samedi 20 septembre 2014

cycliste (à pied)

NEAR DEATH EXPERIENCE
de Gustave Kervern et Benoït Delépine

Italiques. Le nouveau film des trublions D et K. Un nouveau film radical. Avec Houellebecq (et sans dents -c'est lui qui l'a dit-) autre genre de trublion. Légitimes inquiétudes au vu de la bande-annonce.  A quelle sauce etc. Première surprise, le générique de fin est au début (très cinégéniquement orageux et pas très lisible, vu la taille de la police choisie). Deuxième étonnement  : la pellicule est "normale", la lumière et les images sont "normales" aussi (traduisez "magnifiques" ou"chiadées" ou tout autre qualificatif de votre choix) : pas de 16 gonflé, pas de couleurs pourries, pas de gros grain grumeleux, d'éclairages bavassants : si le sujet est "radical" le filmage est tout ce qu'il y a de net, de précis, de cinématographiquement louangeable. De la belle ouvrage, avec de la belle image, eh oui, il fallait que ce soit dit.
Houellebecq, à présent. C'est vrai qu'on ne comprend pas toujours ce qu'il dit (articulation), mais on se prend bien dans les dents tout ce qu'il raconte, Mister H. (et, contrairement à ce que j'aurais supposé mais que je viens de lire - dans Libé, non ?- c'est pas lui qui l'a écrit, c'est Gustave et Benoït!) . Un mec en tenue de cycliste qui part faire un tour, puis abandonne assez vite le vélo, puis le casque, pour continuer à pied (en tenue de cycliste, quoi). Marcher, donc. On comprend assez vite (il nous le dit) qu'il veut en finir, mais qu'il ne trouve pas le courage de le faire. Il veut sauter, rambarde, pont, mais non. Il soliloque, il monologue, il édifie des cairns, auxquels il fait la conversation, il tente de faire du feu en frottant des bouts de bois pour allumer une dernière cigarette, il s'arrête, il s'allonge, il rêvasse, il ressaie.
C'est infiniment, lucidement, totalement, pessimiste et désespéré (il me semble avoir compris que ça serait donc ça, l'existentialisme ? -je n'ai jamais lu Sartre, je l'avoue-), avec des éclairs d'humour noir qui zèbrent soudain (des sautes d'humour) le paysage illuminé  intérieur de cet ex-employé des Télécoms avant de lui rendre son atonie initiale. Tout est affaire de contraste oui.
Le projet était culotté (comme le cuissard de Michou H.) mais le film tient la distance, parfaitement, sans forcer. Change de braquet quand il faut. Nous essoufle parfois dans les montées, mais nous met le vent dans la face dans les descentes. pas une promenade de santé, mais on s'accroche des deux mains sur le porte-bagages pour garder l'équilibre. Pas forcément toujours facile.
On ne dit pas la fin, bien sûr.

328167

Posté par chori à 17:59 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

mercredi 17 septembre 2014

j'ai un poème! j'ai un poème!

L'INSTITUTRICE
de Nadav Lapid

Je ne m'attendais pas tout à fait à ça. Son premier film, Le policeman, m'avait beaucoup plu, mais le résumé succinct de celui-ci "une institutrice découvre qu'un des ses élèves, agé de 5 ans, est très doué pour la poésie" ne me faisait pas plus envie que ça. C'était compter sans l'intelligence de Nadav Lapid qui vous présente le sujet tel que, sur un plateau d'argent, impeccable, rien à dire, puis tout à coup swich swich swich effectue dessus quelques passes magiques et le transforme en tout à fait autre chose. Sans qu'on ait rien vu venir.
Il y a bien une institutrice, et un enfant (dès l'affiche, on devrait se douter de quelque chose : le cadrage, le regard de l'enfant, le fait qu'il est pieds-nus). Un enfant qui, de temps en temps entre quasiment en transe en disant "j'ai un poème! j'ai un poème!" et hop, les mots sortent de sa bouche (pas forcément des mots ni des tournures qu'un enfant de 5 ans serait supposé connaître), comme le lui explique la nounou du gamin, une aspirante-comédienne ou chanteuse. L'institutrice s'intéresse à l'enfant, de plus en plus attentivement (passant insensiblement de très à trop), il s'avère qu'elle est aussi poète-amateur (poétesse-amatrice ?), et lorsqu'à une des réunions elle lit une production du gamin en la faisant passer pour sienne (et en suscitant l'admiration du "prof"), on se dit que les choses commencent à aller de travers.
C'est bien le cas, et ça ne va pas aller du tout en s'arrangeant. L'institutrice, donc, et le gamin, le mari de l'institutrice, la nounou, puis bientôt le père du gamin et le "prof" de poésie, voilà pour les protagonistes principaux de ce jeu de société dont les coups et les permutations vont se succéder de plus en plus vite, et mettre le spectateur de plus en plus mal à l'aise, sans toutefois que rien de "gore"  soit jamais montré à l'écran.
C'est brillamment filmé, de plus en plus même, au fur et à mesure que la situation se complexifie. Le réalisateur n'en fait jamais trop, au contraire, il opèrerait plutôt par soustraction, minimisant ses rebondissements, tamisant ses effets. On accompagne cette jeune femme finalement assez mystérieuse. Elle nous prend par la main, comme le gamin, et des fois on n'a pas vraiment envie de la suivre mais on le fait quand même. Comme par fascination. Jusqu'à un final somme toute logique mais qui vous laisse sur votre fauteuil, un peu sonné, lorsque les lumières se rallument.
C'est vrai que, dès que ça parle hébreu dans un film, je suis déjà heureux a priori. Lorsque le sujet est original, encore plus ; si la mise en scène est à la hauteur, et rend le traitement vertigineux, je deviens béat, et si, en plus, sont distribuées (de façon toujours justifiée) quelques sympathiques QV, alors là j'ai du mal à trouver le qualificatif...
Top 10, (ou 18, je ne sais plus)...

339171

 

Posté par chori à 10:51 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
mardi 16 septembre 2014

vous n'auriez pas une cigarette ?

ELLE S'EN VA
d'Emmanuelle Bercot

Je n'avais pas pu le voir en salle (pourtant j'en avais envie), mais là, depuis mon canapé, je suis tombé dessus en zappant, et j'ai inauguré la fonction "voir depuis le début" que Can*lsat me proposait, et je suis resté scotché jusqu'au bout.
Je crois que j'aimais déjà beaucoup Catherine Deneuve quand elle était plus jeune, mais là, depuis un certain temps (sans être goujat et écrire "maintenant qu'elle est vieille"), je l'adore, vraiment (récemment coup sur coup dans le Jacquot, le Téchiné, le Salvadori) et ce film, où elle est quasiment de tous les plans, en a rajouté encore une louche (d'enthousiasme laudatif) : elle est impériale, magnifique, souveraine, merveilleuse grandiose (dépliez là le dictionnaire des superlatifs) et que que sais-je encore...
Très beau portrait de femme qui soudain,"part chercher des cigarettes" , prend la tangente, puis  la clé des champs, laissant en suspens son restaurant, sa vieille mère, son statut, ses certitudes... Qui part au petit bonheur, fait des rencontres, fume d'autres cigarettes, joyeusement ailleurs, jusqu'à ce qu'un coup de téléphone la remette plus ou moins sur le droit chemin (des écoliers), avec son petit fils (le fils de sa fille) à convoyer chez son grand-père... la vieille dame et l'enfant, dans un rapport en demi-teinte (il serait, au début, question de s'apprivoiser, puis de s'affronter, et, in fine de se réconcilier), ce qu'elle fera aussi avec sa fille (qui, c'est dommage, joue un peu en force) lors d'une jolie scène familiale et finale.
Catherine Deneuve est non seulement crédible, mais, je le redis, absolument bluffante, dans cette démonstration sans esbrouffe de l'extrême finesse de son jeu et de l'étendue de la palette de son jeu. Et les autres, autour d'elle, sont parfaitement en résonnance. Tout sonne juste, oui, c'est juste... parfait.
Aurait  donc du figurer dans le Top10 de cette année-là.

20431793_20131028153306707

Posté par chori à 05:12 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
lundi 15 septembre 2014

bagouzes

PARTY GIRL
de Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis

Cas de figure peu banal : un film dont la projection m'a été malcommode (j'ai même envisagé à un moment de quitter la salle) mais pour lequel la façon dont son  réalisateur(s) (un de ses trois)  nous en a parlé m'a véritablement fasciné. Ce film, on en avait beaucoup parlé (depuis sa projection à Cannes), et les divers échos en étaient unanimement enthousiastes, et pourtant, je n'étais pas vraiment certain que ça allait me plaire -je me connais un peu, et mes goûts cinématographiques aussi, en principe-, et donc, la façon dont j'ai réagi ne m'a pas vraiment étonné...
Une ancienne entraîneuse (la mère du réalisateur) qui joue son propre rôle, décide de se "ranger" un peu, et d'accepter d'épouser un des habitués du cabaret où elle travaillait, qui vient de la demander en mariage. La mère, donc, joue son rôle (son vrai), les enfants, aussi, l'histoire du mariage lui est vraiment arrivée, mais le marié (dont je croyais naïvement qu'il était "vrai" aussi) s'avère être un comédien, recruté sur casting pour le film.
J'avoue que j'ai eu beaucoup de mal à m'intéresser à l'histoire jusqu'à la scène quasi finale (le mariage, et tout ce qui s'ensuit) que j'ai vraiment trouvée magnifique (peut-être parce que c'est justement un moment "différent", sans clopes à la chaîne, sans biture, sans pétage de plombs, un temps "juste", simplement, et d'autant plus touchant) et qui justifie à elle seule la vision du film.
Sans critiquer plus avant, juste dire que ce n'est pas ma tasse de thé cinématographique, mais que, je le répète, j'aurais pu écouter Samuel Theis en parler encore pendant des plombes, tellement je l'ai trouvé pertinent et, n'ayons pas peur des mots, brillant.

 

395906

 

Posté par chori à 18:17 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

au quatrième top, il sera exactement...

THE CLOCK
de Christian Marclay

«The Clock» (2010).
«The Clock» (2010). (Photo Christian Marclay. Courtesy White Cube. London and Paula Cooper Gallery. New York)

Yesss!
Je l'ai fait, j'y suis arrivé, j'ai réussi, j'en reviens, et j'en suis encore tout chaviré. De quoi ? de la projection en intégrale de The Clock, le film-mon(s)tre  de Christian Marclay qui dure 24 heures, (en fait c'est une "installation-vidéo"), au Centre Pompidou-Metz, et que j'ai donc visionné pendant quasiment la même durée (en principe de samedi 10h à dimanche 10h, mais en réalité pas tout à fait.) Soit vingt-quatre heures moins quelques brouettes.
J'avais déjà pris mon billet de train pour Paris au mois de juin lorsque la même chose avait été annoncée à Beaubourg, à l'occasion de la fête de la musique, mais les trains avaient été en grève (en fait, juste celui-là) et j'en avais été très malheureux, mais intégralement remboursé (rendonz à César, etc.)

Le film The Clock dure 24 heures parce qu'il retrace un jour entier (de 0h00 à 23h59), chronologiquement, avec uniquement des extraits de films (au minimum 60x24, puisque chaque minute de la journée y est représentée, et dure (exactement ?) une minute, puisque The Clock est aussi, tout le temps, les directives du réalisateur quant à ses conditions de projection sont extrêmement claires là-dessus, un film qui donne -exactement- l'heure à chaque instant, mais (j'en reviens au nombre des films) en réalité beaucoup plus puisque chaque minute (comme dit Christian Marclay, "C'est long, une minute..."), peut être composée d'un nombre variable d'extraits de films, selon la richesse de l'iconographie du moment en question. C'est toute l'histoire ou presque du 7éme art qui est conviée (noir et blanc, couleurs, polars, classique, sf, art et essai, horreur, comédies, thrillers), des acteurs et actrices connus et immédiatement reconnaissables, et pas mal aussi d'obscures et d'obscurs qui ont pourtant laissé leur trace, furtive. On y voit apparaître aussi un certain nombre de séries télé célèbres (Columbo, Mission Impossible, Mc Gyver, The avengers), chaque spectateur doit ainsi pouvoir y trouver son compte... La seule règle c'est que doit figurer à l'image une représentation de l'instrument  de mesure temporelle  avec le nombre y figurant, ou bien que le dit nombre soit prononcé dans le dialogue.

Je suis entré dans cet univers tictaquant à 10h08, et, immédiatement j'ai éprouvé cette fascination qui est au moins double, puisque, au jeu du passage du temps s'ajoute celui du  cinéma (c'était qui ? c'était quand ? c'était où ?). Je dirais même triple, avec les enchaînements. Car Christian M. ne s'est pas contenté de poser  simplement les extraits les uns au bout des autres, non, il a, en plus, effectué un véritable (et ahurissant) travail de montage pour que la succession des différents plans soit, c'est selon, percutante, bluffante, drôle, brillante, efficace, surprenante, et qu'il parvienne à chaque fois à nous surprendre et à nous donner envie de rester.
Bien évidemment, pas question d'une intrigue "cohérente" et suivie, mais les transitions fonctionnent à chaque fois, et font entrer les extraits parfaitement en résonnance. L'histoire se dévore elle-même, chaque moment successif n'existant qu'au temps de son présent, mais les relations (et les interférences) sont ingénieuses. Raccords de plan dans l'action (quelqu'un ouvre une porte, quelqu'un d'autre entre dans une pièce), dans l'espace, dans les acteurs, dans les lumières, dans les objets, en un marabout-bout de ficelle géant, sans oublier le travail incroyable effectué sur la bande-son (Christian Marclay est, à la base, un musicien), la musique, les sons, les bruits même, pour unifier encore cette énorme et hétérogène masse filmique. Aucun dialogue n'est traduit, mais ça n'est pas gênant (on n'est pas là pour comprendre, on est juste là pour ressentir, pour expérimenter, ce gigantesque voyage dans le temps).
Car c'est cela que Christian Marclay filme stricto sensu, le temps, le passage du temps, la succession immuable, inéluctable, inévitable, des secondes qui s'égrènent, des images qui s'enchaînent (et nous enchaînent aussi : le film a un effet incroyablement addictif, hypnotique, qui, au vu d'un plan, nous donne immédiatement envie de voir le suivant, puis celui d'après, et celui encore... quand on est là, il n'y aurait a priori aucune raison de s'arrêter, c'est fascinant...) tout un monde de cadrans, d'aiguilles, de sonneries de montres, de pendules, d'horloges, de réveils (une collection incroyable de "réveil-poule(s)", à toutes les époques), de bracelets-montres, de montres à goussets, et même de clepsydres et de sabliers divers (un cadran solaire aussi, si je me souviens bien ...)
Le dispositif de projection est très simple : "Le Studio", une vaste pièce sombre, un grand écran au mur, et, dans la salle des "canapés" rectangulaires (4 rangs de 3) pouvant accueillir, suivant l'affluence (et elle varia au cours des 24 heures, jusqu'à 4 personnes maximum chacun  (pas des grosses, et en se serrant : pour deux c'est par-fait!)

Le matin, on n'a été pas beaucoup, puis la fréquentation a augmenté, au fur et à mesure qu'on se rapprochait de 20h, heure à laquelle le Centre fermait ses portes (on nous l'a annoncé une demi-heure, puis un quart d'heure avant) mais où la projection continuait exceptionnellement (et un accès extérieur étant aménagé pour que les spectateurs (suivant le souhait du réalisateur, puisse entrer et sortir à leur guise, libérant ainsi des places sur les canapés (qui étaient immédiatement occupées par ceux qui attendaient au fond contre le mur).
Le public a été assez nombreux jusqu'à 23h/minuit, décroissant ensuite progressivement. Il ne restait sur le coup de 3/4h qu'un "petit noyau d'inconditionnels", les canapés n'étant plus occupés, alors, que par une personne dans la majorité des cas, deux plus rarement. Sur le coup de 3h ont débarqué un groupe de jeunes qui, je pense, sortaient de boîte, et sont resté quelques heures, assez sagement d'ailleurs.
A 7h du mat', on était encore 7 ou 8.
Quand ils ont rallumé les lumières à 9h33 (les pompiers de service étaient  venus gentiment un peu avant pour nous prévenir individuellement qu'ils allaient rallumer dans dix minutes et qu'ils feraient un strip-tease qu'on devrait alors tous sortir pour d'énigmatiques raisons (mais on aurait pu revenir à partir de 10h), on était encore 5 (dont un qui ronflait voluptueusement -et sonorement- depuis déjà quatre ou cinq heures, donc, peut-on vraiment le compter ?), on a donc retrouvé la lumière du jour, un peu hébétés, et j'ai alors pu discuter quelques instants sur le parvis avec un joli jeune homme barbu (il a engagé la conversation au moment où j'étais prêt à le faire, je vous promets) qui n'était là "que" depuis 18h (mais qui avait déjà vu un bon bout de la première partie directement à Venise, où, m'a-t-il assuré, "les sièges étaient meilleurs") et qui partageait visiblement mon enthousiasme véhément pour The Clock. On s'est séparés, il est allé récupérer son vélo, et moi je suis allé au parking, un peu inquiet de savoir ce qu'allaient me coûter, justement, 24 heures de parking (bah, 10,80€, à peine moins que ce que m'a coûté l'entrée à la projection : 12€, le total nous mettant, grosso modo l'heure de projection à un peu moins d'un euro, ce qui vaut la peine, non ?). J'avais envie de lui proposer de lui offrir un café (en tout bien tout honneur), mais va savoir pourquoi, état semi-comateux oblige sans doute, je ne l'ai pas fait... Quel idiot ! (moi)

Le problème inhérent au dispositif c'est que, de par sa nature même, il ne s'arrête jamais, et qu'il est humainement impossible de s'enquiller les 24 heures en continu sans en prerdre une miette. Dès qu'on a accepté le principe de la "non-narration", on sait que peut en manquer un bout ici, un bout là sans aucun problème pour la compréhension (mais avec toujours l'inquiétude de manquer un moment particulièrement réussi). Qu'on peut regarder un grand moment, et s'octroyer quelques minutes de pause pour les nécessités humaines.
Ainsi (Caliméro), lorsqu'à midi et quelques, le pompier m'a dit qu'on ne pourrait pas entrer dans l'immédiat, car il y avait un problème de son, et qu'il allait falloir une vingtaine de minutes pour le réparer -renseignement pris auprès d'un gens de la maison, il n'y a jamais eu la moindre défaillance technique depuis le premier jour (là, c'était l'avant-dernier)- j'ai donc pu en profiter pour aller, sans regrets puisque je ne manquais "rien", boire mon premier café et manger un bout de tarte au fromage -ce qui fut d'ailleurs  peu ou prou mon seul repas de la journée- (j'avais des fruits secs et du chocolat dans mon sac.) Heureusement donc, que cette première pause a eu lieu..., mettant en place un genre de "cadence" (deux ou trois heures de projection / une pause/ et hop on y retourne, pas forcément à la même place d'ailleurs)

DSC05523


C'est vrai que 24 heures, finalement, c'est très long, quand on y est attentif, et que, comme je l'avais vagument subodoré tout au début, il aurait peut-être mieux valu en fractionner en deux fois la vision : la première fois l'"ordinaire" (de 10h a 18h, ou à 20h si c'est un samedi), et la deuxième fois, l'"intégrale", de 20h à 10h, ce qui permettait peut-être de mieux assimiler tout ça. C'eût été plus raisonnable mais bien moins fun. Mais voilà, j'ai eu cette occasion et j'en ai profité (d'autant que c'était la dernière, ça ou rien, The clock s'arrêtant le 15/09) et j'en suis très content, finalement, d'avoir réussi à mener tout ça à bien, tout comme je l'avais prévu, et ce n'était pas joué d'avance (je souffre d'un syndrome "je ne sais pas le faire /je ne suis pas capable de le faire / je ne vais pas y arriver /" assez prononcé, ne riez pas.) Le seul regret, concernant ces fameuse vingt-quatre heures, c'est que ce genre de projet un peu zinzin est encore plus agréable lorsqu'il est partagé, oui, c'est plus agréable de vivre ça ensemble, simultanément, et que là, non, tant pis, personne d'autre ne semblait disponible,  dommage mais c'est comme ça... Tic tac tic tac tic tac Une autre fois, peut-être. Plus tard.

Posté par chori à 06:58 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

vendredi 12 septembre 2014

a dream within a dream

ENEMY
de Denis Villeneuve

Je n'avais pas tellement aimé le premier film du monsieur (Incendies) que je trouvais... manipulateur (l'adjectif vaut ce qu'il vaut, faute de mieux), j'ai zappé le deuxième (Prisoners), et suis donc pourtant allé voir celui-ci lundi à 13h45 et en VO, surtout pour étrenner mon statut de "jeune sénior" (j'y étais d'ailleurs tout seul dans la salle), alors que je n'en avais pas a priori forcément très envie, mais Pépin me l'avait vanté à demi-mot avec une mine gourmande, et je lui ai donc fait confiance...
C'est... étrange.
Après une scène d'ouverture dont on comprendra (peut-être) à la fin le pourquoi, on rencontre le héros (Jake Gyllenhaal, qui, n'en déplaise à l'ensemble des critiques, ne livre pas une double prestation si extraordinaire que ça), prof d'histoire, qui se découvre un double parfait en visionnant un dvd. C'est le début des embêtements... (mais qui est vraiment l'enemy du titre ?)
Filmé beigeasse, jaunâtre, cotonneux, poisseux. Une sensation générale de vague torpeur, d'engourdissement, avec parfois l'impression de déjà-vu, ou de ne pas comprendre ce qu'on voit, comme ces rêves avec des scènes qui se répètent en boucle, des gestes qu'on n'arriverait pas à accomplir, des choses abominables qu'on devine plutôt qu'on ne les voit (mais ce qu'elles suggèrent est peut-être encore plus abominable), des éléments apparemment disjoints qui pourtant se rejoignent (ou peut-être le contraire), des fausses pistes, des chausse-trapes, des pièces mystérieuses, des enveloppes scellées "personnel et confidentiel", des rêves, des rêves dans le rêve, des réveils, des endormissements,  bref un magma sans doute un peu psy -mental serait plus juste- (les critiques évoquent souvent Lynch et Cronenberg, ils n'ont sans doute pas tort) dont on ne peut pas  parler trop précisément sans risquer de déflorer le sujet (et donc de gâcher le plaisir du spectateur).
Car le plaisir, ici, serait de réagencer tous les éléments disparates dont on dispose pour reconstituer chacun sa propre petite histoire, avec ses bon sang mais c'est bien sûr!, ses failles, ses incohérences (et le plus drôle c'est que chacun pourrait bien avoir raison. ) Comme dans ces puzzles de hmmm milliers de pièces, des fois on tient deux morceaux dont on est certain qu'ils s'emboîtent nickel, et pourtant pas du tout.
Le sentiment que, chez Lynch ou Cronenberg, le malaise résulte d'une nécessité interne, une soigneuse (in)cohérence, alors qu'ici, (mais qui suis-je pour juger, hein ?) on n'en est pas trop sûr, tout ça pourrait n'être qu'esbrouffe dolanesque ou jemenfoutisme... (là mettez le qualificatif qui vous agrée), on se laisse mener en bateau, mais pour aller où ?
Non on n'est vraiment sur de rien (un ? deux ? et Mélanie Laurent ? et l'araignée ? et la mère ?), mais, comme conclut Pierre Murat dans Téléramuche (et, pour une fois je suis plutôt d'accord avec lui) "mais on s'en fout"...

317481

 

Posté par chori à 13:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
lundi 8 septembre 2014

quartiers d'été 2 (début septembre)

lundi 1er septembre
(ça fait drôle, oui, de marcher ce jour-là dans paris au soleil...)
aujourd'hui ce sera une journée métro et cinéma
à 9h TRAP STREET au MK2 Beaubourg
passage par les Halles pour prendre des billets pour ce soir (un à 4€ 1 à 6€)
retour à l'appart pour manger (j'ai envie de canard)
puis retour aux Halles pour THE SALVATION
comme il me reste une heure avant la séance de 18h et qu'il n' a plus personne sur le Chantier, je fais un tour à St Michel, sans rien acheter
puis j'enchaïne AIMER, BOIRE ET CHANTER et PRIDE (la salle est comble pour l'avant-première, je me retrouve assis au premier rang, ça fait un peu mal au cou!)

mardi 2 septembre
Tôt, j'envoie des sms d'encouragement aux collègues (c'est le grand jour) , puis je retourne me coucher (je savoure)
grasse mat jusqu'à 9h30, avec le doux bruit dans l'immeuble des enfants qui se préparent et qui partent à l'école (hihi)
rdv est pris ensuite avec Véro pour manger ensemble à 13h30, devant le Mk2 Beaubourg bien sur
On  mange dans le Marais, au Gai moulin
puis retour aux Halles pour la séance de 15h20 de BOYHOOD
On se sépare ensuite, je rentre à la maison, avant de partir direction Hôtel de ville pour y retrouver Zvezdo, à 20h30 (deux ans qu'on ne s'était pas vus ?)
On piapiate cinéma et un peu nos vies aussi devant une bière au Drapeau
(il doit se pencher pour me faire la bise)
et retour à la maison, à une heure et dans un état... décents

mercredi 3 septembre
dernier "vrai" jour in Paris
j'achète Libé et l'Officiel
10h30 WHITE BIRD au Cinéma du Panthéon
13h : FLORE au Club Lincoln
puis je redescend aux Halles pour la séance de 16h de METAMORPHOSES (avec un dernier passage à la Canopée voisine...)
retour à l'appart, un peu de rangement (je pars demain matin!)
avant de repartir direction Strasbourg St Denis pour la  séance de 21h (l'unique!) de PAN PLEURE PAS dans un joli petit cinéma que je ne connaissais, pas, L'Archipel.
Comme je suis en avance et que j'ai soif, le gentil caissier m'offre même ma bière!
(et pour rentrer, c'est directos!)

jeudi 4 septembre
réveillé très tôt
fini de faire mon sac
suis descendu acheter des madeleines pour le voyage
défait les draps, fermé l'ordinateur, coupé l'electricité, ouvert le frigo, et en route!
train : départ à l'heure et arrivée idem
(vesoul 12h04)
il fait très beau, je retrouve mes collègues chéries au FJT pour boire le café
retour à la maison, défaire le sac, pile de courrier, lessive, courses, etc.
J'appelle Manue
réunion Amis du C. à 18h45
puis retour à la maison, soirée ordi, et dodo (plutôt très bien)

vendredi 5 septembre
Le premier "vrai" jour de retraite lol
Je vais chez la coiffeuse à 9h30, je traîne un peu en ville
midi au FJT avec Catherine et Marie
puis je vais boire le café chez les voisins (retrouvailles de retour de vacances)
et je retourne à l'école (oui oui) pour solder les comptes de coop (mais il faudra que j'y retourne)
je passe chez les Bousrez pour récupérer des films (et boire une bière)
coup de fil de Dominique
puis soirée PARTY GIRL au bôô cinéma
et after chez Zabetta (mousse au chocolat et bière) avec le réalisateur, la demoiselle de chez Pyramide, les Bousrez et Pépin

samedi 6 septembre
traîné le matin déjeuné tard,
début d'après-midi : activation de ma carte sim, récupération des contacts sur le nouveau bôô téléphone
Régis au téléphone
je passe chez la trésorière pour déposer les pièces comptbales et la liste des chèques
Isa passe en fin d'après-midi, on parle assez longuement
le soir, je commence à m'endormir devant la télé (reprendre les habitudes) et je me couche donc assez tôt
(plutôt bien dormi)

dimanche 7 septembre
réveillé trèèès tôt
déjeuné recouché
du mal à m'habiller
un dimanche, quoi...
en fin d'aprèm, partie rituelle de Okey dominical chez les voisins
suivi du non moins rituel apéro dominical
et du tout aussi habituel repas du même nom

Posté par chori à 06:32 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
mercredi 3 septembre 2014

cinéparis

Le Grand paysage d'Alexis Droeven : Affiche

LE GRAND PAYSAGE D'ALEXIS DROEVEN
de Jean-Jacques Andrien
Le "film de Nicolas".  un film patrimoine, aussi. Une distribution étonnante : Maurice Garrel y est paysan, c'est le frère de Nicole Garcia, le père de Jerzy Radzilovicz ("l'homme de marbre") et le copain de Jan Decleire (une très jolie scène d'oie et de poursuite). Une magnifique chronique paysanne et filiale, sur fond de révolte, de répression, de déchirements inter-communautaires, avec des dialogues de Franck Venaille. Un film brumeux, glaiseux, taiseux, une splendide (re)découverte.

Sils Maria : Affiche

SILS MARIA
d'Olivier Assayas
Un jeu de miroirs à la vache-qui-rit (pour ne pas dire "mise en abyme" comme tout le monde, avec ce y prétentieux) plutôt brillant : Juliette Binoche joue une actrice d'un certain âge confrontée à une actrice bien plus jeune, qui est censée reprendre le rôle qu'elle avait joué à 28 ans, celui d'une jeune fille confrontée à une femme plus agée, tandis qu'elle (l'actrice mûre) reprendrait l'autre rôle (celui de la plus âgée). Mais le personnage de Binoche est secondé par une jeune assistante (Kristen Stewart, fabuleuse) et toutes ces dualités se font écho, magnifiquement, dans ce monde de limousines, chauffeurs, palaces et paparazzi. Pour les germanophiles, on voit aussi passer Hans Zichler (Au fil du temps) et Angela Winkler. Brillant.

Le Sel de la terre : Affiche

LE SEL DE LA TERRE (PP)
de Wim Wenders et Juliano Ribeiro Salgado
Partir de photos  magnifiques, ça aide pour réaliser un documentaire tout aussi magnifique sur l'auteur de ces photos. Wim Wenders s'y colle, et nous parle en français dans ce portrait de Sebastiao Salgado, co-réalisé par le fils de celui-ci, Juliano. On suit chronologiquement le travail de création de Salgado, au fil de ses livres (et engagements) successifs, illustré somptueusement de ses photos, et musiqué majestueusement par Laurent Petitgand. Impressionnant.

La Dune : Affiche

LA DUNE
de Yossi Aviram
Niels Arestrup et Guy Marchand en vieux couple, le beau Lior Ashkenazy en joueur d'échecs mutique, un passage-éclair de Mathieu Amalric, Jean-Quentin Châtelain en collègue d'Arestrup (il est flic) : c'est un film d'hommes, incontestablement (et une histoire assez fortement autobiographique, semble-t-il). Emma de Caunes est un peu surnuméraire, mais fort joliment.  on a assez vite compris le pourquoi du comment (ou alors je suis hyper intelligent mais ça m'étonnerait), mais ça n'est pas gênant du tout. Touchant.

Léviathan : Affiche

LEVIATHAN (PP)
d'Andrei  Zviaguintsev
Wouah! Pour clôre ce mercredi "en beauté", un film asphyxiant de noirceur et de pessisimisme, mais chronique quasi documentaire de l'état des lieux en Russie aujourd'hui. "Feu de bois, grillades, vodka et tir" (pour résumer un week-end), l'itinéraire d'un homme, en forme d'escalier du malheur (que dévalerait une barrique d'au moins un hectolitre de vodka). Un triangle amoureux inséré une attaque en règle du pouvoir (du fric, de la politique et de la religion). Entre deux parenthèses sublimes de paysages sur du Phil Glass. Glaçant, justement.

Boys Like Us : Affiche

BOYS LIKE US (PP)
de Patric Chiha
Un film charmant : les déambulations de trois pédés en Autriche (avec chaussures de marche et valises à roulettes). Trois potes, trois états d'âme : celui qui vient de se faire plaquer, celui qui téléphone à sa psy, et celui qui drague. Celui qui voudrait tout organiser, celui qui cherche son amour perdu, celui qui a envie de baiser. Les "trois mousquetaires" dans une Autriche plus vraie que nature (montagnes, shorts en peau et panneaux d'interdiction). C'est tendre, bien écrit, gentiment vachard, beaucoup plus "léger" que le premier film de Patric C., et ça devrait faire du bien à tous les pédés (aux autres aussi). Un film beaucoup plus fin qu'il pourrait paraître à première vue. Adorable.

Hippocrate : Affiche

HIPPOCRATE (PP)
de Thomas Lilti
Un joli film, encore, sur le milieu hospitalier, très autobiographique. L'arrivée d'un jeune (Vincent Lacoste) interne dans le service de son père (jacques gamblin), qui bosse avec un autre nouvel interne (Reda Kateb) sous les ordres d'une infirmière-chef (Marianne Denicourt) pas forcément commode. La découverte "sur le tas", les erreurs, les relations entre collègues, avec les patients. Du vécu, de l'humain, du vraisemblable toujours, du réalisme idem (le manque de moyens, le principe de rentabilité, la réduction des effectifs, le mépris des gestionnaires envers le personnel médical et soignant...) Beaucoup de tendresse, d'humour, d'émotion, et de sourires aussi.  Un film irréprochable.

La Famille Bélier : Affiche

LA FAMILLE BELIER (A-P)
d'Eric Lartigau
Une très avant-première (le film sortira en décembre). Une belle idée : dans une famille de sourds-muets paysans et fromagers (papa Damiens et maman Viard) une adolescente est la seule parlante et entendante. Elle va au lycée, découvre l'amour, envisage de passer un concours pour intégrer la maîtrise de radio-France, mais elle sert aussi d'interprète et de porte-parole à toute la famille. Le scénario envisage plusieurs pistes (les élections, le petit copain, le frère avec la copine) mais finalement n'en suit qu'une jusqu'au bout, la plus nunuche et la plus attendue : le concours de chant. C'est plaisant à regarder, chacun se donne au maximum (Viard et Damiens sont impressionnants, et la jeunette aussi), mais on ne peut s'empécher de trouver ça un poil démago et sens du poil (et le fait que le réalisateur ne puisse répondre correctement à aucune des questions du public est un peu embarrassant). Gentillet.

3 coeurs : Affiche

3 COEURS (PP)
de Benoît Jacquot
La bande-annonce m'avait plu : Poelvorde entre deux soeurs : Charlotte G. et Chiara M., filles de Catherine D (la reine-mère est impériale, et elle finit par donner faim, à manger comme ça pendant tout le film.)J'ai repensé à ce que Charlie avait dit, il y a très longtemps, en sortant des Ailes de la colombe, du même Benoit J. : "Tout le monde est très beau, très riche, très malheureux..." c'est un peu ça, mais ça fonctionne. Jacquot qualifie son film de "thriller amoureux", et les liens forts tissés entre les personnages dès le départ (qu'ils soient amoureux ou familiaux, ou sociaux) ne peuvent évoluer que vers une issue fatalement fatale. La musique de Bruno Coulais renforce encore ce sentiment d'inévitablité (?), et, en même temps, d'impossiblité à régler "simplement" le conflit. Des violons ombrageux, des étreintes, des mensonges, et même, au coeur de tout cela, un miroir quasiment magique. Passionnel.

Bande de filles : Affiche

BANDE DE FILLES (A-P)
de Céline Sciamma
Encore une avant-première à l'UGC Les Halles (dans la "semaine de la comédie", hum hum...) Le troisième film de Céline Sciamma, qui suit la ligne des deux précédents. Céline Sciamma filme aussi attentivement les demoiselles que je photographie les messieurs.(...) Des filles, comme l'indique le titre, la banlieue, le quotidien, la "petite vie" avec son lot de vexations, d'interdits, d'envies, de révoltes, de désillusions, avec une troupe d'actrices non-professionnelles sidérantes (de naturel, d'énergie de force). En plus, Céline Sciamma a un don inné pour la composition graphique de ses plans (tout comme Para One a le même pour  la composition musicale, ici il nous refait quasiment du Steve Reich et c'est TROP BIEN, toutes les scènes musicales sont a tomber tellement ça fonctionne bien -et la larme à l'oeil je vous dis pas...-) Enthousiasmant.

Trap street : Affiche

TRAP STREET
de Vivian Qu
Un film étrange qui commence comme une comédie gentillette naturaliste (bien qu'un peu confuse) et vire ensuite au thriller paranoïaque. Chine, terre de contrastes, avec géomètre, rue qui n'existe pas officiellement, femme mystérieuse, laboratoire encore plus mystérieux, police secrète, caméras de surveillance aïe aïe aïe et après on perd un peu pied (le héros aussi, visiblement).

The Salvation : Affiche

THE SALVATION
de Kristian Evring
Après le western-spaghetti et le western-choucroute, le western-smørrebrød! Un western brutal et consciencieux à la fois. Qui respecte scrupuleusement tous les codes (poncifs ?) du genre, à part le fait que le héros s'exprime parfois dans cette langue mystérieuse. Avec en plus (progrès techniques obligent) des extérieurs nuit(s?) d'une beauté grandiose. Madds Mikelsen est le héros (normal, c'est danois), Eva Green y joue une guérillère mutique (normal, on lui a coupé la langue), et notre oooh aaah Cantona national y joue un desperado ma foi tout à fait honorable (mais un comparse). Saignant

Aimer, boire et chanter : Affiche

AIMER BOIRE ET CHANTER
d'Alain Resnais
Les critiques louangeaient, les amis qui l'avaient vu m'avaient quasi unanimement refroidi, mais bon, là, à 4€ je ne pouvais pas ne pas tenter l'aventure. Les critiques avaient peut-être raison, mais les amis aussi, et je m' y suis assez copieusement ennuyé. Une fois qu'on a accepté les fantaisies (travelling avant en voiture, dessin du lieu, l'essentiel de l'action en hors-champ, décor en penderillons) répétitives, il ne reste plus qu'a écouter les dialogues des personnages (entre le boulevard et Ionesco) et attendre que le temps passe... Pfouh! Joueur, mais je n'ai pas joué le jeu.

Pride : Affiche

PRIDE (A-P)
de Matthew Warchus
Le coup de coeur, inattendu (et en très gros plan, j'étais au premier rang!) de cette "semaine de la comédie et des avant-premières". Un film comme les britanniques savent parfaitement les faire (Full Monty, Les virtuoses...) avec du social, des affrontements (avec les flics ou d'autres) des engueulades, des tronches, des cup of tea, de l'humour, de la tendresse, des scénes de pub, de manifs, de liesse ou de hargne, bref, deux heures quasiment de bonheur à l'état pur. Un feel very good movie, qui vous laisse, quand les lumières se rallument, à la fois avec les yeux rouges et un sourire béat. So british (well...  so welsh!)

Boyhood : Affiche

BOYHOOD
de Richard Linklater
revu avec Véro et son fils. je  trouve ça toujours aussi bien (ficelé) et émouvant

330339

WHITE BIRD (PP)
de Greg Araki
Tiens, un deuxième film avec Eva Green, complètement transformée (elle joue une femme plus vieille que son âge) dans une adaptation (la première me semble-t-il) de Laura Kasischke (d'un roman que je n'ai pas lu, Un oiseau blanc dans le blizzard) dont la narratrice est une adolescente dont la mère a un jour mystérieusement disparu, un récit transposé dans les années 90 avec, Araki oblige, une bande-son furieusement dansante, des jeunes gens torse nu sur la pelouse, des "laissés-pour-compte" (c'est lui qui le dit), Une reconstitution furieusement (délicieusement) maniériste (ou Eva green ne serait pas très loin de la Julianne Moore de The hours). Araki assagi, mais avec le zeste de perversité fantastique de Kasischke.

Flore : Affiche

FLORE (PP)
de Jean-Albert Lièvre
Un documentaire poignant, autour de la mère du réalisateur, atteinte de la maladie d'Alzheimer, le récit d'une expérience (comment lui et sa soeur ont préféré sortir leur mère de l'institution où elle déclinait inéluctablement et la ramener en Corse, dans leur maison familiale, avec toute une équipe dévouée, pour lui permettre de revenir à la vie).

585343

METAMORPHOSES
de Christophe Honoré
Celui-là oh que je l'attendais, et quand on attend trop, on risque d'être déçu. J'en sors et ce fut un peu le cas, je crois. Ce qui est certain c'est que ce n'est pas l'engouement fou, spontané, immédiat, qu'avaient provoqué Les chansons d'amour ou Les bien-aimés. Pan a une très jolie flûte (c'est un FAQV, tout au moins au début, après ce sont plutôt les dames qui paient de leur personne), Jupiter aussi, et ma foi tout ça fait une bonne occase de revoir un peu sa mythologie (et de rêver à ce que ça aurait pu donner vraiment).

Pan pleure pas : Affiche

PAN PLEURE PAS
de Gabriel Abrantes
Heureusement que j'ai jeté un oeil ce matin dans l'officiel, "au cas où" : il passait justement ce soir (la seule et unique séance de la semaine!) Un programme de trois courts de Gabriel Abrantes, qui me reconcilieraient définitivement avec le Portugal... Qu'on pourrait qualifier de "décalés" ou de "surprenants", de "barrés" : un voleur de viagra dans le premier, un poète portugais dans le second, et tout un aréopage loufoque dans le dernier (dont Edith Scob). Parfois contemporain (mais pas ici) parfois en costumes (mais toujours pas ici) parfois on ne sait ni quand ni où... Idéale cerise sur le gâteau cinématographique de ces dix jours. Mon "jubliatoire" à moi de cette semaine et demie. Délicieux (et improbable).

Posté par chori à 20:42 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
lundi 1 septembre 2014

micro137 paris

*

est-ce qu'il pleut pareil en même temps sur tous les arrondissements ?

*

dans le métro, on avait oublié qu'il bruine toujours

*

 (sur la porte) si on voit POUSSEZ écrit à l'envers
c'est qu'il faut tirer!

*

j'ai failli me faire voler mon porte-feuille à Strasbourg-St Denis
(dans la poche inférieure du short et dans un escalier)

*

météo du jour :
pluies éparses  / rares averses / éclaircies / pluies éparses

*

Sebastiao Salgado  a replanté deux millions d'arbres

*

(Champs-Elysées)
"Y a des touristes, y viennent à Paris, y vont même pas à Barbès!"

*

 "1000 ouvriers, 480 bungalows!"
une dame, lisant pour le groupe, puis commentant
(oh oh j'aimerais bien habiter là)

*

elle passe devant moi, les yeux dans le vague
en chantonnant d'un air entendu
une modulation personnelle de coucou hibou coucou

*

"j'ai demandé à te géolocaliser, alors je tournais, je tournais..."
dit-il en lui faisant la bise

*

 hipster ?

*
 Dimanche, 13h, Bonne Nouvelle :
j'ai passé cinq minutes entières complètement seul sur le quai

*

avant-première de Bande de Filles :
Guillaume Gouix fait la queue derrière moi !
(je défaille)

*

Posté par chori à 11:37 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
dimanche 31 août 2014

quartiers d'été 1 (fin août)

samedi 23
arrivée heure juste mauvaise pioche dans le train : bébé pleureur que son grand papa berçait en se balançant au milieu de l'allée mais j'ai dormi presque tout le temps (restes du tarot d'hier soir)
dans l'appart', retrouver les habitudes, disjoncteur, kitchenette, cuisine et vins de france pour lire aux toilettes, la vigne, les stores rouges, tiens la télé ne marche pas
au traiteur asiatique, la dame me reconnait "Vous longtemps pas vu..." en effet ça fait un bail, boeuf aux oignons et riz rhaîlandais, plus une tsing-tao, et "ptit nougat offert par la maison" (avec l'accent asiatique)
je prépare mon planning pour les jours à venir, notamment pour mercredi (les sélections pour TLMVPSP qui m'angoissent un peu)
courses tard au Franprix (quel bonheur d'être à Paris et de pouvoir faire ses courses n'importe quand...)

dimanche 24
comme prévu, journée sans sortir ou presque (juste, le matin, pour bière et pain)
comme prévu, de la visite à midi, et, comme prévu, on passe tout l'après-midi au lit ou presque : retrouvailles amicales, le plaisir de la peau, du contact, de la complicité, c'est très agréable mais bon
du coup me retrouve presqu'un peu tristounet le soir mais c'est rien ça va passer
je tape un post entier ou presque sur Lucy quand l'appui malencontreux sur je ne sais quelle touche le fait soudain plop! disparaître
ça m'énerve et je le reprends aussi sec mais je n'ai pas retrouvé la fin

lundi 25
traîné au lit (pas très bien dormi) jusqu'à presque 10h
je vais à Charonne faire mon passe navigo découverte + forfait une semaine (photos d'identité à la station)
puis je pars l'étrenner direction St Michel bien évidemment
Boulinier, Gibert, sandwich basque, redescente vers Gibert près du métro, le trajet habituel
Je ne trouve ni Kaddour ni de Kerangal, soldés, mais quelques autres choses
J'appelle Malou, rdv jeudi soir (il pleut aussi à Moulissan)
je vais à pied sous la bruine jusqu'aux Halles, et je rentre en métro (il bruine toujours)
soirée tranquille "à la maison"
Je lis Mauvais génie de Marianne Denicourt (1€!)

mardi 26
(encore pas très bien dormi)
parti tôt pour la séance de 9h du GRAND PAYSAGE D'ALEXIS DROEVEN, au MK2 Beaubourg, puis j'enchaîne joyeusement avec SILS MARIA
puis je pousse jusqu'aux Halles (une bienheureuse éclaircie) juste pour vérifier que le Point de vue sur le joyeux Chantier de la Canopée est toujours ouvert : oui oui, je suis rassuré et j'en profite pour prendre quelques photos...
retour à la maison, pour casser un peu la croûte (j'ai la dalle) avant de repartir et même un peu la siestounette
juste avant de partir pour la projection de presse du SEL DE LA TERRE, j'apprend sur le site de l'UGC que si on achète une carte 5 places (ce que je comptais faire) on a droit à une place gratuite (mais l'offre s'arrête ce soir)
j'y retourne donc à 20h, fais la queue, achète la carte, et peux donc voir gratuitement, et juste à temps,  LA DUNE, dont c'est le dernier soir

mercredi 27
Après des milliers d'hésitations, je finis par me rendre aux sélections de ce jeu pour lequel je m'étais inscrit
(...)
trois heures plus tard, le même, légèrement dépité : je n'ai pas été retenu pour la dernière partie (et paf! mon petit égo)
en plus c'est à Petaouchnok,
Je rentre donc en passant par le Chantier de la canopée, pour me consoler un peu
et après un rapidos passage à la maison je repars direction le club lincoln pour y voir LEVIATHAN
le bonheur, c'est que Franklin Roosevelt/ Charonne, c'est direct...

jeudi 28
(très mal dormi)
Marie m'appelle le matin pour m'apprendre une très mauvaise nouvelle...
BOYS LIKE US au club Marbeuf, puis un petit tour aux Halles pour acheter des places pour les avant-premières de LA FAMILLE BELIER (ce soir) et BANDE DE FILLES (dimanche soir) -et aussi aller mater un peu le chantier, puis je repars direction Club de l'étoile pour HIPPOCRATE, et rebelote ensuite retour aux Halles pour LA FAMILLE BELIER (pile poil)
Retour à la maison
Je n'arrête pas de penser à Paul

vendredi 29
(pas bien dormi) réveillé tôt, en ai profité pour trouver l'itinéraire pour le St germain, pour la séance de 3 COEURS à 11h
je poste une carte d'anniversaire pour Christine
J'ai Manue au téléphone (c'est elle qui m'appelle, moi j'avais la trouille de) elle me sidère
3 COEURS donc, puis je pousse jusqu'à St Michel zoner un peu en librairies, et passer qq coups de fils (rdv avec Véro pour demain, et chez Malou pour ce soir (apéro et restau) avec les amis américains de Pascal
je rentre dans l'après-midi à l'appart
à 19h donc, champagne chez Malou, puis en bus jusqu'à un restau fun and fashion : Privé de dessert (où les plats salés ont des noms et des looks de desserts, et vice-versa)
retour assez tard et pas complètement à jeun

samedi 30
journée sans cinéma, pour changer un peu
rdv pris avec Véro et son fils devant le MK2 Beaubourg à 12h30
je les amène à Happy Nouilles pour un joyeux petit repas, après on se balade dans le quartier
puis on passe quelques heures à Beaubourg (gratos avec nos cartes professionnelles!) avant, gorge sèche et happy hours obligent, de finir devant une pinte de bière (Guinness pour moi mmmmh) dans un bar pas très loin (+ un rhum arrangé offert par la serveuse, qui craque pour véro dirait-on) je rentre donc un peu... alcoolisé après un petit détour (les keufs à Strasbourg St Denis qui ne laissent pas passer pour  la correspondance)
Couché tôt

dimanche 31
(mieux dormi)
dernier jour de ma vie de salarié (hihi) demain je serai "pensionné" (et -désormais- "jeune sénior")
Je ne sais pas trop comment m'organiser suite à un changement de dernière minute (mais c'est beaucoup mieux comme ça en fin de compte) : ma carte UGC ne me permet pas d'aller au cinéma le dimanche avant 19h, je vais donc utiliser mon passe navigo pour aller me balader : aléatoirement au début (Grands Boulevards) puis intentionnellement (ligne 14 direction MK2 Beaubourg)
je grignote dans le truc très sain très cher que m'avait montré Loulou, puis je pousse jusqu'au MK2 Bibliothèque, et retour à la maison où je bouquine ce polar de Connolly que je traîne depuis une semaine, mais qui devient soudain tout à fait haletant.
le soir, avant-première de BANDE DE FILLES, à l'UGC Les Halles en présence (assez brièvement) de la réalisatrice
et retour dodo maison

 

Posté par chori à 23:59 - - Commentaires [0] - Permalien [#]