mardi 17 novembre 2015

vendredi 13 novembre 2014

(cette liste est parue dans Ouest France, et je me suis permis de la reproduire ici, parce que je pense à tous ces gens, parce qu'il est important qu'ils ne restent pas anonymes, parce que c'est leur nom, parce que c'était leur vie, important qu'ils ne soient pas oubliés)

- Nick Alexander, 36 ans, un Anglais de Colchester, vendait des produits à l'effigie du groupe Eagles of Death Metal lorsqu'il a été tué au Bataclan. « Nick est mort en faisant le travail qu'il aimait et nous sommes réconfortés de voir à quel point il était aimé par ses amis à travers le monde », a écrit sa famille dans un communiqué.

- Thomas Ayad, 32 ans, originaire d'Amiens, a été tué au Bataclan. Ce passionné de hockey sur gazon était producteur pour la maison de disques Mercury Music Group (Universal).

- Halima Ben Khalifa Saadi, 34 ans. Cette jeune femme originaire de Menzel Bourguiba (Tunisie), près de Bizerte, vivait au Sénégal. Elle était à Paris pour fêter un anniversaire.

- Hodda Ben Khalifa Saadi, 35 ans, sa grande soeur, vivait à Paris alors que sa famille est installée au Creusot (Saône-et-Loire). Elle était avec sa soeur à sa fête d'anniversaire.

- Chloé Boissinot, 25 ans, originaire de Château-Larcher dans la Vienne selon La Nouvelle République. Elle et son petit ami Nicolas, blessé, étaient en train de dîner au restaurant Le Petit Cambodge lorsque les assaillants ont ouvert le feu.

- Emmanuel Bonnet, 49 ans, habitant de la Chapelle-en-Serval (Oise). Ce père de famille était vendredi au Bataclan avec l'un de ses enfants. (...) Employé de la RATP, il avait partagé la veille du concert sur sa page Facebook un lien du groupe « Les athées en action » citant Jacques Prévert avec une photo du poète: « La théologie c'est simple comme dieu et dieu font trois ».

- Maxime Bouffard, 26 ans, originaire du Coux (Dordogne), est mort au Bataclan. Ce fêtard, amateur de rugby, habitait depuis quatre ans à Paris, où il réalisait des films.

- Quentin Boulenger, 29 ans, mort au Bataclan. Cet habitant du XVIIe arrondissement était originaire de Reims.

- Macathéo Ludovic Boumbas, dit « Ludo », 40 ans, est mort à La Belle équipe, bistrot du XIe où il fêtait l'anniversaire d'une amie. « Il a voulu protéger une amie, Chloé, en se mettant sur elle. Il s'est pris une rafale », a dit son frère à l'AFP. D'origine congolaise, Ludo était ingénieur chez le transporteur FedEx. 

- Élodie Breuil, 23 ans, a été tuée au Bataclan où elle passait la soirée avec six amis. Elle étudiait le design à Paris, à l'École de Condé. Le 11 janvier, elle avait défilé avec sa mère place de la République, à Paris.

- Ciprian Calciu, 32 ans, de nationalité roumaine, est mort au restaurant La Belle équipe, où il se trouvait avec sa compagne, Lacramioara Pop. Ils étaient parents d'un enfant âgé de 18 mois.

- Nicolas Catinat, 37 ans, a été tué au Bataclan, alors qu'il se trouvait dans la fosse. Habitant à Domont, dans le Val-d'Oise, il a cherché à protéger ses amis en se plaçant en bouclier humain.

- Nicolas Classeau, 40 ans, père de trois enfants âgés de 6, 11 et 15 ans, est tombé sous les balles au Bataclan, où il assistait au concert avec sa compagne, blessée. Guitariste amateur, cet habitant de Bagnolet (Seine-Saint-Denis) était directeur de l'IUT de Marne-la-Vallée (Seinte-et-Marne).

- Anne Cornet, 29 ans. Originaire de Houdlémont (Meurthe-et-Moselle), la jeune femme a été tuée au Bataclan avec son mari Pierre-Yves Guyomard, avec lequel elle résidait à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines), selon Le Républicain Lorrain.

- Precilia Correia, 35 ans. Portugaise, elle était employée par la maison de disques Mercury Music. Elle est morte au Bataclan.

- Guillaume Barreau-Decherf, 43 ans, était un journaliste indépendant qui travaillait pour plusieurs titres et couvrait notamment la musique rock pour Les Inrockuptibles. Il avait récemment écrit au sujet du nouvel album du groupe Eagles of Death Metal, qui se produisait au Bataclan le soir du massacre. Il était le père de deux filles.

- Asta Diakite, cousine du joueur de l'équipe de France de football Lassana Diarra, qui était en train de jouer sur la pelouse du Stade de France lorsque les explosions ont eu lieu. Elle est morte alors qu'elle prenait un verre en terrasse avec une amie, elle aussi tombée sous les balles.

- Manuel Colaco Dias, 63 ans, un Portugais fan de foot qui vivait depuis 45 ans à Paris, a péri alors qu'il se trouvait à l'extérieur du Stade de France.

- Elsa Delplace, 35 ans, était venue au concert des Eagles of Death Metal avec sa mère et son fils de 5 ans. La fille et la mère, Patricia San Martin, 61 ans, ont été tuées, alors que le garçonnet a survécu.

- Alban Denuit, 32 ans, plasticien bordelais diplômé des Beaux-Arts de Paris, est mort au Bataclan. Il avait obtenu cet été son doctorat en arts plastiques avec les félicitations du jury à l'unanimité, après une thèse entamée en 2009 à Bordeaux 3, où il enseignait.

- Romain Didier, 32 ans, était rue de Charonne avec sa compagne, Lamia Mondeguer, lorsqu'ils se sont fait tous les deux abattre. Originaire de Sury-en-Vaux (Cher), il vivait à Paris, où il avait notamment été manager d'un bar dans le VIe arrondissement.

- Elif Dogan, de nationalité belge. Installée depuis quatre mois dans la rue du Bataclan, elle est décédée au Bataclan sous les balles des terroristes, comme son compagnon Milko Jozic.

- Fabrice Dubois, 46 ans, concepteur rédacteur chez Publicis conseil, se trouvait au milieu de la fosse du Bataclan lorsque les terroristes ont fait irruption. Il était venu au concert avec quelques amis. Marié, père de deux enfants de 11 et 13 ans, il était surnommé le « gentil géant » en raison de sa haute taille de 2m.

- Thomas Duperron, 30 ans, un Parisien originaire d'Alençon s'occupait de la communication de la salle de concert parisienne La Maroquinerie. Spectateur du Bataclan, il est mort dimanche à l'hôpital de Percy-Clamart où il avait été transporté.

- Mathias Dymarski, 22 ans, ingénieur travaux, originaire d'Ancy-sur-Moselle (Moselle). Ce fan du groupe Eagles of Death Metal, également passionné de skate et de BMX, participait au concert au Bataclan avec sa petite amie Marie Lausch et deux amis originaires de Metz. Leurs deux amis ont réussi à s'en sortir, pas eux.

- Germain Ferey, 36 ans, originaire de Vienne-en-Bessin, dans le Calvados. Vivait à Paris et travaillait dans le milieu audiovisuel. Il était au Bataclan vendredi soir.

-Grégory Fosse, 28 ans, habitant de Gambais (Yvelines). Grégory était programmateur musical pour la chaîne D17. Un hommage lui sera rendu lundi, à l'initiative du conseil municipal de la commune de Gambais.

- Juan Alberto González Garrido, ingénieur espagnol de 29 ans, travaillait pour EDF. Originaire de Grenade, en Andalousie, il vivait à Paris avec son épouse Angelina Reina, 33 ans. Présente à ses côtés au Bataclan vendredi soir, cette dernière a vu son époux tomber au sol avant de perdre sa trace, selon le quotidien El Pais.

- Véronique Geoffroy de Bourgies, 54 ans, ancienne collaboratrice du Figaro Madame, mère de deux enfants adoptés à Madagascar. Elle se trouvait en compagnie de plusieurs amis à la terrasse du restaurant La Belle Equipe au moment des attaques. Mariée au photographe Stéphane de Bourgies, qui a annoncé son décès sur Facebook, elle avait abandonné sa carrière de journaliste il y a un an pour se consacrer à une association humanitaire qu'elle avait créée en 2004.

- Michelli Gil Jaimez, 27 ans, était originaire de l'Etat de Veracruz, au Mexique. Elle a été tuée au restaurant La Belle équipe.

- Matthieu Giroud, 39 ans, géographe, originaire de Grenoble (Isère). Maître de conférences à l'université Paris-Est Marne-la-Vallée, spécialiste du phénomène de gentrification, ce père d'un petit garçon de trois ans était sorti vendredi soir avec des amis au Bataclan, où il a été tué. Il vivait à Paris avec son épouse, enceinte de leur deuxième enfant.

- Cédric Gomet, 30 ans, originaire de Foucherans dans le Jura et résidant à Paris, se trouvait au Bataclan avec l'un de ses amis, Cédric, lui-même blessé par balles à la jambe au cours de l'assaut.

- Nohemi Gonzalez, 23 ans, de nationalité mexicaine et américaine, se trouvait à la terrasse du Petit Cambodge en compagnie d'une amie. Etudiante en troisième année à l'université d'Etat de Long Beach en Californie, elle se trouvait à Paris dans le cadre d'un semestre d'échange universitaire à l'école de design Strate de Sèvres. Décrite par son petit ami comme « la plus douce des jeunes femmes », elle devait rentrer aux Etats-Unis le mois prochain.

- Pierre-Yves Guyomard, ingénieur du son et professeur en sonorisation à l'Institut supérieur des techniques du son (ISTS) à Paris. Il a été tué au Bataclan avec sa femme Anne Cornet. « Il était l'un des meilleurs enseignants que j'ai jamais eus et il avait beaucoup à partager avec ses étudiants et à leur donner », a écrit sur Facebook un de ses étudiants.

- Thierry Hardouin, 36 ans, sous-brigadier au dépôt de Bobigny, devait passer la soirée à Paris au restaurant la Belle Equipe, rue de Charonne, pour célébrer l'anniversaire de sa compagne. « Bon vivant », « homme joyeux et professionnel », « Thierry avait affaire au quotidien à des gens dangereux. On savait qu'il fallait toujours rester sur le qui-vive » confie un de ses proches au quotidien Le Parisien. Thierry Hardouin était père de deux enfants.

- Olivier Hauducoeur, 44 ans, banquier. Diplômé de l'Ecole nationale supérieure d'Ingénieurs de Caen, il travaillait depuis 2006 au sein du groupe BNP Paribas. Ce coureur amateur était depuis un an employé de la société française de location automobile longue durée Arval, filiale du groupe bancaire. Il est mort au Bataclan.

- Pierre-Antoine Henry. Originaire de Chambéry, amateur de chant. Il est décédé dans la salle du Bataclan.

- Mathieu Hoche, 38 ans, était technicien cadreur pour la chaîne télévisée France 24 depuis sa création en 2006, père d'un jeune enfant. Sur son profil Facebook, il avait annoncé le 24 août avoir acheté son ticket pour le concert au Bataclan. C'était « un garçon adorable, discret, bosseur, professionnel », selon le directeur de la chaîne Marc Saikali.

- Djamila Houd, 41 ans, une Parisienne originaire de Dreux et mère d'une fillette de 8 ans, selon le journal L'Echo Republicain. Elle a été tuée sur la terrasse du restaurant La Belle Equipe, lors d'une soirée entre amis.

- Mohamed Amine Ibnolmobarak, marocain, était architecte encadrant à l'Ecole nationale supérieure d'architecture Paris-Malaquais. Il a été tué alors qu'il se trouvait au bar le Carillon en compagnie de sa femme, blessée.

- Pierri Innocenti, 40 ans, le « restaurateur des stars » selon Le Parisien. Il était le propriétaire du restaurant italien Chez Livio à Neuilly-sur-Seine. Vendredi soir, il postait sur Facebook une photo du panneau du concert, ajoutant juste « Rock! ».

- Nathalie Jardin, 31 ans, régisseuse lumières au Bataclan. Originaire de Marcq-en-Baroeul (Nord), la jeune femme avait auparavant travaillé pour Marcel et son orchestre  et les Fatals Picards.

- Milko Jozic, 47 ans, de nationalité belge. Ce père de famille habitait avec sa compagne Elif Dogan, elle aussi décédée, dans la rue du Bataclan où ils s'étaient installés il y a quatre mois.

- Hyacinthe Koma, 37 ans. Serveur au restaurant Les Chics Types, dans le 19e arrondissement, il participait à une soirée d'anniversaire au restaurant La Belle Equipe rue de Charonne.

- Marie Lausch, 23 ans, originaire de Metz (Moselle). La jeune femme, diplômée de l'école de commerce de Reims, et qui venait de terminer une mission pour un groupe de cosmétiques, se trouvait dans la salle du Bataclan avec Mathias Dymarski, son compagnon depuis cinq ans. Lui aussi est décédé.

- Guillaume Le Dramp, 33 ans, buvait un verre en terrasse au bar La Belle équipe lorsqu'il s'est fait abattre. Originaire de Cherbourg, il habitait Paris où il travaillait dans une brasserie.

- Renaud Le Guen, 29 ans, a été tué au Bataclan où il se trouvait avec sa compagne, rescapée. « Renaud était quelqu'un de très cultivé et doux. Tout le monde l'aimait. C'était un mec bien », a témoigné au quotidien Libération celle qu'il devait épouser l'année prochaine et qu'il avait rencontrée à 17 ans. « Il aimait le jazz, le rock, la photo, être avec sa famille et ses amis », a-t-elle raconté. Il travaillait dans un garage pour poids lourds près de la gare d'Evry-Courcouronnes (Essonne) et habitait à Savigny-sur-Orge, où il avait grandi.

- Christophe Lellouche, 33 ans, tué au Bataclan, était créateur de sites internet. Ce supporter de l'OM, guitariste et compositeur du groupe Oliver, était surtout « un fan de musique en général et de concerts en particulier », a indiqué à l'AFP l'un de ses proches.

-Antoine Mary, 34 ans, originaire de Caen,  a fait sa scolarité au lycée Jeanne d'Arc de Caen et a travaillé pour l'agence de communication web Milky, de mars 2013 à avril 2015 en tant que responsable de développement. Ses anciens collègues lui ont rendu un émouvant hommage sur le facebook de la société.

- Cédric Mauduit, 41 ans. Directeur de la modernisation du département du Calvados, en Normandie. Il avait deux jeunes enfants. Il a été tué au Bataclan alors qu'il assistait au concert avec des amis, dont une autre victime, David Perchirin.

- Charlotte Meaud, 30 ans, est morte avec sa soeur jumelle, Emilie, sur la terrasse du café Le Carillon. Cette chargée de développement de start-up, passionnée de musique et de sport, habitait dans le XXe arrondissement de Paris et a grandi à Aixe-sur-Vienne (Haute-Vienne) et fait ses études à Lyon et à Strasbourg.

- Lamia Mondeguer a été tuée rue de Charonne alors qu'elle était avec son compagnon, Romain Didier. Elle travaillait pour l'agence artistique Noma Talents.

- Fanny Minot, 29 ans, monteuse pour l'émission Le Supplément sur Canal + depuis plusieurs années. Elle est morte au Bataclan. « Une fan de rock », selon l'une de ses collègues jointe par l'AFP.

- Yannick Minvielle, 39 ans, travaillait dans la publicité et chantait dans un groupe de rock. Il est mort au Bataclan.

- Marie Mosser, 24 ans, une passionnée de musique originaire de Nancy, s'était récemment installée à Paris. Décrite comme « pétillante » par ses proches, spécialiste en communication et marketing digital, elle travaillait pour un site internet people.

- Cécile Misse, 32 ans, a été tuée au Bataclan, aux côtés de son compagnon, Luis Felipe Zschoche Valle, un musicien chilien. La jeune femme, installée à Paris depuis 2006, était chargée de production au théâtre Jean-Vilar de Suresnes, dans l'ouest parisien. Elle avait grandi à Gap (Hautes-Alpes).

- Justine Moulin, 23 ans, était sur la terrasse du Petit Cambodge lorsque les jihadistes ont fait feu. La jeune femme, blessée à la tête, est décédée samedi matin à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Issue d'une famille du Nord, elle vivait à Paris.

- Quentin Mourier, 29 ans, tué au Bataclan, était architecte aux Vergers Urbains. Il est décrit comme quelqu'un « plein de ressources, d'énergie, d'initiatives, d'engagement » sur le site internet de cette association qui milite pour la végétalisation et des villes comestibles. Il habitait dans la capitale mais était originaire de Rouffach (Haut-Rhin), selon les Dernières Nouvelles d'Alsace. Il avait étudié à l'Ecole nationale supérieure d'architecture de Versailles.

- Victor Muñoz, 25 ans, est mort à La Belle Équipe, rue de Charonne. Il était le fils d'un élu du XIe arrondissement.

- Hélène Muyal-Leiris, 35 ans, tuée au Bataclan. Elle était maquilleuse-coiffeuse à Paris et travaillait dans la mode ou sur des tournages.

- Bertrand Navarret, 37 ans. Selon le journal La Dépêche du Midi, il avait grandi à Tarbes, où son père est notaire, et vivait à Capbreton, sur la côte landaise. Il était parti à Paris pour passer quelques jours dans la capitale et assister au concert au Bataclan.

- David Perchirin, une quarantaine d'années. Après avoir été journaliste, il était devenu récemment professeur des écoles et enseignait depuis septembre 2014 en Seine-Saint-Denis. Il est mort au Bataclan aux côtés de son ami Cédric Mauduit, rencontré à Sciences Po Rennes. « Bons vivants, débordants d'énergie, enthousiastes indéfectibles, le ciment de leur amitié a toujours été leur passion du rock'n roll », selon l'hommage rendu par l'association des anciens élèves de l'établissement.

- Aurélie de Peretti, 33 ans, une infographiste de formation reconvertie dans la restauration, se faisait une joie depuis des semaines d'assister au concert du Bataclan. La jeune femme, décrite comme lumineuse, a été tuée dans la salle de concert.

- Manu Perez, 40 ans, directeur artistique chez Polydor. Ce père de famille a posté sur Facebook quelques minutes avant sa mort une vidéo prise dans la fosse du Bataclan, intitulée « Il y a ceux qui y sont et qui ne sont pas ».

- Lacramioara Pop, roumaine, a été abattue au restaurant La Belle équipe, où elle se trouvait avec son compagnon, Ciprian Calciu.

- Caroline Prenat, 24 ans, est morte au Bataclan. Cette graphiste lyonnaise était diplômée des Arts appliqués de Lyon et de l'Ecole Condé de Nancy.

- François-Xavier Prévost, 29 ans, mort au Bataclan. « L'amour de ma vie, à jamais », écrit sa compagne sur la page Facebook créée pour lui rendre hommage. Ce passionné de tennis, « toujours souriant, toujours la banane », travaillait dans la publicité à Lille.

- Sébastien Proisy, 38 ans, était sur la terrasse d'un restaurant rue Bichat lorsqu'il a été tué d'une balle dans le dos. Il accompagnait l'un de ses clients, avec qui il dînait, pour fumer une cigarette sur le trottoir. Diplômé de Sciences-Po Paris, il avait travaillé au Parlement européen à Bruxelles puis dans un cabinet d'avocats, avant de créer deux sociétés, l'une pour aider les entrepreneurs à s'installer en Iran et en Asie centrale, l'autre pour promouvoir l'agriculture française à l'international.

- Richard Rammant, 53 ans, est mort au Bataclan en protégeant sa femme, Marie-Do, qui a survécu. Il s'est couché sur elle et a reçu plusieurs balles mortelles. Ce fan de rock et de motos Harley-Davidson, était parisien mais toujours attaché à sa région natale du Lot, où il était bénévole dans un festival de blues. Son club de bikers prône « le respect, la fraternité et la solidarité comme un mode de vie », selon son site internet.

- Valentin Ribet, 26 ans, tué au Bataclan. Ce jeune avocat prometteur du barreau de Paris était diplômé de la London School of Economics, et a suivi des études à la Sorbonne. Spécialisé dans la criminalité en col blanc, Valentin était « un avocat talentueux, très aimé par ses collègues », a fait savoir son cabinet, la firme internationale Hogan Lovells.

- Madeleine Sadin, 30 ans, est morte au Bataclan. Décrite comme « vivante, aimante et curieuse » par ses proches à l'AFP, cette parisienne passionnée de danse enseignait le français dans un collège de l'Essonne. « C'était la seule prof qu'on appelait par son prénom », a confié au Parisien l'une de ses élèves, saluant une prof « adorable ».

- Kheireddine Sahbi, 29 ans, ce violoniste de nationalité algérienne. Surnommé « Didine », il rentrait chez lui vendredi après une soirée avec des amis lorsqu'il a été tué. Après des études de sciences, il s'était tourné vers la musique et étudiait depuis un an à Paris. « Il habitait un quartier périphérique d'Alger, où la situation était très tendue » et « avait survécu à dix ans de terrorisme », à témoigné à l'AFP un de ses cousins. Son corps devrait être rapatrié en Algérie.

- Lola Salines, 28 ans, éditrice chez Gründ, est morte au Bataclan. Décrite comme « attentionnée, sensible, rigoureuse, branchée, enthousiaste », elle faisait également du roller derby sous le pseudo Josie Ozzbourne, dans l'équipe La boucherie de Paris.

- Patricia San Martin, 61 ans, était la nièce de l'ambassadeur chilien au Mexique. Cette fonctionnaire à la mairie de Sevran (Seine-Saint-Denis) est tombée sous les balles des terroristes au Bataclan, ainsi que sa fille, Elsa Delplace.

- Hugo Sarrade, 23 ans, débutait son weekend à Paris par ce concert au Bataclan, avant de rejoindre son père en région parisienne. Etudiant en intelligence artificielle à Montpellier, Hugo était persuadé que « l'obscurantisme est notre pire ennemi », selon son père, interrogé par le quotidien Midi Libre.

- Claire Scesa-Camax, 35 ans, graphiste. Originaire d'Avignon, diplômée de l'Ecole professionnelle supérieure d'arts graphiques de la Ville de Paris (Epsaa), elle était graphiste à Paris depuis 2009. "Le meilleur hommage que nous puissions rendre à notre ancienne étudiante (...) est en images", a tweeté l'école lundi, publiant des illustrations pleines de légèreté et d'espièglerie. La jeune femme, qui a notamment travaillé pour le Crazy Horse, s'était rendue selon Libération au Bataclan avec son mari, qui s'en est sorti indemne, et des amis, dont deux ont été blessés.

- Maud Serrault, 37 ans. Elle était depuis trois ans en charge du marketing et de la communication de la filiale française de la chaîne hôtellière Best Western. Diplômée du Celsa, cette jeune mariée avait auparavant travaillé chez Renault, Intermarché, puis chez Hammerson. Selon Libération, son mari était avec elle au Bataclan, et a échappé au massacre.

- Valeria Solesin, 28 ans, est morte au Bataclan, après avoir été prise en otage avec son fiancé et deux proches. Cette Italienne originaire de Venise, doctorante en démographie, vivait depuis quatre ans à Paris. « Elle nous manquera et je pense, au vu de son parcours, qu'elle manquera aussi à l'Italie », a déclaré sa mère aux médias italiens. « Elle était le visage souriant et le cerveau brillant de la jeune communauté italienne à Paris », a témoigné un proche à l'AFP.

- Fabian Stech, 51 ans, tué au Bataclan était critique d'art et aussi enseignant d'allemand dans un lycée privé de Dijon. Né à Berlin, il était installé en France depuis 1994 où il était marié à une avocate dijonnaise et père de deux enfants.

- Ariane Theiller, 24 ans, était au Bataclan avec des amis lorsqu'elle a été abattue. Originaire du Nord, elle s'était installée à Paris où elle travaillait dans l'édition après des études de Lettres à Orléans et à Strasbourg.

- Eric Thomé, photographe et graphiste parisien, âgé d'une quarantaine d'années, passionné de musique, est mort au Bataclan.

- Olivier Vernadal, 44 ans, a été abattu au Bataclan. Agent des impôts à Paris, il était originaire de Ceyrat (Puy-de-Dôme).

- Luis Felipe Zschoche Valle, 33 ans, chilien, habitait depuis huit ans avec sa femme à Paris, où il travaillait comme musicien, selon les autorités chiliennes.

 Libé aussi a  publié la liste, plus détaillée, ici

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dimanche 15 novembre 2015

129 morts
352 blessés

vendredi soir, à Paris

ça semble tellement énorme, tellement incroyable, tellement insupportable et pourtant.
C'est arrivé ça s'est produit. Des hommes ont tiré sur d'autres hommes à la kalachnikov puis se sont faits exploser
Au nom de quoi ?

l'attentat a été revendiqué, et je n'écrirai pas le nom du dieu qu'ils évoquent, dont ils se revendiquent

la dignité veut qu'on évoque la mémoire de tous ces innocents disparus vendredi soir, dommages collatéraux dans une guerre soit-disant de religion, indigne, dégueulasse, menteuse, avec laquelle ils n'avaient rien à voir

qu'on les respecte

c'est épouvantable,
je suis épouvanté

je pense à tous ces morts qui n'avaient rien demandé

je ne pense qu'à eux
et à leurs proches

je ne veux pas prendre la pose cocorico bleu-blanc-rouge, je n'irai pas défiler dans la rue comme je l'avais fait après l'attentat contre Charlie, je ne chanterai pas la marseillaise, je n'irai pas pleurer sur les réseaux sociaux, ni témoigner devant les caméras

je ne regarderai pas les chaînes d'info qui tournent en continu et à plein régime et capitalisent sur la violence, la terreur, la douleur, la riposte,
et déjà les politiques (certains) qui profitent du moment, de la plus dégueulasse façon (je ne les nommerai pas non plus)

on est désemparé
on ne comprend pas
on ne sait plus

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lundi 29 juin 2015

sombre dimanche

Istanbul (AFP) - La police anti-émeutes turque a violemment réprimé dimanche une Gay Pride, lançant des gaz lacrymogènes et utilisant des canons à eau pour disperser des milliers de manifestants rassemblés pacifiquement dans le centre d'Istanbul.
Lorsque des manifestants portant des drapeaux d'arc-en-ciel ont scandé des slogans dénonçant "le fascisme" du régime du président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan, la police, présente en nombre à l'entrée de la grande artère piétonne d'Istiklal, a chargé en force la foule, utilisant par endroits des balles en caoutchouc.
Avant le lancement de la marche, de nombreux policiers en tenue ont fermé l'accès à la place Taksim, sur laquelle s'ouvre la rue d'Istiklal, centre de la contestation contre le régime islamo-conservateur de l'été 2013.
Depuis, tout rassemblement est interdit sur la place et ses abords.
(...)
Pourtant cette marche devait constituer la 13è édition de la marche des fiertés homosexuelles pour soutenir les droits des LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) qui s'étaient dans le passé déroulées sans incidents graves en Turquie, où l'homophobie reste répandue, surtout dans les zones rurales.
"Nous voulions simplement marcher. Cela fait des années que nous marchons ici en paix. nous n'avons ni pierre ni arme, nous voulons juste marcher", a expliqué, très incrédule, à l'AFP, Can, un jeune militant LGBT.
(...)
"Attaquer des gens qui défilent pour soutenir l'amour n'a pas de place dans la démocratie. C'est tout simplement une honte", a lancé sur son compte Twitter Erdem Yener, un comédien connu de Turquie.

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dimanche 5 décembre 2010

sur la tête

un excellent post,, sur un blog découvert grâce à zvezdo...

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dimanche 25 janvier 2009

société en crise

Je ne sais pas si ça peut servir...
Reçu un message de ce jeune homme qui pense que je peux l'aider (avec mes douze lecteurs et demi ?)
Lisez sa triste mésaventure .

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vendredi 23 janvier 2009

zélés...

Aigreurs...
Juste avant la grève générale du 29, nous avons appris à nos dépens, une fois de plus, combien ça fait mal d'être pris à sec, par notre bonne municipalité umpéienne, (notre maire est un fidèle ami de Talonnette Premier) qui a même rajouté une poignée de sable pour faire bon poids ("C'est pour votre bien" , nous a-t-elle répété avec son bon sourire de pasteur bienveillant veillant sur ses brebis égarées, "on ne pense qu'à ça d'ailleurs, votre bien...")
Après donc la mise en place à la hussarde d'un service minimum d'accueil zélé dans toutes les écoles de la ville, le maire-adjoint aux affaires scolaires (on dit comme ça maintenant) a annoncé sans débat au conseil municipal la nouvelle carte scolaire de la ville, rayant de la carte cinq écoles maternelles à deux classes du centre-ville (trois d'entre elles étant rattachées à des groupes élémentaires plus ou moins voisins, les deux dernières étant fusionnées.)
La mesure est ce qu'elle est, mais c'est la façon de procéder qui est vraiment dégueulasse et a fait réagir : les directeurs/trices des écoles concernées ont appris la mesure soit par un article paru dans la presse locale le mercredi 21 janvier, soit, juste la veille, par des journalistes venus dans leur école pour prendre des photos  avant qu'elle ne disparaisse. Et lorsqu les maîtresses en question ont téléphoné à l'Inspection académique, pour s'étonner et demander des précisions, il leur a été répondu qu'on n'était au courant de rien, non non, on ne voyait pas de quoi elles parlaient... alors que le projet a été préparé en concertation soigneuse entre la municipalité UMP et l'éducation nationale, zélée.
Les directeurs ont été conviés à une réunion le lundi soir suivant, réunion où une seule des directrices concernées a, semble-t-il, réagi et haussé la voix. La réaction ne s'est pas faite attendre : elle recevait dès le lendemain la visite officieuse de l'inpectrice de circonscription lui expliquant, grosse modo que, de toute façon c'était la municpalité qui décidait et qu'elle ne devait donc rien trouver à y redire.
Les directrices des écoles de la Zep n'étaient pas conviées à cette réunion, leur sort étant officiellement "en suspens" pour l'instant (en fait il semblerait que la bienveillante muncipalité aie dans ses cartons - "c'est pour votre bien, on vous le répète..." - un projet de réhabilitation du quartier (on rase quelques barres et quelques tours, on remet un coup de peinture sur le centre social local, et on refait un groupe scolaire tout neuf et joli, en réunissant les deux écoles maternelles (3 classes + 4 classes ne devraient plus faire que 6 classes, on économise un poste de direction) et en les associant au groupe primaire (9 classes pour l'instant) qui serait reconstruit un peu plus loin (officiellement "on" ne sait pas encore où...). Et hop, le tour est joué ! Des enseignants se sont inquiétés mais il leur a été répondu que leur tour viendrait, bien sûr, et qu'ils seraient concertés, et qu'on les aimait, et qu'on pensait à eux... Amour, amour, amour... (Il devrait y avoir un A dans le sigle de l'UMP, qui signifierait Amour, tellement ces gens-là nous aiment profondément (et avec une poignée de sable.)
Et c'est au moment où certain(e)s osent élever un peu la voix, toussoter, qu'on leur rappelle que par définition, un fonctionnaire c'est fait pour fonctionner, appliquer la loi sans états d'âme et sans commentaires, (et même, au contraire, s'il est zélé et en fait un peu plus dans le sens du poil et de la brosse à reluire, ça ne pourra pas lui faire de mal, bien au contraire...) Ferme ta gueule, et si t'es pas content, tu te casses (pauvre con). Le devoir d'obéissance, le devoir de réserve.
Mais, comme  il est écrit à propos de ce policier en retraite dans le dernier Télérama (à la rubrique 'ils résistent"), "Un flic (dans le cas présent, mais ça s'applique aussi à tous les autres fonctionnaires) peut refuser un ordre qu'il ne juge pas légitime, confomre à notre code de déontologie. On appelle ça le libre-arbitre."
Résistons.
Mercredi matin, en rangeant des dvd, je suis tombé sur le film de Losey, Monsieur Klein, et j'ai regardé (encore une fois) la fin, qui reconstitue la rafle du Vel d'hiv', et je n'ai pas pu m'empêcher de penser au nombre de fonctionnaires zélés, justement qu'elle avait dû nécessiter. pour que tout se déroule, comme ça, sans anicroche ... C'est pour votre bien, on vous dit.

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samedi 10 janvier 2009

vichy

Hmmm, encore une chouette bonne idée de notre chouette bon gouvernement qui pense à nous, le petit peuple, pour qu'on puisse s'amuser pendant les longues nuits d'hiver, qu'on puisse occuper nos petits doigts gourds dans nos appartements de pauvres mal isolés, pourqu'ils ne gèlent point (les doigts) pour cause d'inactivité... c'est . (je suis désolé, pour l'occasion j'aurais du changer la couleur du lien et le mettre en bleu blanc rouge. ou peut-être plutôt juste une étoile jaune ?) Ca me répugne (encore une fois). Voilà qui va sans doute faire plaisir à certains (à beaucoup ?), que ça va leur rappeler un certain bon vieux temps, celui de la délation, de la calomnie, de l'accusion, de la dénonciation... Ah, le plaisir ineffable de la lettre anonyme enfin officialisé. Décidément, ils pensent à nous, hein, chaque jour une bonne idée.
J'attends avec impatience la suivante... Un ministère de la délation ?

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samedi 13 décembre 2008

la lettre

Elle est vraiment magnifique, cette lettre de Bastien Cazals que mon amie Dominique vient de me transmettre par par mail, et je ne peux faire moins que vous la reproduire in extenso:

Montpellier, le 25 novembre 2008,

Cazals Bastien
Montpellier
à
Monsieur le Président de la République
Palais de l'Elysée
55, rue du faubourg Saint-Honoré
75008 Paris


Monsieur le Président de la République,

Si je prends la liberté de vous écrire cette lettre, c'est qu'aujourd'hui, en tant qu'enseignant et directeur d'école comme en tant que citoyen, je suis en colère, proche de la révolte. Je ne peux plus me taire. Je me dois de réagir.

Permettez-moi, tout d'abord, d'insister sur l'expression de mon profond attachement et de mon immense respect pour cette République française dans laquelle j'ai eu la chance de venir au monde. Je suis attaché à ce pays car je considère qu'à certaines périodes de sa longue histoire, il s'y est dit, écrit et  fait de si belles choses. Outre l'immense patrimoine culturel qu'elle a constitué, la France – tout  particulièrement de sa révolution de 1789 au programme du Conseil National de la Résistance, en passant par la République et sa loi de 1905 sur la laïcité – a su porter si haut et avancer si loin les valeurs universelles consacrées dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen qu'elle a fini par faire le choix ambitieux d'une république laïque et démocratique où tous les citoyens vivent ensemble, en bénéficiant de la liberté, de l'égalité et de la solidarité ! Tellement admirable que j'ai choisi de servir cette République, ma République. J'en serais presque fier... sauf que je ne suis pour rien dans tout cela, j'en hérite. Et un tel héritage se partage ou se défend !

C'est ainsi que j'arrive à l'objet de ma lettre. En ce début de XXIème siècle, que reste-t-il de l'état républicain à la fois puissant et protecteur, comme de ses grandes missions d'intérêt public ? Plus grand chose : les idéologies en vogue étouffent la flamme républicaine tandis que les réformes en cours dépècent les derniers lambeaux des services publics. D'autres pourraient citer la justice, la santé ou la solidarité, je vous parlerai de ce que je connais, de ce que j'ai choisi : l'école primaire publique.

Monsieur le Président, autant vous le dire de suite, avec les transformations qui s'opèrent actuellement, l'État ne pourra plus garantir à chaque citoyen les mêmes droits en terme d'éducation. Et il s'agit, là, du déni d'un droit fondamental, surtout dans une république qui se prétend historiquement éclairée par le savoir et la pensée, la finesse et le bon goût. Cette ''modernisation'' de l'Éducation Nationale, qui se construit pas à pas depuis des années, avance sur plusieurs plans à la fois mais dans une grande cohérence. Sachant que votre temps est précieux, j'ai donc choisi de n'en aborder qu'un aspect, le plus saisissant.

Ayant déclaré la guerre contre l'échec scolaire, votre ministre en charge du dossier a entrepris de moderniser l'école prétendument dans l'intérêt des élèves mais avec quand même, dans un coin de la tête, les impératifs budgétaires liés à la mise en œuvre de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP), au respect du pacte européen de stabilité et autres contingences financières. Ainsi, à cette rentrée 2008 et sans concertations préalables aux prises de décisions, M. Darcos a ainsi décidé :

·                                 de mettre en place des nouveaux programmes qui conviennent parfaitement aux élèves comme ma fille, qui est structurée, attentive et appliquée, mais ne laisseront que peu de chances à son copain Victor de surmonter ses difficultés d'apprentissage ;

·                                 de diminuer le nombre d'heures de classe pour les élèves comme ma fille qui travaille bien et comprend vite mais pas pour Victor qui est soutenu 2h par semaine dans ses difficultés d'apprentissage ;

·                                 et de renforcer le dispositif de stages de remise à niveau en CM1/CM2 pour que Victor entretienne ses difficultés d'apprentissage pendant les vacances de ma fille...

Mais ce n'est pas tout – et Victor est finalement un peu chanceux, car la rénovation du primaire est en cours et, pour la rentrée 2009, sans plus de concertation, M. Darcos nous annonce qu'il va :

·                                 supprimer progressivement les enseignants membres du Réseau d'Aides Spécialisées au Enfants en Difficulté (RASED) qui aident Victor pendant le temps scolaire et sans lui refaire la classe ;

·                                 mettre toujours plus d'élèves par classe – puisque toujours moins d'enseignants – ce qui ne plaira pas trop à ma fille qui aime avoir l'attention de la maîtresse mais beaucoup à Victor qui préfère se faire oublier ;

·                                 et remplacer la prise en charge à l'école publique des 2/3 ans par leur accueil dans des structures locales payantes, ce qui n'affectera pas la scolarité de Victor mais de son petit frère Hugo qui restera encore un an à la maison avec sa maman car « sa veau pas l'coup de bosser au smig si faut payer le jardin des veilles » ! Hugo n'aura donc pas la chance de son frère de bénéficier des apports langagiers et de la stimulation cognitive d'une première socialisation à l'école maternelle.

Croyez-vous sincèrement, Monsieur le Président, que votre ministre pourra, par de telles réformes, atteindre l'objectif qu'il s'est fixé de diminuer par trois le nombre d'élèves en difficulté ? Et pouvez-vous m'affirmer que l'école primaire de demain continuera d'assurer à tous les élèves des chances égales d'émancipation sociale ?

Actuellement, nous assistons à la mise en œuvre, à marche forcée, des dernières grandes étapes de la transformation du système éducatif français. J'en veux pour preuve l'autoritarisme croissant exercé par la hiérarchie, le souci de rendre improductif l'exercice du droit syndical au travers du Service Minimum d'Accueil (SMA), ou celui de faire surveiller l'opinion et l'activisme des enseignants !

Aussi, comme bon nombre d'entre eux, j'entre aujourd'hui en résistance parce que je ne peux me résoudre à ce que l'école publique, mon école, ne se préoccupe ni de Victor, ni de Hugo, sans être pour autant en mesure de faire éclore un nouveau Victor Hugo. La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration (article 15 de la DDHC de 1789) c'est pourquoi d'un fonctionnaire dévoué je me vois contraint de devenir un fonctionnaire désobéissant ! En conséquence, en tant qu'enseignant tout d'abord, je prends les décisions suivantes :

·                                 Je n'appliquerai pas les nouveaux programmes mais continuerai à travailler dans l'esprit des programmes de 2002 (qui n'ont d'ailleurs fait l'objet d'aucune évaluation).

·                                 Je n'effectuerai pas l'aide personnalisée auprès des élèves (qui est destinée à remplacer l'aide spécialisée du Rased) mais mettrai à profit ces 60 heures annuelles pour rencontrer les parents deux fois dans l'année (en milieu et fin d'année), organiser les projets pédagogiques collectifs et également pour faire vivre la bibliothèque de mon école (qui est actuellement sous-utilisée faute de personnel mis à disposition).

·                                 Je ne déclarerai pas à l'administration mon intention de faire grève, 48h à l'avance, mais j'informerai, comme par le passé, les parents d'élèves au moins deux jours avant.

·                                 Je ne me porterai jamais volontaire pour les stages de remise à niveau ni ne transmettrai de liste d'élèves.

Ensuite, en tant que directeur, je prends les décisions suivantes :

·                                 Je ne participerai plus au fichage centralisé des écoliers via Base Elèves

·                                 Je ne traiterai plus que les demandes administratives qui concerneront directement les élèves, mes collègues ou le fonctionnement de mon école.

Enfin, en tant que simple citoyen en dehors de tout parti politique, je n'empêcherai pas la diffusion de ces prises de position professionnelles mais au contraire, tenterai de participer à l'émergence d'une résistance citoyenne et non-violente, porteuse d'un projet de société généreux et ambitieux – depuis la crise financière, nous savons tous qu'il est possible de trouver beaucoup d'argent lorsque c'est nécessaire – car notre République est en train de tourner le dos à ses dernières missions d'intérêt public...

Conscient que vous ne mesuriez probablement ni l'ampleur du désastre qui menace l'école, ni celle de la colère qui submerge le monde enseignant, je sais que vous entendrez mon appel et ne décevrez pas l'espoir que je mets dans la grandeur de votre fonction.

Je vous prie de recevoir, Monsieur le Président de la République, l'expression de mon attachement respectueux à la dignité de l'État républicain laïc et de croire en ma détermination à continuer d'œuvrer pour tous les élèves qu'ils soient ma fille, Victor ou Hugo.

CAZALS Bastien

Et ici vous pouvez la récupérer au format pdf, l'imprimer, l'afficher, la diffuser.

La réaction de la hiérarchie n'a pas traîné : Il a été répliqué par la suppression de 8/30èmes (1/30ème  par jour où Bastien Cazals n'a effectivement pas mis en en place la fameuse "aide personnalisée" (soit huit jours de traitement amputés! Il s'agit pour l'administration de "frapper vite", de faire un exemple, d'écraser dans l'oeuf les velléités de désobéissance,  de refroidir les volontés de "rebellion", car, le savez-vous, un fonctionnaire a le devoir d'obéissance. Mais son employeur n'aurait-il pas le devoir de respect ?)

Ici, le site qui tient le compte-rendu de cette affaire au jour le jour.

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jeudi 17 avril 2008

"C'est insupportable et nous le supportons"

...
Oui, et nous le supportons...

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samedi 9 décembre 2006

saint-nicolas

" Pour la famille Raba, le voyage n'est pas encore terminé. Une fois de plus, Jousef, Shpresa et leurs trois enfants ont passé la nuit loin de chez eux. Très loin, cette fois, de leur logement de Gray, en Haute-Saône : expulsés mercredi 6 décembre, cette famille kosovare a dormi à l'aéroport de Tirana, entourée de policiers. L'avion dans lequel ils ont été embarqués à Toulouse, à destination de Pristina, a été détourné vers l'Albanie, officiellement pour des raisons météorologiques.

C'est aujourd'hui, vraisemblablement, que les Raba devraient être transférés au Kosovo, une région qu'ils ont quittée il y a tout juste cinq ans : Jousef refuse d'entrer dans l'Armée de libération du Kosovo (UCK) et doit fuir avec sa femme et son fils, Qirim. Le Réseau éducation sans frontières (RESF) affirme que les Raba "ont subi des violences très graves du fait du refus de M. Raba de participer, avec l'UCK, à des expéditions visant à brûler des villages serbes".  Ils arrivent en France à l'automne 2001 et s'installent dans un village de Haute-Saône.

TROIS CHAISES VIDES

Depuis, Dashnor et Dashrujé sont nés. Les trois enfants Raba, qui ont aujourd'hui 7, 4 et 3 ans, sont scolarisés à Gray. Les demandes d'asiles déposées par la famille depuis 2001 ont toutes été rejetées, alors que les cinq frères et deux sœurs de Yousef ont eux obtenu le statut de réfugié, en France, en Suède, en Suisse et en Autriche. En juin, le jeune couple a alors tenté d'obtenir une régularisation dans le cadre de la circulaire Sarkozy, réservée aux parents d'enfants scolarisés. Selon RESF, la famille remplissait tous les critères : cette demande serait restée sans réponse.

Le 16 novembre, la famille est arrêtée à son domicile. Elle est conduite au centre de rétention de l'aéroport de Lyon-Saint-Exupéry ; aussitôt, une forte mobilisation se met en place. Dans leur quartier d'abord, où trois chaises vides sont placées devant les écoles des enfants, pour matérialiser leur absence, mais aussi dans toute la région lyonnaise.

Le samedi 2 décembre à l'aube, après dix-sept jours de détention, la nouvelle de leur expulsion imminente se répand. Après des incidents à Lyon, Mme Raba résiste au moment de l'embarquement, à Paris-Roissy. Le pilote de l'avion refuse de décoller, et la famille rentre finalement au centre de rétention de Lyon.

Le répit est de courte durée : le dimanche 3 décembre, le tribunal administratif refuse leur demande de liberté et fixe la date de l'expulsion au 6 décembre. Cette décision est confirmée en appel le 5 décembre. Au centre de rétention, à Lyon, les détenus ont commencé une grève de la faim par solidarité. Pour contourner la forte mobilisation, la famille est emmenée à Toulouse.

"CROISADE PERSONNELLE DE SARKOZY"

A Blagnac, mercredi, un avion affrété par le gouvernement a décollé à 11 h 45, embarquant la famille Raba encadrée par dix policiers. Officiellement, du brouillard a empêché l'appareil d'atterrir à Pristina. Selon RESF, il est aussi possible que la France n'ait pas eu l'autorisation du Kosovo.

"En quoi la présence de cette famille, bien intégrée en France depuis 2001, dont deux enfants sont nés en France et dont tous sont trois régulièrement scolarisés ici, présentait-elle une menace pour notre pays ?",  s'est interrogé l'ancien ministre socialiste Jack Lang, jeudi. La candidate des Verts à la présidentielle, Dominique Voynet, a elle dénoncé "une croisade personnelle"  de Nicolas Sarkozy. "Son acharnement a été à la mesure de la résistance à Gray, comme s'il avait voulu faire un exemple, quoi qu'il en coûte à la République", a-t-elle déclaré. Le PS avait, de son côté, demandé au ministre de l'intérieur d'accorder un titre de séjour à cette famille.

En France, les reconduites à la frontière d'étrangers en situation irrégulière ont doublé en trois ans, passant de 10 000 en 2002 à 20 000 en 2005, a annoncé mardi le gouvernement, à l'issue d'un comité interministériel de contrôle de l'immigration. La diminution des demandes d'asile s'est en revanche accélérée, reculant de 34,8 % sur les dix premiers mois de l'année.

A son arrivée à Pristina, la famille Raba devrait être prise en charge par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, a indiqué RESF. " (Le Monde)

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