dimanche 19 juillet 2015

tant de temps(s)

Comme me le faisait remarquer Philou il y a déjà un certain temps : ici, quand je ne parle pas de cinéma (ce que je fais la plupart du temps) je ne parle pas de grand chose d'autre.
Et ça n'est pas faux.
Mais que pourrais-je donc raconter d'autre ? De quoi d'autre pourrais-je donc parler ?
Je manque de conversation (de plus en plus).
Dans ces cas-là, socialement, (surgissement d'un blanc dans la conversation ou manque d'inspiration) on peut toujours, pour meubler, parler du temps. Et voici que 1) les vacances, 2) la canicule et 3) la retraite fourniraient même ici trois bonnes raisons d'en parler, et ce de trois différentes façons.
Ces jours-ci, ramollis, échauffés, alanguis, on s'échange volontiers, en guise des formules de politesse usuelles, des degrés celsius, des records de températures, des prévisions à plus ou moins long terme, des diamètres de grêlons, des hauteurs pluviométriques négatives ou presque, et on soupire, et on transpire, et on s'essuie et on relativise "C'est quand même mieux que s'il pleuvait..."
C'est le temps habituel -rêvé- des mois d'été, à peine exagéré (on a commencé voilà quelques années, voire lustres, à s'y habituer. Oui il fait chaud (trop), oui il fait sec (exagérément), oui on étouffe on a besoin de s'hydrater, de se rafraîchir, et on se tapit la plupart du temps (du jour) dans l'ombre bienheureuse des maisons où l'on a clos les contrevents et dont on n'entrouvrira les fenêtres, enfin, que lorsque ce satané soleil sera couché.
Sans qu'on puisse si facilement l'imiter.
Les nuits, tiens, parlons-en. Literies débarrassées de leur habituels oripeaux et vêtures,  fenêtres ouvertes sur le bruit des grillons, on a tout enlevé, nu le lit et nu le dormeur, et on gît, immobile, espérant un souffle, sans trop bouger pour ne pas transpirer (je parle ici  des nuits que je connais, les célibataires, pour les autres je ne pourrais me fier qu'à mon imagination et broder mais j'imagine, justement, qu'elles doivent être exponentiellement plus poisseuses et suantes. Le plus souvent, avant, (en gros, les mois qui ne commencent pas par j) c'est à ce moment-là qu'on réussissait à avoir un peu de fraîcheur, mais à présent, en ces temps de canicule (on nous l'a assez redit) c'est à peine si on passe du trop chaud au juste encore tiède presque lourd, alors du frais, pensez...
On se résoud. On fait avec. On met en place d'autres stratégies pour profiter de la nuit.  Car le sommeil du coup s'en ressent, qui se fragmente et s'incommode, désamarré des repaires, (désencordé des piquets) qui le situaient, le délimitaient, l'approximaient. Là c'est chacun pour soi et le plus n'importe comment possible. On dort moins la nuit, on dormira davantage le jour (siestes somnolences endormissements repos) et c'est tant mieux. Y aurait-il, d'ailleurs, tant d'autres choses que ça à faire ? Nous sommes tout de même en vacances, je vous le rappelle... On fait autre chose que dormir, on se relève, on soupire, on regarde dehors.
Temps du jour, temps de la nuit, les portes et les fenêtres s'ouvrent dans l'obscurité, et on n'aurait presque pas d'hésitation à sortir sur le perron en tenue très légère (voire pas de tenue du tout) et poser les fesses sur la pierre tiède en regardant se balancer les roses trémières. La nuit, c'est bien, la nuit c'est mieux, même si les températures ne baissent pas tant que ça (ou autant qu'attendu). La nuit c'est noir, c'est personnel. A chacun de voir.

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dimanche 12 juillet 2015

micro145

*

réussir à vider la bouteille de lait en remplissant le bol exactement  à la hauteur souhaitée

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hipster c'est bien
chipster, c'est mieux
(réflexion parisienne)

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accotement,
un corbeau petit-déjeune
d'un chat crevé

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 Emma, à la fin d'une longue conversation téléphonique :
"tu dois avoir l'oreille qui chauffe..."

*

Ce grand monsieur délicieusement mal rasé
qui sollicite mon aide devant le rayon des chips :
il les veut "avec sel", "qui va bien avec bière"

*

 "Il dit qu'il a fait du sport quand il était plus jeune...
le problème c'est que je l'ai jamais vu jeune!"

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les Feintes écritures

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 "La Grèce dégage l'excédent structurel primaire le plus élevé."
(exemple de phrase que je ne comprends pas)

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"Faut pas pousser..."
Non, jamais

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On finit toujours pas se lasser.

*

 Grâce à Malou, retrouvé le sens de "cuisiné avec amour"

*

 

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vendredi 10 juillet 2015

virginité de la russie

QUE VIVA EISENSTEIN!
de Peter Greenaway

Enfin! Le dernier Greenaway, et, bonheur, lui aussi en sortie nationale, que je suis donc allé voir juste après le Gondry (ça change de braquet  mais il y avait tout de même une certaine continuité : c'est, là aussi une histoire de deux garçons différents mais complémentaires). Greenaway et moi, c'est une loooongue histoire d'amour, depuis Meurtre dans un jardin anglais,(je me souviens de la tête qu'on faisait, tous, en sortant de la salle, genre wouaaah qu'est-ce qu'on vient donc de voir là ?) je suis allé voir tous ses films à leur sortie (et j'ai même récupéré les ceusses qui n'étaient pas sortis en France), parce que j'aime sa façon d'aborder le cinéma, de parler d'art, de montrer des gros monsieurs tous nus (et des quéquettes visibles), et de bidouiller les images, et je continue de l'aimer, malgré quelques déceptions (Goltzius et la Compagnie du Pélican, le tout dernier, qui m'a saoulé, en fait partie) parce que  le retour de bâton du prêt-à-penser (ceux qui décident ce qui est bien ou pas, ce qu'on doit aimer ou pas), semblerait depuis quelques temps jouer en sa défaveur et qu'il faille donc ne plus l'aimer. Mais moi si, je continue...
Greenaway est savant, incontestablement, et il aime le faire savoir, au risque de parfois (souvent) pousser l'érudition jusqu'au pédantisme. Il est très souvent question de peinture, de littérature, de théâtre, et bien moins souvent de cinéma. (Ne serait-pas ici, d'ailleurs, la toute première fois ?) Il a choisi de parler d'Eisenstein (dont, à part les titres de ses films, je ne savais à peu près strictement rien) qui fait un séjour au Mexique (avec la vague intention d'y tourner un film) et va, lui aussi, y vivre sa toute première fois : une histoire d'amour avec un autochtone, avec approche et oeillades, puis défloration anale comme si vous y étiez -tout en continuant de disserter assez doctement, mais tout aussi badinement, sur la révolution d'Octobre et les premiers colons américains-. La Russie et le Mexique, le pâle et le moreno, le chaud et le froid, bref un genre de choc (thermique) et pas seulement des cultures. "Et tu me parles de ça avec ta queue dans mon cul ?" , dit, avec autant de crudité que de candeur, Eisenstein au moment-clé.
Depuis le temps que Greenaway tournait autour du pot (si je puis dire), et nous répétait sa fascination (que je partage mille fois) pour la plastique masculine, le voilà qui se décide enfin à sortir de son placard cinématographique en nous les montrant tout de go entre eux, ces messieurs, à deux, et de fort intime façon... Oui, Grennaway s'amuse, se lâche, se laisse aller, déboutonné de ses habituelles engonceries moyen-âgeuses (la fraise, le pourpoint, les haut-de-chausses etc.)
C'est vrai que des messieurs tout nus, on en a vu beaucoup chez Peter G. (je garde un souvenir assez ému -émerveillé- de la débauche quéquettesque de Prospero's books, un de me préférés), mais, des cinéastes, moins. Serait-ce l'iconoclastie du dispositif (ciel on s'attaque au burin et sans vergogne à l'effigie d'un grand cinéaste) qui fait baisser les yeux et pincer la bouche aux Cahiaîs ? A propos de cinéma, on peut juste regretter qu'ici, justement, si le cinéma de Greenaway (et ses tics, diront certains grincheux) fonctionne à plein et se déploie plutôt lyriquement (et révolutiond'octobresquement), celui d'Eisenstein soit tout de même un peu passé à la trappe. Pas celui qu'il a vraiment déjà fait (on a des images en noir et blanc qui viennent et reviennent, comme la mouche du Cuirassé Potemkine) mais celui qu'il est supposé être en train de faire (et les centaines de milliers de mètres de pellicule qu'on nous en évoque), et qui passe à la trappe de la narration en nous frustrant d'autant.
Greenaway focalise le récit sur ces 10 jours qui ébranlèrent le cinéaste (Eisenstein, vous suivez ? et pas que l'ébranlèrent d'ailleurs mais hmmm je m'égare) et on revient donc souvent dans la chambre (ou la salle de bain) où se joue(ent) l'essentiel de la relation entre les deux hommes. et c'est assez plaisant, finalement, de voir ce bon gros (et appétissant) bourrin (sous les traits duquel est dépeint le cinéaste) pleurer in fine comme une midinette -avec plans de morve insistants- à laquelle on signifie son congé, et la fin de son éternelle histoire d'amour d'une semaine et demie ("Il doit nous revenir..." lui explique la femme de son amant.) Révolution russe, fête des morts, anniversaire, la boucle est bouclée et Eisenstein repart (et je me dis "Oh, déjà ?", tellement tout ça m'a enchanté et que je n'ai pas vu le temps passer...)
Un film bavard, fébrile, virtuose, où Greenaway semble se souvenir de sa magnificence et sa splendeur passées -pour d'aucuns-, un film brillant et audacieux, mais par bonheur beaucoup moins agité que Goltzius (qui ne vous laissait pas une seconde de répit ni pour les pupilles ni pour les tympans) et qui vous laisse dans un état de fébrilité et d'agacement beaucoup moins grands. Et de plaisir donc décuplé.
Top 10, peut-être, sans doute pas pour les bonnes raisons (au moins FAQV d'or de l'année, sans presque aucun doute...)

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jeudi 9 juillet 2015

moteur de tondeuse

MICROBE ET GASOIL
de Michel Gondry

Ce mercredi fut un jour-ciné faste : non seulement le film de Gondry y était en sortie nationale mais, en plus l'e-billet ne coûtait que 5€ ! (et, encore en plus, j'étais tout seul dans la salle 8!). Il y a deux types de films chez Gondry : les "grosses machines" (L'écume des jours, La science des rêves, Le frelon vert) que je n'ai pas forcément envie d'aller voir et que je ne vais d'ailleurs pas forcément voir), et les "petits films" pour qui j'éprouve une réelle tendresse (The we and the I en est l'exemple parfait).
Microbe et Gasoil est de la deuxième famille, et c'est pour ça que j'avais si envie de le voir, sans pourtant n'en rien savoir. c'est filmé tout simplement, et ça démarre tout aussi simplement. Le blondinet qu'on suit en premier (Microbe) m'en a, physiquement,  évoqué un autre, celui de L'argent de poche, puis, à l'arrivée de Gasoil, j'ai pensé aux zozos des Géants de Bouli Lanners, et, un peu plus tard encore, je n'ai pas pu ne pas penser à une version juvénile du charmant Mobile Home de François Pirot (avec Guigui Gouix, hmmmm...) (Je viens de lire les critiques presse dans allocinépointfreu, et Le Monde évoque, lui, Les beaux gosses et Prince of Texas, ce qui n'est pas faux non plus...)
Microbe en a assez qu'on le prenne pour une fille, et Gasoil en a assez qu'on lui reproche de sentir l'essence, et ils décident donc de partir en vacances dans une voiture fabriquée à partir d'un moteur de tondeuse (un petit clin d'oeil-hommage à David Lynch et sa Straight Story ?). Pour ne pas être pris par les gendarmes, ils ont déguisé leur voiture en maison (imparable & incontestable bricolage à la Gondry). Ils veulent rallier le Massif Central où la dulcinée de Microbe passe ses vacances au bord d'un lac avec ses parents. Et nous voilà embarqués avec eux pour cette odyssée minuscule qui fait teuf-teuf, et où on doit pousser dans les côtes, avec  ses situations plus ou moins périlleuses, ses créatures ou ou moins inquiétantes, ses escales plus ou moins mouvementées.
Gondry met du deux-temps (teenage movie + road movie) dans son moteur de tondeuse  pour faire carburer son conte réalistement onirique et le mélange est au poil. De même que le véhicule des fugueurs peut se transformer à volonté en maison, le réel de ces deux-là pourrait bien être un ailleurs de tendresse et de fantaisie  pour nous spectateurs.
Les deux gamins sont bluffants de justesse (avec un petit faible pour le rigolard et frisotté Gasoil), d'autant plus que Gondry a su habilement nous brosser auparavant leur contexte familial respectif (maman dépressive, grand-frère punk, papa transparent pour Microbe, maman malade et père limite pour Gasoil), justement à la manière -précise- de Truffaut dans son Argent de poche, avant que de les en extraire pour les jeter sur les routes et dans la grande aventure minuscule. C'est un Gondry presque minimal (à part celui de la maison à roulettes, aucun bricolage ou tripatouillage dans le film), qui parle de l'adolescence en général (et peut-être un peu de la sienne aussi), comment on grandit, comment on évolue, comment on devient...
Le film est (au départ) davantage centré sur le personnage de Microbe mais trouve son assise, son assiette, lorsque les deux compères sont enfin réunis, avec toutes les étapes dans la gamme de l'amitié : approche, reniflage, confidences, complicité, tensions, engueulade, réconciliation, puis à la fin séparation, aussi simple et naturelle que le fut le reste du film (et si on regrette un peu que  Gasoil soit alors un peu éloigné du récit, déménagé de sa relation avec Microbe, la dernière scène viendra joliment nous le rappeler.)
Un film délicieux, astucieux, gracieux, avec du cambouis sous les ongles et qui sent un peu l'essence, mais c'est pour ça qu'on ne l'en aime que plus.

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Tiens, un film à affiche jaune, ça faisait longtemps...

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mercredi 8 juillet 2015

crisis, what crisis ?

LES MILLE ET UNE NUITS 1 (L'INQUIET)
de Miguel Gomes

On raconte que...
Une petite précision pour commencer : au départ, je ne suis pas un immense fan de Miguel Gomes. J'avais eu un peu de mal avec Ce cher mois d'août (dans le bôô cinéma) puis avec Tabou, vu en avant-première à point d'heure au défunt festival Ciné-Paris (je ne me rappelle jamais exactement son nom) et même pas revu quand nous l'avons enfin passé dans le bôô cinéma (qui, entre nous soit dit commence par endroits à ne plus être si bôô que ça mais passons). Dans le premier je n'avais vu qu'un documentaire musical et lusophone assez indolent (voire ennuyeux) -mais je me rappelle qu'Hervé avait beaucoup aimé- et je me souviens que la profusion d'échos hyper-flatteurs concernant le deuxième, Tabou (qui n'avait été jusque là projeté qu'en festival(s)) si elle m'avait incité à faire l'effort de le voir (on m'en avait donné très envie) -vu mon peu d'enthousiasme pour le film en question (les deux films en un, à vrai dire)- m'avait refroidi quant à l'éventuel arrondissement des films de M.Gomez avec les angles de ma cinéphilie...
Et voilà (re-voilà) que ding ding dong et ding et ding et dong résonnent à nouveau à toute volée (pas du tout de bois vert, donc) les dithyrambiques extases critiques et cannoises, avec, d'ailleurs, un redoutable unisson : tout le monde dit avoir a-do-ré!, à propos de ce quand même  gros film (entre 6 et 7 heures) découpé en trois films-gigognes, sortant chacun à la fin d'un mois différent et successif de l'été 2015. Prudence, donc ? j'y suis, symboliquement, allé (à Besançon) pendant la fête du cinéma (qui coûte quand même désormais 4€ par film, hein ? où donc est le temps béni des années 80 et quelques où c'était gratuit...)

Une longue et bavarde préface pour entamer ce post, avant de vraiment entrer dans le film du sujet, exactement de la même manière que Miguel Gomes avec ses Mille et une nuits, dont on voit apparaître le film assez longtemps après le début du film (mais Apichatpongounet l'a fait, ne m'abuse-je ?). Ca commence avec, en voix-off, des ouvriers de chantiers navals qui évoquent la fermeture de ceux-ci. Il est aussi question de guêpes, de nids, de la façon de les éradiquer par le feu, et, donc, de pompiers, bien évidemment. Jusqu'à ce qu'il soit fait mention de Shéhérazade, et de sa technique de récit dans l'ouvrage qui a donné son titre au film mais qui -c'est précisé dès le générique- n'en est pas du tout une adaptation.
Suspens (tempête sous un crâne) : Allais-je donc ou non me mettre aussi à ding-ding-donguer ?

cloches

... et bien oui, plutôt. (si le oui n'est pas éclatant et en bronze massif, le film n'y est pour rien, ce sont mes yeux qui sont responsables, puisque j'ai hélas un peu piqué du nez, après avoir pourtant essayé de lutter de toutes les manières possibles.) J'aime beaucoup la façon dont M. Gomes s'y prend (et ne croyez pas que c'est parce qu'un des premiers chapitres s'intitule Histoire des hommes qui bandent, non, du tout). Il est vraiment très fort : il est question de chômage, d'appauvrissement, de dette(s), d'euros, de technocrates, et voilà qu'il se saisit énergiquement de cette pâte sociale a priori pas très ragoûtante (et plutôt indigeste) et se met à la pétrir avec une violente tendresse (ou une tendre violence, ça fonctionne aussi), à l'étirer à la trancher à la rouler à la débiter à la farcir à la rôtir bref à la façonner à la va comme je te pousse, à la faire sienne, en y ajoutant des trucs perso, possiblement disparates ou apparemment inadaptés (comme si lui venait l'envie de rajouter, au hasard... des dockers, du coq au vin, des morceaux de baleine, de la poudre de je-ne-sais-pas-quoi, dans les traditionnels et portugaisissimes  pasteis de nata pour voir ensuite qu'est-ce ça goûte. Et rectifier l'assaisonnement au cas où).
C'est du cinéma, du vrai cinéma, du cinéma politique, militant, polémique, mais aussi surtout du cinéma tout court. Et au long cours. Car Miguel Gomes a la bonne idée de mettre, au générique final, le contenu des deux chapitres suivants, et tous les sous-chapitres qu'ils contiennent, avec leur minutage précis. De quoi nous donner envie. Du cinéma qui se lit, qui se feuillette (on y revient, aux petits gâteaux portugais...) qui se dévoile, qui s'épanche, qui se donne la parole, qui s'interroge et tente aussi de se répondre. Du cinéma aussi social que fantasmagorique.

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lundi 6 juillet 2015

eurocks 2015.3

Et en route pour le dernier jour déjà...
Le programme n'est pas alléchantissime (je n'ai jamais été un grand fan ni de Police ni de Sting en solo, et c'est "ze" tête d'affiche choisie pour clore cette édition 2015) mais bon il y a des noms qu'on ne connaît pas (c'est Manue qui a fait la programmation...) et on est prêts pour des découvertes...
On part à 18h et quelques, j'ai même refait un petit mix spécial pour ce dernier trajet...
Quand on arrive au village, il y a déjà beaucoup plus de voitures que  pour les deux jours d'avant, "notre" place est prise, on se prépare à aller se garer à des centaines de kilomètres, quand une gentille vieille dame, sur le pas de sa porte, nous fait signe qu'on peut se garer devant chez elle (il y a juste une "place de twingouille"), merci la dame!
On rentre sur le site comme dans du beurre, le plus chaud est passé, c'est parfait. On commence avec le début du set de EAGLES OF DEATH METAL, juste le début parce que c'est très vite lassant (et presque caricatural : le chanteur tatoué parle entre les chansons wok'n woll autant qu'il chante), on file donc vers la Loggia pour GRAND BLANC, étiqueté new wave sur la plaquette. Quatre jeunes messins, pour un concert superbe (dommage qu'on ait raté le début, donc). Incontestablement "la" découverte de cette édition. ils finissent leur set sur un intense Samedi la nuit, les deux (jeunes) guitaristes torse poil, et le public qui danse, conquis. Nous aussi (conquis, mais sans danser). On devrait les retrouver très vite, ces jeunots...
On n'a ensuite qu'à se déplacer de quelques mètres pour le concert de DIE ANTWOORD sur la grande scène. Beaucoup de moyens pour un show intriguant au début mais un peu lassant assez vite (les voix, surtout). Bien, mais pas assez sans doute (on voudrait toujours "mieux") on redescend donc au bout d'un certain temps, direction la Plage où manue veut retrouver sa copine Isabelle et son mari Jérôme qui sont là pour la journée en VIP. On entend un bout de ALABAMA SHAKES dont je n'ai plus aucun souvenir sauf qu'en arrivant j'ai dit "je n'aime pas du tout" et Manue a répondu "moi non plus".
On file vers JAMES BLAKE en faisant un crochet par le stand mojito (dans un joli verre Revolucion) qui m'achève un peu, et pizza (en forme de sandwich) qui me permet d'en atténuer un peu les effets. On s'installe à la Green Room, et je suis allongé quand je vois soudain penchée au-dessus de moi la tête de... Loulou (le hasard fait bien les choses lol) qui passait par là avec son Fred. On discute un peu, avant et pendant le début du concert, que nous trouvons tous plutôt mou... peut-être serait-il temps d'aller s'installer pour Sting ? Manue retrouve enfin Isabelle et Jérôme près du stand Heineken, et nous y montons. tiens, des petites gouttes! Et des éclairs de chaleur! Manue l'avait bien prédit, quand le ciel est jaune c'est signe d'orage... il pleuvine un peu, mais à peine, pas longtemps.
Beaucoup beaucoup de monde a déjà eu la même idée. Nous entendons la fin -interminable- du concert de ELECTRIC WIZARD, du gros métal qui tâche, et qui n'en finit d'ailleurs plus, au sens strict puisqu'ils dépassent leur durée de 6', et que, à la seconde près où ils terminent commence le show de STING, un Sting méconnaissable avec une grosse barbasse de baroudeur, et qui fait plus un concert de Police tout seul qu'un de Sting.
Tiens il pleut encore! C'est plutôt agréable cette averse orageuse et ça rafraîchit tout le monde. J'ai la fatigue des trois jours dans les pattes, mais impossible de s'asseoir, donc assez rapidement je m'emmerde (il ya des grandes envolées de piano jazzy), et je quitte les lieux pour aller m'asseoir à l'accueil des handicapés, où un des bancs s'est justement libéré. je regarde les gens redescendre progressivement, et je suis enfin rejoint par Manue et ses copains, qui sont partis au bout d'une heure de concert (de là où j'étais, finalement, j'entendais très bien, et ça m'a suffi). Dans une demi-heure, tout va se terminer, on repart, en passant devant le show de FLUME dont je trouve très beau le peu que j'entend... En repartant on fait une pause pour écouter Every breath you take de Stingounet, avec les couleurs sur l'eau, et tout, c'est un moment très joliet.
Un dernier arrêt au stand café/croissant du village, et on retrouve la twingouille d'amour vroum vroum direction Vesoul. La pluie qui est tombée a juste à peine rafraîchi.
On se redit que, l'année prochaine, trois jours, non non c'est trop, un seul peut-être, mais il faudrait que la programmation soit top. on verra bien , hein...

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le virage dans le village

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une dans chaque main

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sur le site

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le jeune homme au joli tattoo

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vu d'en haut

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Grand Blanc

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die Antwoord

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die Antwoord

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Manue a la playa

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Loulou & Manue

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Sting avec la barba

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dimanche 5 juillet 2015

eurocks 2015.2

Le deuxième jour, on avait décidé de partir un peu plus tôt (16h au lieu de 18h) pour profiter un peu plus, et parce Manue souhaitait voir IBEYI (Afro soul) et sue je souhaitais profiter de la lumière un peu plus longtemps sur ces torses jeunes et jolis. etait-ce vraiment une bonne idée ? Il faisait très chaud, trop chaud, encore plus chaud qu'hier, et l'idée de prendre tout de suite une grande bière très fraîche (et d'aller s'asseoir sur un banc à l'ombre pas très loin de la plage) n'en était pas forcément une très bonne : ça m'a coupé les pattes, et je suis donc resté écroulé pendant un bon moment avant que Manue, qui était allée vaquer à ses petites occupations (gagner un chapeau rose pour sa fille, aller mater deux ou trois concerts) ne vienne me récupérer à l'endroit pile où elle m'avait posé une heure avant...
On est allé grignoter au stand franc-comtois, (où, m'avait-elle affirmé il y avait de l'ombre et pas un chat) d'on on a entendu un peu de SEASICK STEVE, suffisamment pour ne pas me donner davantage l'envie d'y aller.
Alors qu'on s'est déplacé jusqu'au point de rencontre où on s'est assis en réfléchissant à la suite, nous sommes abordés par trois suisses joviaux mais bourrés (dont l'un me lèche les pieds, oui, oui) qui tiennent absolument à me trouver des pucelles, offre que je décline poliment.
Je souhaite aller m'installer pour voir ETIENNE DAHO très tôt, et nous y voilà donc. Très devant. On profite du brumisateur géant des pompiers, puis d'un groupe japonais qui passe à La Loggia, THE BAWDIES, et qui joue très fort. Juste avant le début du concert de DAHO on est rejoint par Loulou, diadème de princesse et ballon rose à la main, qui est avec plein d'amis, (ceux qu'elle souhaitait me présenter hier soir).Elle repassera quelques chansons plus tard, quittant le concert pour rejoindre ses autres amis. Très joli concert, très pro, très propre (même si souvent la voix est mal mixée et passe mal mais je m'en fiche parce que je connais les paroles!) très pop. Le public est un peu plus agé et beaucoup moins serré (et sautillant) que dans les autres concerts. Il y a beaucoup de vieux (et vieilles) fans. C'est le concert du DiskoNoir tour, ouvrant majestueusement sur Pop Satori et se refermant sur un très énergique Bleu comme toi. Je suis aux anges.
Après les choses se gâtent un peu. On espérait voir un peu de CHRISTINE AND THE QUEENS avant de remonter pour MAJOR LAZER. on descend donc mais c'est blindé, impossible d'approcher, on ne voit rien, on voit juste un peu sur un des écrans mais ça à l'air un peu fragile. Donc on remonte pour s'installer pour MAJOR LAZER qui semble être l'attraction unanime de tous ces jeunes torse-nu et plus ou moins alcoolisés (et envapés). D'abord assis, puis obligé de se lever car il arrive du monde, du monde, de plus en plus de monde, tellement de monde, et oui, oui, nos jeunes voisins nous confirment que tout ce monde va sauter.Compte à rebours, le spectacle est lancé et oui, tout le monde saute et bouge les bras, et après un échange de regards avec Manue, on fend latéralement la foule pour en sortir. La techno, c'est pas notre truc.
A partir de là, tout va aller de mal en pis : on envisageait d'attendre THE CHEMICAL BROTHERS, et on descend à la plage pour y attendre, avant le set de THE SHOES. C'est très fort, trop fort, mais Manue m'a filé des bouchons d'oreille. On réussit à somnoler un peu (moi allongé elle assise!) mais quand THE SHOES démarrent c'est encore PLUS FORT! On lève le camp pour aller éventuellement jeter une oreille à FOXYGEN. Arghhh! J'ai pourtant les bouchons, mais ça me paraît fort. En effet, quand je les ôte c'est ENCORE ENCORE PLUS FORT, à tel point que c'en est insupportable. De dépit, on décide de lever le camp sur le champ, bye-bye tant pis pour les Chemical B.
Et on s'en va, un peu déçus tout de même, en se disant que, les 3 jours, c'est trop, c'est plus de nos âges, et que l'an prochain on viendra un jour, ou (moi) peut-être même zéro jour... mais c'est peut-être à cause de la chaleur...
En repartant, c'est Manue qui conduit. trois contrôles alcootests successifs, mais elle réussit à  souffler zéro fois. yesss!

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arrivage...

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observatoire

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nous deux

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oui, chaud...

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sous le brumisateur géant des pompiers

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pogoteurs roses

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ED red

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le jeune homme cambré

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ED bleu comme toi

 

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samedi 4 juillet 2015

eurocks 2015.1

Ben voui...
Malgré la programmation moyennement alléchante, les températures franchement inquiétantes, on y est tout de même retourné, avec Manue comme d'hab... On est parti à 18h, dans la Twingouille (donc sans clim' mais toutes vitres ouvertes) on a suivi l'itinéraire de l'an dernier (celui qui ne mène pas au grand parking qui est encore à des kilomètres du site) et on a même eu la chance de retrouver exactement la même place de parking que l'année dernière! Beaucoup de monde qui marchait avec nous sur la route (puisqu'on passe devant la gare où s'arrête la navette qui va à (et vient de) Belfort, et je me sens déjà léger, béat, parce que c'est le rituel du début des vacances, parce qu'il ne fait pas trop chaud (le soleil est presqu'un peu caché) et surtout parce que nous cheminons au milieu d'un cheptel ... émouvant de jeunes gens torse nu (température oblige), en short, avec la ceinture du caleçon qui dépasse bien sûr, nonchalants, joyeux, insouciants, estivants... Dos, torses, épaules. Appétissants. Je me retiens de sortir l'appareil-photo jusqu'à ce qu'on ait franchi (plutôt rapidement d'ailleurs) les contrôles, plutôt bon enfant il faut le dire.
Ca y est, on est sur le site, on retrouve nos marques, les scènes, les stands, où aller pour récupérer un programme, où aller pour avoir ces jolis chapeaux roses offerts par le bon sens près de chez vous, où aller boire un coup, et où aller écouter un truc , le premier truc, de cette première journée.
Je suis ravi, où que je regarde il y a de jolies choses à regarder, ça fait rigoler Manue qui me surveille tout de même du coin de l'oeil, craingant que je risque une surchauffe (ou indigestion) oculaire. On se souvient en rigolant que l'an dernier au même moment on rigolait moins avec nos capes de pluie et les trombes d'eau. Là c'est sec sec sec... et tout le monde donc a l'air d'avoir cho cho cho (ce qui n'est pas pour me déplaire, clic clic bruit de déclencheur d'appareil photo.)
On a vu le début de BLACK LABEL SOCIETY (des vrais métalleux qui jouent trèèès trèèèès fort (mouais), puis on est descendu à La plage pour écouter un bout de SET ET MATCH (du hip-hop très hip-hop), avant de remonter pour s'installer tout au fond sur les bancs (enfin, moi, puisque Manue préfère rester debout) pour le concert de BEN HARPER (qui je l'avoue me laissera un peu de glace.)  J'en profite pour discuter avec le délicieux jeune homme torse nu installé à côté de moi, aux pectoraux velus appétissants comme des boules de glace, qui, lui, fait le tour de plusieurs festivals avec sa douce et en camping-car, et est venu ici surtout pour Ben Harper (on ne sera donc pas si copains que ça, finalement.)
J'essaye de retrouver Loulou par sms interposés mais ça ne fonctionne pas.
On redescend donc un peu pour aller voir un peu d'electro mais finalement on remonte pour s'installer pour SKIP THE USE. Au bout de quelques morceaux avec leurs premiers invités (SHAKA PONK donc) je dis à Manue que ça ne m'enthousiasme que très moyennement. Elle est du même avis, et donc nous redescendons pour nous installer, très à l'avance, pour le concert de THE DØ.
Qui sera sans conteste le meilleur concert de la journée.
On décide de ne pas rester pour le dernier concert, celui de BORIS BREJCHA, de l'électro, dont on entend donc le début tout en repartant, et je trouve ça plutôt très bien, voire très très bien.
Et on marche on marche, et on retrouve la voiture (je conduis) et on arrive à Vesoul vers 3h30. Manue repart à Authoison. Bonne nuit et à demain!

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mercredi 1 juillet 2015

premier juillet

"Aujourd’hui Premier Juillet, la Terre a trois milliards d’habitants. Personne n’a été capable d’écrire ce simple télégramme : Je t’aime. Puis-je venir ? Signé Gaston. Aujourd’hui, les femmes ont rêvé qu’elles faisaient l’amour avec leur père, des bonnes ont quitté les familles bourgeoises l’injure à la bouche, les testicules des hommes ont remonté et ils les ont attachés avec des bouts de laine torsadés, des petites filles de l’âge de pierre ont chanté dans les trains des mélopées sauvages ignorées de leurs mères. La réponse à tous les télégrammes envoyés par les gens a été : Reste où tu es. Quant à moi, je ne suis pas morte au Soudan. De temps en temps le téléphone crie et il faut lui donner à boire. La radio, elle, a commencé à diffuser des vieilles rengaines. En Italie il y a des chemises grises. Ici, on a beaucoup reparlé de la chaude-pisse des Algériens c’est le signe qu’une chose grave va se passer mais très loin, là, dans la rue, près de cette table, là. Les CRS se massent partout comme des buissons de mûres. Premier Juillet, l’essence est au pouvoir. Ça va sauter d’une seconde à l’autre. Les chauffeurs de taxi répandent partout le bruit que la peur n’évite pas le danger. Les roses remettent ça, le foin remet ça, les abeilles remettent ça. Les chats se frottent contre les gens et on ne manque pas de faire observer une fois de plus combien ils sont égoïstes. Les chiens, plus serviles que jamais, sont partout cités en exemple."
Brigitte Fontaine

 

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lundi 29 juin 2015

sombre dimanche

Istanbul (AFP) - La police anti-émeutes turque a violemment réprimé dimanche une Gay Pride, lançant des gaz lacrymogènes et utilisant des canons à eau pour disperser des milliers de manifestants rassemblés pacifiquement dans le centre d'Istanbul.
Lorsque des manifestants portant des drapeaux d'arc-en-ciel ont scandé des slogans dénonçant "le fascisme" du régime du président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan, la police, présente en nombre à l'entrée de la grande artère piétonne d'Istiklal, a chargé en force la foule, utilisant par endroits des balles en caoutchouc.
Avant le lancement de la marche, de nombreux policiers en tenue ont fermé l'accès à la place Taksim, sur laquelle s'ouvre la rue d'Istiklal, centre de la contestation contre le régime islamo-conservateur de l'été 2013.
Depuis, tout rassemblement est interdit sur la place et ses abords.
(...)
Pourtant cette marche devait constituer la 13è édition de la marche des fiertés homosexuelles pour soutenir les droits des LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) qui s'étaient dans le passé déroulées sans incidents graves en Turquie, où l'homophobie reste répandue, surtout dans les zones rurales.
"Nous voulions simplement marcher. Cela fait des années que nous marchons ici en paix. nous n'avons ni pierre ni arme, nous voulons juste marcher", a expliqué, très incrédule, à l'AFP, Can, un jeune militant LGBT.
(...)
"Attaquer des gens qui défilent pour soutenir l'amour n'a pas de place dans la démocratie. C'est tout simplement une honte", a lancé sur son compte Twitter Erdem Yener, un comédien connu de Turquie.

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