées, reliées, et ce n'est qu'à la toute fin (dans un plan-séquence qui doit certainement durer les 11 minutes annoncées) qu'on aura le fin mot, justement, de l'histoire (ou des).
Skolimowski est un réalisateur que j'aime énormément et à qui je dois de grands bonheurs cinéphiliques (Travail au noir, le bateau-phare, Quatre nuits avec Anna, Essential Killing) et c'était donc un grand plaisir (et une certaine curiosité) de le retrouver, dans cette nouvelle expérience (expérimentation) cinémataographique. Surtout qu'elle impose au spectateur de rester constamment attentif, en alerte, étant donné la façon dont le film est construit, et du constant (et progressif) enchevêtrement des différents fils narratifs concernant chacun des personnages, compliqué encore par des allers et retours temporels. mais on y est très vite plongé, et on s'amuse à repérer les intersections entre les histoires, les points de tangence. Il y a un délicieux aspect expérimental, presque oulipien dans la façon dont le film est construit, sans que ça ne soit jamais pesant (il y aura forcément, pour chaque spectateur, des personnages plus attachants que d'autres...) je ne voudrais pas spoiler le film mais je ne peux pas m'empêcher de dire que ce n'est pas sans rapport (dans la construction, tout du moins) avec un chapitre d'Eureka Street, formidable roman de Robert Mc Liam Wilson. (et d'ailleurs - coïncidence ?- le film sur allocinépointfreu est casquetté de la double nationalité : Pologne / Irlande, curieux , non ?)

ABLUKA (SUSPICION)
d'Emin Alpert
(sortie le 23 novembre)

Celui-là aussi me faisait très envie, deuxième film du réalisateur dont j'avais déjà beaucoup aimé le premier (et plutôt viril) Derrière la colline. Plutôt viril, celui-là l'est aussi, centré sur un "grand frère" sortant (en conditionnelle) de 10 ans de prison, (un très joli papa ours turc grisonnant) et revenant prendre des nouvelles de son jeune frère, qu'il essaye d'aider, mais les choses ne sont pas si simples que ça... Il est aussi question d'un troisième frère, le cadet, mystérieusement disparu depuis plus de 10 ans. Tout ça dans une atmosphère plutôt anxiogène d'un Istanbul hivernal et assez souvent nocturne, situé dans "un futur proche" ou règne(nt) la psychose des attentats terroristes et la toute puissance des forces de police, secrète ou pas... Un univers pesant, étouffant, et dont le traitement présente des similitudes avec le 11 minutes de Skolimowski et de son traitement temporel de la narration. Pas mal de scènes seront ainsi montrées successivement de part et d'autre (du point de vue de celui qui est regardé, et du point de vue de celui qui regarde...) le récit étant encore compliqué par de fréquentes diversions qu'on qualifiera a posteriori d'oniriques, sans en être toutefois complètement sûr... Histoires de folie(s), d'obsession(s), de lubie(s). D'interdictions et forcément de contestation, et re-forcément de répression.
La position de Kadir (le grand frère) devient de plus en plus inconfortable, tandis que celle d'Ahmet (le petit frère) devient de polus instable. Le  qualificatif d'intenable pouvant d'ailleurs s'appliquer aux deux, même si pas tout à fait de la même façon. On pourrait émettre quelques menues réserves sur le jeu parfois appuyé (notament au niveau des regards) de nos deux frères, mais il en est du cinéma turc comme du roumain, ou de l'islandais... j'ai vraiment trop envie de le défendre (même si pas forcément (hihi) pour les bonnes raisons...)

11 minutes : Photo

Abluka - Suspicions : Photo Mehmet Özgür

11 minutes : Photo Dawid Ogrodnik

Abluka - Suspicions : Photo

(un peu des deux...)

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dimanche 25 septembre 2016

le coucou

JUSTE LA FIN DU MONDE
de Xavier Dolan

Ah... Xavierchounet et moi, c'est toute une histoire. Depuis son premier film (J'ai tué ma mère) qui ne m'avait pas plus emballé que ça (peut-être même bien agacé à vrai dire) j'ai quand même suivi l'intégralité de la production du "jeune prodige" (les guillemets sont juste un clin d'oeil amical), avec des fortunes diverses, des hauts et des bas : Si j'ai beaucoup de tendresse pour Les amours imaginaires (merci Loulou d'avoir insisté pour que je le regarde) et Tom à la ferme, je serais moins enthousiaste à l'égard de Mommy ou de Laurence anyways...
L'annonce du film à Cannes m'avait d'abord échauffé, puis intrigué (quoi? il adapte Lagarce , et avec un casting hyper-bankable -Baye cassel Cotillard Seydoux Ulliel-) comme le discours de Xavierchou lors de la remise de son Grand pris du jury (qui m'a d'abord beaucoup agacé puis beaucoup ému).
Je m'étais d'abord dit que je n'irais, puis, les semaines passant, j'en ai eu envie, un peu, puis de plus en plus. (J'ai découvert par hasard, dans le même temps,  que Ducastel et Martineau avaient réalisé un film du même titre, sur la même pièce, que j'ai donc acheté illico, et qui est filmé très simplement, en appartement, avec des comédiens de la Comédie Française, et où on retrouve très précisément la si touchante musique des mots et de la syntaxe de Lagarce... Le texte y est respecté au silence près.)
J'étais donc prêt, j'avais envie de me rendre compte,  pour le voir, enfin, et hier soir il y avait foule à l'avant-première dans le bôô cinéma...
Bien installé, dans de bonnes dispositions, j'ai basculé mon fauteuil en position chaise longue (oui oui, dans le bôô cinéma on peut!)et  je me suis laissé porter.

(...)

et, une heure trente et des poussières plus tard, j'étais encore assis au même endroit, réjoui et chaviré, attentif à suivre le déroulant  jusqu'aux toutes dernières petites lettres du bout du générique... Enthousiaste, allez, carrément. Il est écrit au début (du générique de début) d'après la pièce de Jean-Luc Lagarce. Lagarce, oui, certes, mais Dolan surtout. S'il a respecté la structure de la pièce et le déroulement de l'action, la succession des monolgues dialogués (à moins que ce ne fût l'inverse) il a quand même sacrément dolanisé le beau texte de Lagarce (je n'ai parlé ni de saccage ni d'irrespect).
On n'est plus tout à fait dans le jardin à Jean-Luc, qu'on connaît quand même un peu, et dont on aime les allées et contre-allées, les sentiers qui bifurquent, et les mauvaises herbes et l'apparent-et attachant- fouillis,  on est face à ce qu'en a fait Xavier, juste brin d'herbe arraché ici jusqu'à carrément un coup de tracto-pelle là-bas. Il nous a repaysagé tout ça (recontextualisé diront certains) mais je dois reconnaître que je ne m'y suis pas perdu. Plutôt retrouvé, même. Sans pouvoir vraiment expliquer pourquoi. Les très gros plans, les couleurs parfois dérangeantes, l'illustration musicale, la direction d'acteurs (qui s'en sortent tous plutôt très bien), les mouvements d'appareil, les détails,les éclats, tout cela participe à homogénéiser l'hétérogénéité (à moins que ce ne fût cf plus haut) de cette re-création moi c'est Xavier. Moi-même je ne devais pas être tout à fait dans le même état que d'habitude, par exemple j'ai adoré que la musique soit si forte, c'était... nécessaire, oui, il le fallait (et je ne suis pas peu fier d'avoir réussi à retrouver, sous ses nouveaux oripeaux techno une vieille chanson de Françoise Hardy, Une miss s'immisce, lors de la scène dite "du matelas", fort réussie par ailleurs).

C'est un film juste sur la difficulté de parler -ou le refus de le faire- appliqués de façon plus ou moins voyante à chacun des personnages (Xavierchou aurait pu choisir une autre chanson de Françoise Hardy : "Tout, dire tout vraiment des effets et des causes...") parfois presque cavalièrement, avec insistance et effets de surlignage, mais à d'autres moments avec une exquise finesse, une... retenue, oui, une pudeur, une délicatesse, qui font que, par miracle peut-être (qui sait), ça fonctionne.
Louis était venu pour annoncer sa mort prochaine à sa famille, et il repartira sans l'avoir fait. (Et j'ai été bluffé par la très dolanesque dernière séquence.) En plus tout ça se clôt sur un morceau de Moby que j'adore, donc, je ne pouvais sortir de là qu'enchanté. C'était lecinquième film de Dolan que je vais voir, et je pense que c'est celui qui m'a le plus séduit. Sans que je réussisse encore une fois à faire la part de la sincérité et de la roublardise.
(Et une méchante fée me souffle alors par dessus l'épaule "Tiens, au fait, comme chanson, il aurait pu aussi prendre du Sheila, non ? "La famille ça fait partie des p'tits soucis quotidiens, et pourtant c'est une vie qu'on aime bien..." " hihihi)

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l'affiche "officielle"...

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et, je pense, l'affiche Cannoise ?
(où les acteurs ne sont pas encore rangés par ordre alphabétique)

ps : et il me fait rire aussi, le (jeune ?) journaliste de Télérama qui qualifie Jean-Luc Lagarce de "dramaturge plutôt méconnu"...

 

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samedi 24 septembre 2016

street art

c'est en Belgique...
(et je trouverais sympathique d'avoir ça en face de chez moi, si si!)

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au fond de la cagette

TORIL
de Laurent Teyssier

Je pourrais faire à propos de Vincent Rottiers (toujours excellent, par ailleurs) la même remarque que celle que je faisais à propos de Vincent Lacoste ou de Pierre Niney : messieurs les Distributeurs de Rôles, de grâce, variez un peu les plaisirs! Ça fait quand même quasiment le 3ème film d'affilée où Vincentchou deale de la came! Je suis sûr qu'il est capable de jouer autre chose, alors, un peu d'imagination!
Hormis ce détail, voilà un très bon premier film, qui brasse peut-être un poil trop de thèmes et de voies d'accès (un paysan au bout du rouleau, un fils qui fait son petit trafic de beuh tranquillos, son frangin qui rame dans son restau, un pote bien intentionné mais pas trop dans la légalité, un méchant très méchant qui s'occupe à la fois de toros et de came, une tentative de suicide, des huissiers, une guerre des gangs... ca rigole pas, dans la Camargue jolie (et superbement filmée, d'ailleurs) et ses alentours.)
Le père c'est Bernard Blancan (qu'on ne voit pas assez souvent) et le fils qui culpabilise et veut aider et va payer de sa personne sans forcément prendre les meilleures décisions possibles, c'est donc Vincent Rottiers. (On reconnaîtra aussi Sabrina Ouazani, déjà vue et aimée ici et là, Karim Leklou qu'on avait trouvé très impressionnant dans le Coup de chaud de Raphael Jacoulot, et même Gérard Meylan, en maraîcher qui nous ramènerait directos chez Guédiguian...)
C'est incontestablement très bien filmé (malgré ce qu'ont pu écrire certains : je crois que je vais finir par me désabonner des Cahiaîs, qui ne rédigent plus des critiques mais des exécutions sommaires : il y est question, à propos de ce film, de "téléfilm dopé à la taurine"... On y entendrait presque la condescendante jubilation  du critique fielleux devant son ordi...), oscillant entre documentaire et polar, entre paysages et gens, entre colère et attachement.
Plus le personnage de méchant est réussi et plus le film l'est, disait Hithcock, et celui de ce film l'est, je trouve, particulièrement, parce que complexe, fascinant, et, finalement, attachant (parfois même au sens propre du terme!).
Le film est tendu, nerveux, bien servi à la fois par ses personnages (et les acteurs qui les incarnent) et le sens du montage dont témoigne le réalisateur.
Une plaisante réussite (et une excellente surprise).

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vendredi 23 septembre 2016

micro163

*

"Achète-toi un tank!"
me suis-je entendu crier à l'adresse du conducteur -non visible-
de ce 4x4 blanc surdimensionné qui bloquait la circulation
en tentant de pénétrer sur le parking du Palais de justice.

*

"Le soir tu crois t'endormir avec Rita Hayworth, et le matin tu te réveilles avec Achille Zavatta..."
(Divines)

*

en ce moment, l'odorat et le goût me reviennent
épisodiquement
(mais surtout pas quand j'en aurais envie ou besoin)

*

 Il a vraiment vraiment eu une sacrée bonne idée,
celui qui a pensé à doter les téléphones d'un appareil-photo!

*

(banana man)
il secouait, ce midi, son yaourt d'une énergique et exquise façon.

*

vues par la fenêtre,  roses trémières se balançant
comme un yoyageur traverserait fugitivement  le paysage

*

 rentré de Cuse avec un carton plein de provisions :
deux sortes de pommes, des noix, des carottes rapées du jardin, de la tarte aux pommes...

 *

 dimanche 18 :
il devrait tomber 3cm d'eau

*

journe pluvieuse :
passer sous les fourches caudines des roses trémières

*

 (entendu au fjt)
connaissez-vous le "régime Maigret" ?
(une soupe, une pipe, et au lit)

*

"et depuis chaque année à la date susditeje moullai mon mouchoir en souvenir de vous..."
(le 22 septembre)

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mardi 20 septembre 2016

whisky avec du sucre

VICTORIA
de Justine Triet

On se souvient de La bataille de Solférino, qu'on avait beaucoup aimé. Un appart' en désordre, deux gamines qui braillent, un baby-sitter qui fait ce qu'il peut, Vincent Macaigne qui pète les plombs, une jeune mère de famille qui doit concilier job et vie familiale. On retrouve un peu tout ça dans Victoria (l'appart' en bordel, les gamines, le baby-sitter, l'ex-mari emmerdeur) sauf que la mère des fillettes n'est pas journaliste mais avocate. Et qu'elle n'est pas jouée par Laetitia Dosch, mais par Virginie Efira (qui est blonde, gironde, attachante, excellente, et confirme à chaque film tout le bien qu'on pense d'elle).
La bataille (qui n'est donc pas de Solférino, cette fois) concerne, au départ, un de ses amis (Melvil Poupaud) qui lui demande de le défendre dans un procès où il est accusé par sa femme de l'avoir agressée avec un couteau à beurre sans raison. Mais ce n'est pas le seul combat de Victoria qui bosse comme une folle, rame pour trouver un nouveau mec, épuise les différent(e)s baby-sitters tellement elle n'est jamais chez elle, et qui file bon train vers le burn-out sans vraiment d'en rendre compte...
Un beau portrait de femme qui est aussi, on s'en rendre compte, une comédie sentimentale (ou romantique ? quel est le terme exact ?) : dans ce genre de film (américain, souvent) vous pouvez être certain que les deux premiers noms d'acteurs qui vont apparaître au générique vont se tomber dans les bras l'un de l'autre à la toute fin en se roulant un énorme patin (enfin, plus précisément les personnages joués par les acteurs en question). Dans le cas présent, le premier nom est Virginie Efira, (normal, elle le mérite) et le second Vincent, non pas Macaigne, mais Lacoste (on change de gabarit, hihi)... Moi je dis ça, je dis rien, hein... Mais c'est vrai que le petit Lacoste, il a fait son crocodile de chemin (hihi) depuis Les beaux gosses, hein... Là il est grandit (normzl) il est tout à fait crédible en (jeune) homme, il a l'air d'avoir terminé sa croissance. Il joue sobre et juste, simple. Impeccable ! (mais bon il serait bien que les décideurs pensent à quelqu'un d'autre que lui ou Pierre Niney lorsqu'il est question de jouer un jeune premier, hein, sinon il est à craindre que le lassitude ne nous guette vite...).
Justine Triet est douée pour nous montrer des personnages en déséquilibre, sur le fil (du rasoir), en train de vaciller, juste au bord, et elle a trouvé en Virginie Efira une interprète idéale. Les différents pôles du discours (le procès, le défilé des mecs, le problème avec l'ex-mari, la love story) sont assez subtilement organisés pour nous tirailler perpétuellement entre le sourire et le grincement de dents, mais la réalisatrice est incontestablement plus à l'aise dans le registre acide que dans le sucré. Plus originale, plus culottée.
Originalité qui culmine notamment dans les scènes de procés, dont je vous laisse le soin de découvrir les intervenants appelés à la barre.
Le whisky, c'est excellent tel quel, le sucre n'est pas indispensable (c'est pourtant ainsi qu'il est bu dans le film)...

Victoria : Affiche

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vendredi 16 septembre 2016

texas forever

COMANCHERIA
de David Mackenzie

Celui-là, il ya avait de fortes chances que je passasse (coucou marie!) à côté, si nous ne l'avions pas programmé dans le bôô cinéma. Et il y a comme ça de beaux hasards, comme ce film-là, dont je n'attendais rien et qui m'a tourneboulé. Mi-western mi-polar disait la rumeur, mouais allons-y donc, à cette unique séance en vo quotidienne (où nous étions quatre, coucou Marie, coucou Zabetta !).
Comancheria est un film très large, très horizontal, qui remplit complètement tout le (très grand) écran de la salle 9 du bôô cinéma. Un film de paysages, de grands espaces, un film connoté et revendiqué hyper ricain, texanissime, bien plus riche que l'hybride entre deux films de genre (deux genres de film) qu'on a bien voulu nous vendre -le western et le polar, oui oui-.
D'un côté, au départ, il ya deux frérots qui braquent des banques, "artisanalement", et, de l'autre côté deux texas rangers qui les recherchent. Les deux premiers sont plutôt jeunes, et les seconds un peu plus âgés, notamment l'un d'eux, sur le point de partir en retraite (Jeff Bridges, d'anthologie). On suit en alternance l'un et l'autre couple (paire serait plus juste, virilement parlant) au fur et à mesure de leurs parcours respectifs qui vont, c'est inéluctable, les amener à se croiser. Fatalement, comme on dit. mais David Mackenzie connait son affaire. D'une part il nous dévoile progressivement les pourquois et les comments des braquages des frangins, tandis qu'en face l'enquête menée est plutôt débonnaire et plan-plan, soutenue par les dialogues et les vannes échangées par les deux rangers (dont c'est la dernière mission en commun) sorte de vieux couple d'anthologie (dont on ne saura d'ailleurs strictement rien d'autre que ce qu'ils vivent pendant le temps du film).
Et Comancheria est réjouissant à tous les niveaux.
Plastiquement d'abord (ce qui saute aux yeux) : photogénie des paysages américains, tout en longueur ou en profondeur, routes, vues aériennes, crépuscules, patelins, tout y est de l'imagerie US (d'aujourd'hui et de presque hier) qu'on aime (et à laquelle on est attaché), rien n'y manque. Avec la musique qui va juste bien avec : country-rock, folk, surtout, à guitare et à banjo, qui s'intègre parfaitement dans le décor ambiant.
Humainement, ensuite, parce que, par la qualité de son scénario, David Mackenzie parvient à remplir à ras bord d'humanité ce qui, sans cela, n'aurait pu être qu'une enfilade de beaux décors vides. Chacun des quatre personnages principaux est assez finement caractérisé, chacun à sa manière et pour ses propres raisons. Jeff Bridges a été mis en avant, et ce n'est pas sans raison. Pour moi, le personnage est aussi fort et attachant que, disons... tiens, celui joué par Frances Mc Dormand dans Fargo, c'est dire! Mais son collègue, métis, mi-indien mi chicano, est au diapason. Et pareil pour les frères (un concentré de pure virilité cool, mélange qui m'émeut toujours beaucoup en pareil cas) : si Chris Pine assure en beau gosse mal rasé (et en cerveau du gang), c'est bien pourtant son frangin qui m'a presque tout de suite décroché la mâchoire d'admiration bavatoire : ce mec, comme par hasard cumule un tas de détails parmi ceux que je trouve les plus troublants chez un mec -correction "chez un personnage de film".- On pourrait dire qu'il en possède, pour moi, toute la panoplie. Voilà, c'est dit, le personnage de Tanner (et son interprète Ben Foster) ne sont pas étrangers au surplus d'engouement généré par Comancheria.
Plus le film avance et plus le réalisateur nous fait comprendre qu'il veut nous en dire un peu plus que ce qu'il nous montre, qu'il ne s'agit pas simplement d'une histoire de flics qui poursuivent des braqueurs, que ce ne sont pas eux les (vrais) salauds, mais bien ces enfoirés de mecs en costard derrière leurs ordinateurs, et leurs mots doux : hypothèque, créance, mensualité, intérêts... C'est d'ailleurs lors de ces longs travellings paysagers ricanissimes, qu'apparaît régulièrement, au bord d'une route,  un panneau publicitaire ou un autre qui vient nous parler d'argent, de dette ou de crédit...
L'argent, on n'en finit pas de le voir passer, de mains en mains, de caisse en sac, de poche à table, billets usagés, liasses compactes, biffetons qui volent... mais le plus attachant (le plus drôle) est le parcours que lui font effectuer nos doux frérots (et que je vous laisse le soin de découvrir.)
Contrairement à ce qui a été écrit, si Comancheria est bien "un film d'hommes", il n'est pas "un film sans femmes" : Y existent, épisodiquement, pas mal de personnages "du beau sexe", moins mis en évidence que les mâles c'est vrai : l'ex-femme du frangin n°1, une serveuse de restaurant, une autre, beaucoup plus acariâtre, quelques caissières effarouchées, une dragueuse de casino, une réceptionniste douce en apparence mais tornadesque au lit, la rangère qui a succédé à Jeff Bridges...  Contrepoints (contrepoids), pas forcément de finesse d'ailleurs, à ce monde de brutes.
Pour finir, des remarques marketing : Quelle est l'utilité de traduire le titre original ("Hell or high water", certes difficilement traduisible et compréhensible*) par celui-ci, ni français ni américain (ni quoi que ce soit d'autre? ° et ne veut rien dire du tout hein ?
et pourquoi avoir remplacé la première affiche (délicieusement épurée)

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par celle-ci (beaucoup moins facilement lisible) ?

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et, pour finir, here comes mon chéri-chéri Ben Foster :

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(au premier plan)

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(celui de gauche)

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(mmmm je suis sans voix...)

Mimi, non ?
Comancheria restera l'excellente surprise de ce mois de septembre, pourtant déjà riche en bonheurs cinématographiques, et pourrait même bien figurer dans mon classement de fin d'année...

* après recherche, il apparaîtrait qu'existe une expression : "come hell or high water" qui signifie "Quand bien même le diable y serait...", ou, plus simplement "quoi qu'il arrive", et une seconde "through hell and high water", qui signifie, elle, "contre vents et marées"...

 

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mercredi 14 septembre 2016

money money money

DIVINES
de Houda Benyamina

Presqu'en sortie nationale dans le bôô cinéma. et à 5€ s'il vous plait, avec la carte de membre des Amis du Cinéma. J'avoue, j'y allais... prudemment. Le syndrome "T'as du clito! " de la réalisatrice lors de la remise de la Caméra d'or à Cannes 2016, le symptôme Bande de filles, qu'on nous avait quand même en son temps énergiquement survendu (oui, je suis désolé, je préfère les garçons, je suis un horrible vieux réac je sais...), la transversale film de téci, tout ça me faisait un peu hésiter, j'avoue, et c'est ce bon vieux Pierre Murat, de Téléramuche, qui a emporté le morceau. Un film chipoté et bouchepincé par ledit PM mérite en général toute mon attention (surtout que là il fait fort : en 10 lignes hop c'est plié bâché, et surtout ainsi conclu "On peut, donc, aller voir "Divines" pour des tas de raisons : sociales, politiques, prophétiques, féministes... Mais sûrement pas cinématographiques." Arghh ça m'exaspère. Autant que les Cahiâis qui prennent deux pages pour éxécuter -il n'y a pas d'autre mot- le magnifique -et par moi chéri- NOCTURAMA, de Bonello.)
C'est drôle d'ailleurs, parce qu'il y a un indéniable lien de parenté entre les deux films, j'y reviendrai plus tard.
On était deux dans la (grande) salle à cette séance de 16h. Marie et moi. Deux comme les zigototes du film, les Laurelle et Hardie que la réalisatrice nous invite à découvrir. Et ça démarre très fort, et je suis déjà soufflé sur mon siège tellement je trouve ça bien. quoi, qu'est-ce qu'il a dit, PM, "sûrement pas cinématographique" ? Alors là, se dit-on faudrait qu'il enlève (merci Emma) ses lunettes en peau de saucisson. On n'est ni dans Bande de filles, ni dans La haine, ni dans Dheepan, ni dans Ma 6-t va cracker, non non, on est juste dans Divines.
Et on se régale à suivre ces deux copines en train de faire les 400 coups, de chercher à s'en sortir, à filouter, à se faire de la money money money inlassablement, par tous les moyens. Notamment en cherchant à se faire embaucher par la caïd locale, Rebecca, "sorte de mix entre Grace Jones, Tony Montana et Booba (avec un clito)" (là je cite les Zinrocks, qui ont aussi adoré le film). La bande-annonce est très habile, et nous fait croire qu'on va voir un film qui n'est pas vraiment celui qu'on va voir en réalité. Le dernier tiers nous en aura été soigneusement caché. c'est vrai que le film est à l'image de sa réalistarice, et de son désormais fameux speech cannois : séduisant, énergique, drôle, touchant, bavard, attendrissant, soûlant parfois, mais incontestablement sidérant. je dois dire que j'en ai eu plusieurs fois les larmes aux yeux. Parce qu'il n'y a pas que la thune, il y a aussi l'amour. et c'est un magnifique danseur dont s'entiche la plus petite des deux, sorte de pitbullette qui commence par le regarder -littéralement- de haut, en cachette, avant que de... bah vous verrez bien, hein !
Je n'ai sans doute pas le recul critique ni la capacités d'analyse nécessaires pour décortiquer scrupuleusement le film, je n'en demande pas tant : quand je vais au cinéma, je veux simplement qu'un film m'embarque. Peu importe par quel(s) moyen(s) (on peut toujours y réfléchir après coup. Et c'est ce que Divines a provoqué. La personnalité de la jeune actrice qui incarne Dounia y est pour quelque chose, c'est sûr. Mais j'adore tout le climat du film, son instabilité, sa capacité de passer sans transition d'un extrême à l'autre, de s'obstiner à caracoler comme un petit taureau têtu, (frapper du pied, sortir les cornes, fumer par les naseaux, ce genre) et de ne pas lâcher le morceau, de faire de la tension un atout permanent. J'adhère, j'y crois, je suis, je participe. Même si la fascinante énergie pure de la première partie -que j'ai trouvée, cher Pm, infiniment cinématografik- se relâche un peu par la suite, ou plutôt (en gros il s'agit de la seconde partie, tout ce qui n'est pas -habilement!- montré dans la bande-annonce) freine un peu son trajet de train fou joyeusement en pétard(s) et bifurque sur l'aiguillage d'un discours (cinématographique) un peu plus "habituellement" balisé (mais nous verrouille et nous tétanise sur nos sièges, suspens, tension, voire terreurs enfantines : à un moment - la douche- j'ai même tapé sur le bras de Marie comme si j'étais à Guignol :"Attention, il est là !")
Non, le film n'est pas juste la pochade ado, effrontée et rigolarde que sous-entend la bande-annonce (et quand bien même elle ne serait que ça c'eût déjà été épatant) .Il s'agit bien d'un discours politique, et c'est tant mieux. Qui a bien su brasser et intégrer tous ces éléments -contemporains et réels- (le fric, le blingbling, la discrimination, les flics, les services sociaux, le collège, la violence, les rapports filles/garçons -et les rôles-) au sein d'un récit fictionné (oui peut-être un tout petit peu trop vers la fin...) généreux et puissant, dense et intense, et prenant de bout en bout.
Le point commun avec Nocturama (que je vous exhorte à aller voir)? Les jeunes gens, ça c'est sûr, la révolte, idem, et des éléments formels commun aux deux films, de façon troublante : un grand magasin la nuit, de la danse, et aussi des flammes qui montent, dans cette même nuit...
Allumer le feueueueu...

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dimanche 11 septembre 2016

oups!

Avec toutes ces émotions de fin d'août, j'ai complètement zappé l'anniversaire du blogchounet!

11 ans!
Bonze anniversaire, le blogchounet, tiens avec onze images!

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2005, Portugal

IMGP7927

2006, Montmarin

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2007, Bozarts

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2008, Paris

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2009, manifs

P1130551

2010, India

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2011, ipomées

P1860086

2012, Paris

P1890469

2013, école

20140705_205831

2014, Belfort

IMG_20150413_125346

2015, fjt

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2016, colza

 

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