dimanche 6 avril 2014

2 films sinon rien

si je pouvais regarder la télé tous les soirs, je me serais concocté un calendrier de "soirées à thèmes"

Samedi 5, sur CINE+CLASSIC : Soirée Sorcières
20h45 :MA FEMME EST UNE SORCIERE (René Clair)
22h : LA SORCELLERIE A TRAVERS LES ÂGES (Benjamin Christensen)
Dimanche 6, sur CINE+CLASSIC : soirée Vecchiali
20h45 : FEMMES, FEMMES (Paul Vecchiali)
22h45 : LES RUSES DU DIABLE (Paul Vecchiali)
Lundi 7, sur Arte : Soirée "chefs-d'oeuvres découverts (par moi) tardivement"
20h50 : LE MEPRIS (Jean-Luc Godard)
22h30 : VOYAGE EN ITALIE (Roberto Rossellini)
Mardi 8 sur TCM CINEMA : Soirée Coppola
20h40 : RUSTY JAMES (F.F. Coppola)
22h10 : JARDINS DE PIERRE (F.F. Coppola)
Mercredi 9 sur Arte : Soitée Petzold
20h50 BARBARA (Christian Petzold)
22h35 : CONTRÔLE D'IDENTITE (Christian Petzold)
0H15 : JERICHOW (Christian Petzold)
Jeudi 10 sur CINE+FRISSON :Soirée Kervern/Delépine
20h45 : MAMMUTH (Kervern/Delépine)
22h15 : LOUISE-MICHEL (Kervern/Delépine)
Vendredi 11 sur OCS GEANTS :Soirée Marcello
20h40 : CAPRICE A L'ITALIENNE (Film à sketches italien)
22h05 : NUITS BLANCHES (Luchino Visconti)
23h45 : UNE JOURNEE PARTICULIERE (Ettore scola)

... alléchant, non ?

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jeudi 3 avril 2014

bananes frites (semaine latino 6)

PELO MALO
de Mariana Rondón

La dernière avant-première de notre semaine latino (de justesse, puisque le film sort dans les salles aujourd'hui). une nouveauté pour nous, puisque le film nous vient du Vénézuela, qui ne nous envoie pas si souvent de films que ça. L'histoire d'une maman qui cherche à récupérer son job de vigile, maman de deux enfants, un bébé blondinet grassouillet et son frère aîné, prénommé Junior, plus brun de peau et noir de cheveux, qu'il a de surcroît frisés (les "mauvais cheveux" du titre), et qu'il passera tout le film à essayer d'avoir lisses (car il veut être chanteur). Le conflit avec sa mère durera pendant tout le film (elle semble inquiète que cette obsession capillaire cache une "déviance", elle craint que son fiston soit homosexuel, et elle fait peut-être bien de s'inquiéter -hihi- vu la façon dont il lorgne avec intérêt -et c'est rien de le dire- le jeune épicier en marcel qui est installé en bas de chez eux.) et ne m'aura pas suffisamment galvanisé puisque je me suis endormi comme une grosse bouse au milieu, et ne peut donc émettre un jugement argumenté et objectif. Juste disons que je l'ai trouvé un peu répétitif, mais que plus j'y repense (et pfff que je suis influençable et girouettisant après avoir lu la belle -et juste-  critique de Lefort dans Libé) et plus je me dis que c'était quand même très bien, et, qui plus est, très bien vénézuéliennement !

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mercredi 2 avril 2014

coupe-papier (semaine latino 5)

HIPOTESIS
de Hernán Goldfrid

Découvert au générique que le film s'appelait en réalité "Thèse sur un homicide" mais bon. Ricardo Darin est là, fidèle au poste, dans le rôle d'un avocat qui découvre qu'un de ses élèves (il donne des cours en fac) a peut-être commis un crime et lui a peut-être lancé un défi et joue peut-être au chat et à la souris avec lui... Un exercice de style, assez brillant (clinquant, même ?) formellement, et y mettant vraiment d'ailleurs les formes (filmage léché, musique d'ambiance, rebondissements, doutes...), et jouant finaudement avec les codes : dans ce style de film, la structure est  : 1 c'est lui/ 2 c'est pas lui/ 3 mais finalement c'est lui / 4 mais non finalement c'est pas lui/ and so on... On est attentif aux indices, on suppute, on pèse le pour et le contre, on soupçonne le menage en bateau, on se méfie des détails trop flagrants... Plus Darin progresse dans son "enquête", et plus les choses deviennent moins évidentes, chaque "signe" pouvant finalement fonctionner dans le champ du pour ou celui du contre, jusqu'au bout de l'histoire où, plaf!, le réalisateur retire l'échelle in extremis, et nous laisse accrochés au pinceau du doute... J'avais trouvé un mot pour qualifier cette situation finale, il s'est hélas depuis évaporé (je n'avais rien pour le noter). N'était-ce pas "abrupt" ? je n'en suis plus si sûr...
En tout cas, ça a bien fait jaser et discutailler à la sortie de la salle... C'est vrai ? c'est pas vrai? Eh eh...

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mardi 1 avril 2014

piscine (semaine latino 4)

TANTA AGUA
de Ana Guevara Pose & Leticia Jorge Romero

Un film très très en avant-première, puisqu'il ne sortira qu'à la rentrée (oui, oui, nous commençons à avoir de l'entregent nous aussi!) un film uruguayen, et c'est un plaisir supplémentaire. Les films uruguayens (ou ce que nous en connaissons ici : Whisky, 25 watts, La vida util) ont un rapport très particulier à la narration, un rythme spécifique (que personnellement j'adore), et un ton aussi, ("pince-sans-rire" pourrait en être une bonne approximation...). Et un film fait à quatre mains, qui plus est celles de deux femmes! Courons-y donc!
Il est ici question d'un père (divorcé, déduit-on assez vite) qui emmène en vacances ses deux enfants (un fiston plus jeune et une adolescente maussade) dans un genre de résidence (motel?) où il pleut quasiment tout le temps, d'où pas de piscine, pas ou peu de visites, et il faut bien alors s'occuper comme on peut :on fait des jeux de société (bof), le cadet fait du vélo avec un congénère de son âge, la demoiselle s'amourache d'un jeune homme, le père draguouille une blonde pulpeuse... Vacance, plutôt que vacances, où chacun s'inoccupe comme il peut...
Un film a minima, sur un rythme paisible, mais incontestablement attachant. On les aime, ce papa barbu et un peu trop grassouillet, cet adote qui fait la tronche et se rabat sur son celular, ce gamin qui a envie de jouer et c'est bien de son âge... Un regard à la fois clinique et pourtant presqu'attendri (J'adore la façon dont il ne se passe rien ou presque, mais dont ces presque riens sont traités, avec soin, avec précision, affectueusement.)

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plésiosaure

REAL
de Kyoshi Kurosawa

C'était pile ou face, question de timing : il y avait deux films que j'avais envie de voir, et j'avais décidé de voir celui des deux qui passait en premier : le Resnais ou le Kurosawa ? Et ce fut donc le Kurosawa. Nous n'étions que deux dans la salle, pour ce beau film fantastique asiatique avec des amoureux, des fantômes, des enfants morts, de très esthétiques pièces inondées, et même des animaux préhistoriques! Deux, comme les personnages principaux de cette histoire : ce jeune homme et cette jeune femme, qui se jurent, dans la séance d'ouverture, de s'aimer toujours...
Seulement, "un an plus tard" (ce que précise l'intertitre suivant) la jeune femme est dans le coma, après avoir tenté de se suicider, et le jeune homme va la voir régulièrement à l'hôpital, dans l'espoir de la voir prochainement se réveiller, et,pour ce faire, peut pénétrer dans son cerveau pour dialoguer avec elle, à l'aide d'une machine que les médecins ont fabriquée.
On va et vient donc, entre la réalité "réelle" et celle du monde à l'intérieur de la tête de la dame, sauf qu'on est chez Kurosawa et que ça serait trop facile, et que ce trop simple en apparence cache autre chose... il ya des fantômes, bien évidemment, des personnages qui se dissolvent, une créature monstrueuse relativement convaincante, des souvenirs à retrouver, une culpabilité à évacuer... et l'amouououour bien entendu, qui triomphe de tout...
Bref un joli film, tendrement fantastique...

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lundi 31 mars 2014

carpes (semaine latino 3)

L'ETE DES POISSONS-VOLANTS
de Marcela Said

Décidément, cette 3ème Semaine du Cinéma Latino s'annonce de haute volée... Ce soir, je viens de voir ce film chilien, qui, lui aussi, s'ouvre sur des plans superbes (je ne peux pas réutiliser tout de suite "magnifique"!)  d'eau puis de brume, pour nous narrer l'histoire d'une adolescente, Mane, et d'un certain été (relativement pluvieux, d'ailleurs) (tiens, comme dans Tanta Agua mais pas du tout du tout de la même façon)
Troisième film sur quatre, aussi, à évoquer/dénoncer les rapports de domination (riches / pauvres, oppresseurs / opprimés). Les opprimés sont ici les descendants des indiens Mapuches, dépossédés par les riches propriétaires fonciers du sud chilien, qui les tolèrents -tout juste- sur les terres qui apparetnaient pourtant à leurs ancêtres.
La jeune fille se révolte contre son père, qui lui, n'a qu'une idée en tête : éradiquer les carpes qui prolifèrent dans ses étangs. Il y a aussi le jeune Pedro, qui est employé par le père, qui fait partie des Mapuches, qui va se rapprocher de la demoiselle, et va jouer un rôle important dans la suite de l'histoire.
Le film joue de l'antagonisme très fort entre cette nature sublime (eau, brume, joncs, forêts) et sublimement filmée et le comportement détestable -et, malheureusement habituel- des arrogants - et terre-à-terre- propriétaires. Pierre après pierre (ou écaille après écaille) la tension monte, inexorablement, et la fascination gagne, de ce qui nous est montré, ou pas, sans qu'on l'on ne comprenne tout, ou pas.
Magnifique, quoi!

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dimanche 30 mars 2014

chienne (semaine latino 2)

WORKERS
de Jose Luis Valle

Encore un film qui vous empoigne dès l'ouverture. Un plan magnifique, clin d'oeil involontaire, sans doute, au Five de Kiarostami,  d'oiseaux sautillant au bord de la mer, la plage ainsi longée en travelling, puis coupée par une haute jetée en ciment, elle aussi surmontée de multiple oiseaux, qu'on longe, puis d'un haute palissade, au travers de laquelle une femme, avec un enfant, observe ou parle quelque chose ou avec quelqu'un, de l'autre côté, qu'on ne voit pas, pour terminer sur un homme, assis seul lui aussi sur la plage... Magnifique!
On va ensuite suivre, alternativement, Rafael, un vieil homme qui a décidé de s'acheter des chaussures parce qu'il compte , dès le lendemain, demander à son employeur (un fabriquant d'ampoules qui commence par PHIL) une retraite visiblement bien méritée, et, ailleurs toute une série d'employés de maison, aux ordres d'une vieille peau richissime et mourante, flanquée d'une chienne efflanquée dénommée Princesa, parmi lesquels une femme, qu'on identifiera assez vite comme la femme de Rafael (ils se sont, apprendra-t-on, séparés après la mort accidentelle de leur fils de 3 ans, 30 ans auparavant...)
La vieille va mourir, léguant sa fortune à sa chienne, puis à ses employés, si par malheur la chienne venait à décéder, de mort naturelle, bien entendu, tandis, qu'en face, Rafael se voit signifier le refus de son départ à la retraite pour cause de papiers manquants (il est immigré clandestin), et se voit forcé de rempiler pour une durée indéterminée. Jusqu'à une double conclusion qui fait sourire jusqu'aux oreilles (pour une fois que les petits gagnent contre les gros! même si, comme me l'a dit Hervé, "on sait bien qu'il s'agit d'un conte!")
C'est filmé de façon magnifique (oui je sais, j'utilise cet adjectif déjà pour la troisième fois, mais c'est mérité), en plans-séquences que d'aucun trouveront lents, d'autres fastidieux, et d'autres, enfin (dont je)... magnifiques! (un plan fixe, ainsi, d'un bout de rue de Tijuana, avec la tombée progressive de la nuit et tous les micro-événements qui peuvent s'y dérouler m'a ainsi tout spécialement fait jubiler).
Culotté et couillu! (et amphore d'or au Festival de Groland de Toulouse, comme l'avait été l'année précédente Le grand'tour, je ne peux donc qu'applaudir...)

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vendredi 28 mars 2014

fauteuil anglais

LE SENS DE L'HUMOUR
de Marilyne Canto

Un film joli, simplement. Ou, tout autant, simple, joliment. Un film à 3 personnages : Elise, la femme, jeune veuve, Léo, son fils, et Paul, le nouveau copain. Trois personnages pas forcément si simples en apparence, servis par trois acteurs remarquables : Marilyne Canto est Elise, Antoine Chappey est son amoureux (il l'est aussi dans la vraie vie) et, si tous les deux sont bouleversants de justesse, ils sont éclipsés par le jeune Samson Dajczman, parfaitement bluffant pour un non-professionnel (et un premier rôle au cinéma).
Faire son deuil, la réalisatrice en avait déjà parlé dans un très beau court-métrage, en noir et blanc, Fais de beaux rêves, sur cette situation autobiographique pour elle. Avec Maud Ameline, sa co-scénariste, elles ont tricoté une belle chronique de vie, à base de quotidien, de "routine", de gestes affectueux, de choses dites (pas toujours aimables) et non-dites (pas forcément désagréables) où les trois personnages mettent en place la partition de la petite pmusique que sera vraismeblablement bientôt leur vie commune...
Et, dans le bôô cinéma, on était encore plus contents de pouvoir accueillir la réalisatrice, Marilyne Canto, et la co-scénariste, Maud Ameline, pour échanger , justement, sur le beau film qu'on venait de voir, et la façon dont ces choses-là se font (écriture, mise en scène, tournage).
Conversation que les veinards (dont je ne faisais hélas pas partie, pour cause de travaillage le lendemain) ont pu continuer chez Claude W., autour d'un, paraît-il, fameux osso-bucco et de moult et moult desserts, nous confirmant, a posteriori, combien ce petit bout de femme (Marilyne C.) était absolument délicieux...

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essorage (semaine latino 1)

LES BRUITS DE RECIFE
de Kleber Mendonça Filho

Il y a certains films où on a du mal a rentrer, et d'autres qui vous happent, dès le générique, irrémédiablement (et jubilatoirement) et c'est le cas de ce très sonore et cinématographique Les bruits de Recife. Une scène d'ouverture très forte avec juste des photographies en noir et blanc de gens qui vous regardent dans les yeux, accompagnée d'une musique obsédante et de plus en plus forte, qui vous laisse augurer un film... qui n'est pas du tout ce que vous allez voir, mais vous met illico dans une sorte de transe, un état de réceptivité optimale pour ce qui va suivre.
Un film choral, dense, intense, avec plein de personnages en rapport ou pas les uns avec les autres, et une multitude de vignettes, de micro-incidents, qui viennent ajouter leur petite musique propre, leur petit bruit à eux, aux joyeux (?) vacarme ambiant. Tout ça dans une zone urbaine à la superficie assez réduite,  à peine un quartier, juste quelques rues qui en font le tour. Une femme qui a du mal à dormir à cause d'un chien qui aboie, un jeune homme qui cherche à savoir qui a piqué l'auto-radio dans la voiture de sa nouvelle copine avec qui il vient de passer la nuit, des vigiles qui prospectent chacun des habitants de la rue s'ils souhaitent qu'on assure leur protection, voilà quelques lignes de résumé(s) qu'on pourrait faire.
Mais le film est beaucoup plus que ça, brassant tout  un tas d'images plutôt réalistes et contemporaines, "prosaïques", rassurantes, et les enrobant dans une pâte sonore extrêmement (et brillamment) travaillée (le film a récolté des prix un peu partout dans tous les festivals où il a été projeté avant qu'on daigne le sortir en France), mais en y instillant, progressivement, insidieusement, des éléments "fantastiques" (d'abord de brèves images inquiétantes, puis des séquences carrément terrifiantes) qui viennent contaminer, irradier cette masse narrative qu'on pourrait presque, sans cela, qualifier de banalement chorale.
Comme l'an dernier, ce sera le premier film vu de cette troisième semaine latino qui en restera le souvenir le plus fort).
Incontestablement, un film ambitieux, fascinant, qui pousse au maximum, en même temps que le bouton du son, le rhéostat de nos petites angoisses urbaines civilisées. ("Et j'ai pu dire en sortant "c'est mon film brésilien préféré de tous les temps...")

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lundi 24 mars 2014

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