samedi 27 juin 2015

couleurs de trémières

DSC04063

DSC04064

DSC04065

DSC04066

DSC04067

DSC04061

DSC04062

Posté par chori à 23:26 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

vendredi 26 juin 2015

zéro deux

Découvert  ça hier :

0-2-gl-de-sang_large

et, (paradoxalement ?) je trouve ça plutôt bien (dans la forme et dans le fond)

Posté par chori à 10:58 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
jeudi 25 juin 2015

p(l)an-p(l)an

LA RESISTANCE DE L'AIR
de Fred Grivois

Mardi, 18h15, bôô cinéma, salle 10 : j'étais tout seul pour la séance. Je venais pour Reda Kateb, bien sûr, annoncé comme tireur par le synopsis et énoncé comme victime par l'affiche (pas très belle d'ailleurs). Un mélange 30 % polar 30% portrait d'un personnage et 30 % chronique d'un couple (auquel on ne croit pas tout à fait, parce qu'on en voit surtout les acteurs, comme pour Guillaume Canet et Leila Bekthi dans La belle vie), et, par le fait 10% restants d'autre chose (la scène finale, par exemple). Un film moyen, pas plus honteux que la majorité des polars en circulation, mais auquel il manque la petite étincelle de génie qui le ferait crépiter et pétarader comme un feu d'artifice du 14 juillet. Un film un peu morne, un peu éteint, un peu grisâtre (le sentiment de manquer de lumière comme on manquerait d'air). Un peu atone. Un film où l'on a le sentiment que les personnages agissent parfois un peu incongrûment mais où tout se déroule plutôt prévisiblement. Reda Kateb y est, une fois de plus superbe (il est très fort, justement, pour jouer l'atonie, l'insignifiance apparente) en mec simple et grisâtre comme vous et moi (surtout moi hihi) avec ses petites lunettes et sa petite moustache , et des accès de violence aussi rares que remarqués. Et un sourire qui illumine tout (la très très jolie scène ou Johan Heldenberg lui apprend à être acteur et à jouer "cet argent, c'est tout ce qui me reste de mon père...").
Ah oui, le père en question est joué par Tchéky Kario, impressionnant en vieillard atrabilaire  libidineux et énurétique (tout pour plaire), tandis Pascal Demolon demolonise comme il faut dans le rôle de l'entraîneur JP, et que Ludivine Sagnier (qui, enfin, finit par être adulte) est hélas un peu sous-employée par un scénar qui la met un peu à l'écart. J'aime bien le grand belge, Johan Helderberg, dont j'ai déjà parlé plus haut, même si son personnage évolue, lui aussi, de façon prévisible (sauf qu'il disparaît du film de façon assez presdigitatoire). Et reste cette (drôle de) scène finale, acmé de l'atonie, qui aurait même pu durer deux fois plus longtemps, où on se plait à jouer à "devine un peu ce qui se passe dans la tête de chacun des personnages"... Idéal pour quitter le film en douceur (ou avec énervement, ça dépendra des gens).
(Vu le sujet, j'aurais du conclure avec une fine plaisanterie à propos du film, utilisant "faire mouche" et/ou "rater sa cible", mais à quoi bon...)

292176
(c'est drôle comme elle hausse le sourcil, non ?)

Posté par chori à 10:41 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
mercredi 24 juin 2015

opium pour homme

IL ETAIT UNE FOIS EN AMERIQUE
de Sergio Leone

Non seulement c'était l'été mais voilà qu'on fêtait le solstice avec un événement de taille : la projection, dans le bôô cinéma, de la version "intégrale" (4h11, tout de même, mazette!) de ce dernier volet de la trilogie dite des "Il était une fois..." de Sergio Leone. Et la salle était plus que correctement remplie (une trentaine de personnes, re-mazette!). Je ne faisais pas trop le malin, puisque je n'avais encore jamais vu aucun film de lui (et je venais, au départ, surtout en militant, par crainte d'une salle vide ou presque) et surtout que j'en appréhendais un peu non la longueur (j'ai toujours de l'attirance pour les films à la durée "hors-norme") mais la violence (oui, c'est mon côté chochoton), d'autant plus que le copié-collé de critiques (pour la prog) m'avait appris que, notamment, y figuraient deux viols, genre de scènes (scènes de genre) qui me sont particulièrement insupportables.
Le film commence très sobrement, générique en blanc sur fond noir, sans musique, puis on a droit assez vite à un premier meurtre celui d'une femme, au revolver, par plusieurs individus patibulaires, qui cherchent "quelqu'un", suivi d'une scène de tabassage aussi violente que saignante (un gros homme au visage en sang attaché à un punching-ball est martyrisé par les mêmes individus patibulaires, qui cherchent le même quelqu'un, et vont finir par obtenir une réponse : "il" est chez un Chinois.
"Il" c'est Noodles, interprété par un magnifique De Niro (celui d'il y a trente ans, déjà), allongé en train de fumer de l'opium. Ambiance très Lotus bleu, décor et départ d'une scène anthologique, qui m'a fait immédiatement penser que j'étais devant un "grand film" : avec l'accompagnement répétitif et obsédant d'une sonnerie de téléphone, le réalisateur va mettre en place la structure temporelle complexe de son histoire, (celle de Noodles et de ses quatre (puis, assez vite, trois) amis), depuis l'enfance jusqu'à la vieillesse, empilant et alternant alors, magistralement et sans effort pas moins de quatre strates temporelles (celle où il fume de l'opium, celle où il va chercher la valise à la consigne, celle où il va au cimetière, celle où il épie en cachette la demoiselle qui danse). (La chronologie du film, d'ailleurs, sucita, à la fin, quelques discussions sur les édifférentes époques, et, de ma part le questionnement sur le fait qu'il se termine exactement au même point temporel : dans la fumerie d'opium. pourquoi donc revenir au passé après être allé loin dans le futur, et tout aussi loin dans l'autre sens ?)
Et hop, on est happé, capturé, fasciné, et on n'en sortira pas (de cet état de sidération) pendant le plus de quatre heures que dure le film. Cette version est dite "intégrale" car y ont été intégrées 20 minutes supplémentaires retrouvées (en pas très bon état semble-t-il) dans les studios de Leone. (j'ai lu un peu sur le ouaibe l'histoire de ce film à durée très variable lors de ses sorties (et charcutages) successives (je devrais écrire "successifs" mais ça ferait trop bizarre).
Les mômes (on devrait dire "voyous" ou "mauvais garçons") du début vont grandir et devenir les gansters du milieu (du film), on suivra leur ascension en sachant, presque depuis le début, combien elle finira mal pour certains d'entre eux. Grandeur et décadence, etc.
C'est toujours Noodles ("nouilles", quand même...) qui le centre, l'épicentre de cette épopée. Celui qui a survécu, celui qui revient, celui qui cherche à comprendre qui l'a trompé, celui qui culpabilise, celui qui se souvient, celui qui regrette, celui qui tient bon... Leone est grand et De Niro est son prophète, pour parler bibliquement (et on ne serait pas si loin, finalement des Dix commandements, non ? Autant par la démesure technique cecilbdemillesque que par l'histoire racontée, d'ailleurs...) Le film est demesuré, (même si l'histoire en est, paradoxalement, assez simple, une fois que tout a été remis dans l'ordre) mais extrêmement virtuose dans sa construction (les passages d'une époque à une autre sont fascinants) et vous laisse dans votre fauteuil, aussi groggy qu'admiratif, tandis que morriconise le générique final.
De quoi me donner envie de voir, déjà, les deux autres films de cette trilogie...

436989Moyenne

Posté par chori à 09:48 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
mardi 23 juin 2015

voilà l'été voilà l'été...

DSC02758

DSC02698

DSC02997

DSC03064

DSC02856

 

Posté par chori à 09:18 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

la promotion

(bout de rêve)

Nous sommes un certains nombre à avoir été "choisis" : nous allons, chacun à notre tour être reçus par le Général de Gaulle (et Mme de gaulle, Yvonne, dont j'apprend incidemment, à l'occasion, qu'elle n'est pas sa femme mais sa soeur). Nous sommes tous dans une grande pièce, attendant notre tour.  Je ne comprend pas trop ce qui se passe, d'autant que je n'y suis pour rien : j'ai avec moi mon "parrain", celui qui a tout supervisé, tout préparé (il tient une série de lettres que je suis censé avoir écrites). Mon tour va bientôt venir, on se lève et on se rapproche (quand c'est son tour chacun se lève et passe dans la pièce d'à côté, dont les portes sont grandes ouvertes (et qui m'évoque plutôt un studio de photographe) pour y être reçu seul par le général (d'ailleurs, ne va-t-il pas faire une photo de chacun ?).
Mon tour vient, je suis plutôt intimidé, avec mon "parrain", nous sommes face à Mme de Gaulle, il lui tend les lettres (que j'ai peut-être finalement écrites moi-même, mais pas comme il faut, pas en suivant le protocole, puisqu'en les transmettant, il escamote un feuillet qui visiblement ne convient pas.) en minaudant (comme on est censé le faire face à un personnage important de la République ?), en ergotant sur le mot "pèlerinage" qui a été utilisé à tort. (Mme de Gaulle ressemble à Clothilde Mollet dans Le journal d'une femme de chambre) J'essaie finalement de prendre part à leur dialogue en expliquant, faux-cul, combien ce terme est effectivement choisi, je m'en dépatouille laborieusement, tandis qu'elle semble m'écouter avec une apparente politesse bienveillante.
Derrière moi j'entend quelqu'un dire que le Général, lui, n'a pas prononcé un mot lors de leur entrevue. (D'ailleurs, c'est comme dans un film historique qui parlerait de Gaulle sans jamais le montrer, on ne le verra à aucun moment.) Et que tous ne vont pas, finalement, passer auprès de lui
D'ailleurs, il semble que mon tour soit passé (les choses s'accélèrent) et que quelqu'un d'autre soit appelé : je ne serai donc pas reçu dans la pièce à côté, et j'en éprouve un certain soulagement (J'avais avec moi un costume militaire que je devais mettre pour la rencontre, qui était censé être le mien, mais que je n'avais même pas essayé avant, j'avais d'ailleurs peur qu'il ne soit pas à ma taille : vraiment, tout ce protocole c'est du pipeau).
La cérémonie est terminée, les gens repartent, et deux mecs reviennent vers moi en me disant de m'occuper du "nouveau" : c'est un jeune homme qui a eu le bac (ou qui a été reçu) à 20 ans. c'est le dernier qui est passé dans la pièce d'à côté auprès du Général. Je dois l'accompagner sur le chemin du retour. Je ne sais pas trop comment me comporter avec lui lorsque je réalise qu'il y a au-dessus de moi, sur le côté, une perche-son avec un micro, et que nous sommes donc filmés pour la télévision (les actualités régionales ?), j'essaie de lui faire la conversation avec un air naturel, mais tout ce que je dis sonne très faux. Je ne sais pas si je dois le prendre par la main (c'est un enfant) d'autant plus qu'il me semble devenir encore plus petit : il est question de sa chemise qui fait un pli et remonte au-dessus de son cou, je suis obligé de m'agenouiller pour l'aider à se rhabiller, il s'agit même d'un nain plutôt que d'un enfant, qui porte un genre de costume de cow-boy comme en trompe-l'oeil, dont tout le dessus, chemise, et gilet est en réalité cousu d'une pièce, et un peu cartonneux, et est donc plutôt difficile à remettre en place.
Je lui propose d'aller voir (?), un dessinateur de bd qu'il aime beaucoup, et qui justement est là (nous passons devant un autre bâtiment où se déroule cette rencontre, la porte en est ouverte et on aperçoit beaucoup de gens, une foule dense, qui sont tous tournés vers la gauche, mais, lorsqu'on pénètre dans la pièce, on réalise que le fameux dessinateur de bd (un petit gros, lui aussi, avec un genre de chignon de samouraï) est, au contraire, sur la droite, sur une scène où ont été installées plein de petites tables auxquelles sont assis des enfants en train de dessiner (c'est un genre de master class ?), je demande donc à celui que j'accompagne s'il veut lui aussi y participer...

les de gaulle

Posté par chori à 06:40 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
dimanche 21 juin 2015

à paris 2 (les affiches)

45130149343421032376_20130827141858909510436488262366521437636561530290782215308296041236881 149352 116336 198012435082421613

la plupart des films ont une affiche, certains en ont deux (ou plus) avec le même titre ou pas...

 

Posté par chori à 17:36 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
samedi 20 juin 2015

à paris...

lundi 15

arrivé à midi
Alissa a fait une tarte poireaux jambons sans gluten délicieuse

après je pars au cinéma :
CASA GRANDE
de Felipe Barbosa
****

Une solide chronique sociale brésilienne (masters and servants) doublée d'une chronique familiale (où dès qu'on devient un peu moins riche, les choses vont beaucoup moins bien), centrée autour d'un personnage d'ado pas du tout représentatif  des "héros" brésiliens "habituels" (il est pâlichon et plutôt grassouillet, ce qui le rend d'autant plus attachant). Moins esthétique que Les bruits de Recife, mais tout aussi revendicatif.

suivi de
FORT BUCHANAN
de Benjamin Crotty
***

... Un film, euh... juste improbable ? Des hommes et des femmes attendent leurs maris soldats en mission à Djibouti... Ca parle beaucoup (chiffons, parties intimes, jalousie et moyens de se consoler en l'absence des époux). Entre Le désert des tartares version pâmoison et La semaine de Suzette numéro spécial treillis. Puis on part à Djibouti rejoindre les  époux, et tout ne se passe pas forcément bien... Aussi fascinant qu'agaçant (une seule copie, semble-t-il, tout du moins sur Paris) un film flottantpeut-être pas tout à fait à la hauteur de ses ambitions.

, (tous les deux au Luminor)

mardi 16 :

FIN DE PARTIE (UGC Les Halles)
de Tal Granit et Sharon Maymon
***

Une comédie noire, juive, troisième âge et hospitalière soins palliatifs et Alzheimer - ce nom ne sera d'ailleurs jamais prononcé dans le film - cela faisait tout de même une certaine accumulation de motifs de rejet... c'est effectivement très drôle et très noir au début, et puis les rires s'amenuisent ("Jusqu'à quel point peut-on encore en rire ?" il semble que les spectateurs avaient des "limites" différentes). Très bien pour commencer ce séjour. (j'aime les comédies noires juives et troisième-âge...)


MANOS SUCIAS (UGC Les Halles)
de Jozef Wladyka
***

Un film colombien au fil de l'eau, avec trois hommes dans un bateau (dont deux frères colombiens et noirs) chargés de convoyer une torpille remplie de drogue. Rien ne se passera, bien entendu, comme prévu. Ambiance virile et plutôt testostéronée (on y apprend notamment à danser le choque, qui consiste, pour le monsieur, à frotter son devant contre le derrière de la dame...), on y tue pas mal, de différentes façons, et c'est plus que plaisant à regarder (jeunes gens torse nu, ça n'est pas de ma faute...)...

LE SOUFFLE (MK2 Beaubourg)
d'Alezander Kott
****

Je ne l'avais pas prévu, mais j'ai vraiment bien fait d'y aller. Un film russe facile à exporter, parce que complètement muet (et donc sans sous-titres) et aussi magnifiquement filmé. Un père, sa fille, leur maison et leur camion, au milieu de la steppe. Deux prétendants d'ethnies différentes qui jouent au combat de cerfs, puis des militaires, des compteurs-geiger, et, in fine, l'explication du titre... Un film beau comme tout, dans la veine documentaire/poétique/romancée du cinéma kazakho-géorgien (la veine Oshashvili, ma préférée...)

LA BELLE PROMISE (MK2 Beaubourg)
de Suha Arnaf
***

Un autre israélien, un film de femme(s), presque une relecture yiddish de Cendrillon (la belle jeune fille dans la maison de la marâtre et de ses deux soeurs.) On tente de l'éduquer, de lui donner des manières, avant d'essayer de la refourguer lors de plusieurs mariages arrangés. Atmosphère étouffante (à l'intérieur) et compassée (à l'extérieur) car ces dames font partie du dernier bastion des bons catholiques friqués de la ville... Dominique m'avait prévenu qu'il valait mieux y aller un jour où on était de très bonne humeur. En effet.

(avec passages Canopée, puis à midi pause à St Michel pour le traditionnel sandwich basque en terrasse -en plus j'ai deux peintres alternativement sur leur échelle à à peine 1m de mes yeux, mais je réussis à ne pas sortir mon appareil-photo- je me perds ensuite en cherchant la rue Daubenton (et le métro Censier-Daubenton) et le cinéma La Clé, pour réaliser en y arrivant enfin que ce n'était pas du tout le film que je voulais voir (je me suis mélangé dns les titres et les résumés) et je repars donc voir si j'ai encore le temps et la possiblité de faire quelques photos aux halles - bien m'en a pris, 16h c'est une très bonne heure...-) et du coup je finis au MK2 Beaubourg

mercredi 17 :

une journée "tout UGC" (à part une pointe sur le coup de 13h jusqu'à la boulangerie du Marais où il y a des très bons sandwichs (et des jolis vendeurs, qui changent souvent)

VALLEY OF LOVE
de Guillaume Nicloux
*****

Celui-là je l'attendais espérément (encore plus fort que désespé) et j'y ai donc couru dès la séance de 9h (ce qui m'a rapporté le pressbook qui y était distribué). La bande-annonce m'avait donné très envie (la très belle musique y est de Charles Ives). Si, comme espéré Huppert y est Huppertissime, Depardieu, lui, est gigantesque. dans tous les sens. Autant elle joue peut-être un peu sur (ou : surjoue, déjoue, vous suivez ?) autant lui impressionne d'autant plus qu'il se cantonne dans un registre infra, ou quasi.. Isabelle, Gérard, le désert, le fils mort. Les lettres, l'amour... J'y ai pleuré à plusieurs reprises. J'y retournerai. Top 10, sans doute.


MUSTANG
de Deniz Ganze Ergüven
****

C'était le jour des sorties, et, dans l'ordre, ce film-là était le deuxième. Des jeunes filles turques subissent d'abord, puis tentent de se rebeller contre, l'oppression "habituelle" des femmes dans les civilisations moyen-orientales. Frangines sequestrées dans leur maison, comme une version turkish de Virgin suicides, (même si, finalement, il n'y en a pas tant que ça, des suicides, si tant est qu'être mariée de force à un homme qu'on ne connaît pas n'en soit pas un...) parce qu'elles se sont "frottées contre la nuque des garçon", ensevelies sous le poids des traditions  (promulguées par les hommes et entretenues par les vieilles) et cherchant, littéralement, à s'en sortir. C'est la plus jeune des soeurs qui est la narratrice (et il faut redire combien elles sont toutes mimi).

L'ECHAPPEE BELLE
d'Emilie Cherpitel
***

Celui-là c'est la bande-annonce, vue la veille, qui m'a tenté, où Clothilde Hesme, en couleurs et à cheveux courts, donne la réplique à un gamin, Léon (avec une bonne bouille et un belle justesse), qui s'est sauvé une fois de plus de l'orphelinat, et vient chercher refuge auptès d'elle. Un film léger et joli comme un papillon. (avec, en plus, une chanson de The National dans la BO...) J'ai un peu dormi au milieu et le générique final m'a appris que j'avais (heureusement ?) loupé F. Beigbeder (...) Et, au générique de fin une très jolie jolie version de Bella ciao à deux voies (la demoiselle et l'enfant). Sans compter que Clothilde H. a vraiment des yeux admirables.


L'EVEIL D'EDOARDO
de Duccio Chiarini
****

L'autre excellente surprise du jour, un film rital délicieux, autour d'un ado qui, un été avec son pote, a désespérément envie de baiser et cherche donc à approcher des jeunes filles dans ce but. Dialogues crus (j'adore), et un problème qu'on n'aborde pas souvent dans ce genre de teen-movie ritalo-estival : le jeune homme souffre d'un phimosis, et hésite à se faire opérer... On y apprend, que, à l'italienne, faute de demoiselles disponibles, on peut se consoler en baisant avec... un poulpe (tout frais pêché)! Succès garanti en société. N'est-ce pas un peu trop pour public averti pour figurer dans notre prochaine semaine italienne ?

jeudi 18:

LA REVELATION D'ELA
de Äsli Ozge
***

... Qu'il est loin le temps où les films turcs diffusés en France ne parlaient de pauvres paysans  avec leurs chèvres ou de gamins dépenaillés, songeais-je devant ce très contemporain portrait d'un couple vivant dans un super appart de la mort design qui tue et tout, où elle est artiste contemporaine et lui architecte. Couple qui bat un peu de l'aile (ça commence par une scène de rapport conjugal assez chaude, avec un joli papa plein de poils et de barbe, et une maman avec des seins et des tatouages -sur les hanches- visibles) et ça ne va pas aller en s'améliorant, tout ça parce qu'elle a peut-être surpris un appel de son mari à une créature (on n'en sera jamais sûr).C'est bien mais c'est vraiment très froid. (Et le turc est vraiment une langue que j'adore entendre, à défaut de la comprendre)

LA BATAILLE DE LA MONTAGNE DU TIGRE
de Tsui Hark
***

Je n'avais jamais vu de film de Tsui Hark et celui-là passait justement dans la bonne salle et au bon moment, et donc, j'y suis allé... Il me semblait que cela avait un certain rapport avec la violence, sans que je sache vraiment à l'avance s'il s'agissait de film de sabre, de kung-fu ou de yakuza... Bon, violent, ça l'est, incontestablement, mais c'est aussi visiblement très très bien fait, le récit de cette "bataille" est inséré comme une vignette "en costumes" dans un film ultra-contemporain. La scène d'attaque du village, (où 30 gentils viennent à bout de 250 méchants sur 300) vire quand même presque un peu longuette, malgré le chiadage des effets spéciaux, les giclures de sang au ralenti, et autres graphicisations de la violence. Ca m'a quand même un peu saoulé, à la fin, et du coup (! c'est le cas de le dire) je ne suis rien allé voir d'autre, après. 

vendredi 19 :

Malou a prévenu qu'elle serait là à midi, avec du boudin du Perche (de Longny, médaille d'or, même!), je vais donc voir à 9h
LES CONTES ITALIENS
de Paolo et Vittorio Taviani
**

Quelle déception! Autant j'avais adoré leur précédent César doit mourir, autant cette adpatation du Décaméron de Boccace me semble pénible et interminable (le film fait 1h55, j'ai l'impression qu'il en dure 4!). Une stylisation moyen-âgeuse pour des récits pas très intéressants (peut-être celui de l'abbesse est-il à peine plus palpitant, juste sans doute, je me connais, parce qu'on y entrevoit deux messieurs tout nus) dans une mise en scène paresseuse et anecdotique (Qui aime bien...).

Puis retour à l'appart, je retrouve Malou et alissa, et nous dégustons ce sublime boudin avec des pommes.
Puis début d'après-midi scrabble (j'adore jouer au scrabble avec Malou) suivi d'une soirée scrabble (entre les deux je serai retourné à St michel et aux Halles pour tenter -désespérément- de trouver un petit cadeau pour Elizabeth, en vain)

samedi 20 :

Mon train partant à 13h, j'ai le temps d'aller voir un film à la séance de 9h. j'emmène Malou à l'UGC Les Halles pour (re)voir
VALLEY OF LOVE
de Guillaume Nicloux
*****
qui me bouleverse autant (peut-être même plus) qu'à la première vision. (j'ai entretemps commandé un disque de Charles Ives avec le morceau Question without answer, qui est le "thème" du film, et constitue une certaine part de l'émotion que celui-ci me provoque. j'adore le début, lorsqu'Huppert est filmée de dos un long moment, puis de face mais à contre-jour, puis dans un couloir sombre, et finalement derrière le double écran d'une fenêtre et de ses lunettes de soleil, qu'elle finit par enlever. La scène dans le canyon me submerge littéralement d'émotion. Et le plan final sur Huppert, immobile sur son banc comme une statue, aussi.

Posté par chori à 06:27 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
lundi 15 juin 2015

france-cu dans le cerisier

COMME UN AVION
de Bruno Podalydès

Un film parfait pour ce mercredi après-midi quasi-estival.
J'ai toujours tenu en estime Bruno Podalydès (et son frère Denis) et je l'ai plutôt  fidèlement suivi depuis Versailles Rive gauche, avec beaucoup plus de hauts (Dieu seul me voit, Liberté-Oléron, Adieu Berthe) que de bas (je me souviens d'avoir été plutôt déçu par Bancs publics). Je l'associe, depuis Versailles Rive gauche, justement, (peut-être à cause de la présence de Tintin et des dessins d'Hergé) à un aspect "ligne claire", un esprit BD, avec personnages précisément dessinés (j'avais écrit destinés), et parfaitement coloriés, dialogues aiguisés, situations plus ou moins loufoques, bref un univers pas très éloigné de celui de Joost Swarte, de par la précision des détails (l'apparent réalisme) et l'omniprésence de l'humour (parfois acide). Mais jamais méchamment.
Bruno Podalydès réalise, et se met en scène, au centre, et c'est très bien. Il s'entoure de charmante façon (Sandrine Kiberlain, lumineuse, Agnès Jaoui, divinement mûrie, Vimala Pons, toujours aussi mimi) mais n'oublie pas les habituels comparses (Michel Vuillermoz et Jean-Noël Brouté, sans oublier, accessoirement, le frangin, Denis Podalydès -j'ai repensé très fort au bureau de vote au début de Dieu seul me voit-). Un personnage attachant, déjà quadra, bientôt quinqua, un peu écarquillé entre  rêves aériens (St Exupéry, l'aéropostale) et vie terre-à-terre, et qui va choisir une voie intermédiaire, le fil de l'eau, en découvrant que kayak est un palindrome.
Oui nos rêves sont immenses et démesurés, nos aspirations sublimes, et souvent hélas leur concrétisation (le passage à l'acte) les fait rétrécir au lavage, façon mouchoir de poche (existe-t-il d'ailleurs, au fait, un autre genre de mouchoir ???), comme si réaliser son rêve ne revenait, en fait, qu'à le formater (à le compacter, à l'étriquer). Le début est plan-plan, attachant mais plan-plan, mais on est de bonne humeur, de bonne volonté, et on suit donc notre Bruno P. sans rechigner (la modélisation 3d, l'anniversaire, les réunions, les discussions conjugales, tout ce qui est "avant" le kayak, mais notre intérêt se structure au fur et à mesure au fur et à mesure que se construisent l'embarcation puis le projet (c'est quand même l'objet qui impulse l'aventure. C'est délicieux et attendrissant, ce dernier pique-nique, cette ultime siestounette (avec Sandrine K, quand même!) avant le grand saut dans l'inconnu aventurier, la mise à l'eau (et le fait, donc, de s'y jeter,  littéralement). Bruno Podalydès pagaie sur sa rivière, et on le suit, enchanté. Jusqu'où ira-t-il... (c'est comme quand, gamin, j'avais eu mon 103 peugeot, et que, après m'être lancé sur les petites routes pendant au moins un quart d'heure, j'avais le sentiment d'avoir fait des centaines de kilomètres et d'aborder ainsi des terre parfaitement ignorées du reste des mortels, des villages qui n'existaient pas avant, qui venaient -plop!- de se matérialiser sur la carte, jusque parce que je les avais atteints) il n'en sait rien mais il y va.
Car là c'est un peu pareil, il a fait au moins... quatre kilomètres, et le voilà qui s'espère tout à fait ailleurs, à des années-lumière de son quotidien habituel, oui, Cortez au moins voire Magellan, le voilà qui aborde des territoires inconnus, en posant le  pied dans un genre d'auberge champêtre et joyeuse, au bord de l'eau, au milieu d'autochtones -la jeune fille, les peintres-bricoleurs, la patronne) tout plus réjouis(sans) les un(e)s que les autres, dont il va faire la connaissance, ainsi que, très vite,  celle des rituels locaux, le plus habituel (et festif) étant la dégustation de l'absinthe (comme on boirait de l'eau -ou presque-, avec le décorum nécessaire (la fontaine, le sucre, la cuillère), et les effets attendus. Un changement de rythme, de point de vue, d'idéal, de destination. Auquel il tente d'abord -mollement- de résister avant de décider -enfin- de s'abandonner et de se s'avouer délicieusement vaincu.
"Quand on voyage..." il faut ménager sa monture, certes, mais soi-même bien plus. Voyage minuscule, certes, sieste, farniente, repos, inaction, voilà un film qui pourrait être l'illustration quasi-parfaite de la vacance, la mystérieuse vacance, ce graal existentiel auquel j'aspire, autour duquel je tourne  (et que je tente vainement de définir) depuis bientôt quarante ans...
Et Bruno Podalydès fait ça excellemment, magnifiquement. En tant que personnage et aussi en tant que réalisateur. Ce film est un vrai bonheur, de tendresse, de drôlerie, de "retrouvons le vrai goût des vraies choses" mais sans en faire des tonnes, sans aucune démagogie racoleuse ni militantisme lénifiant (il y a, sous le sucre qui fond dans la cuillère, la légère amertume d'un certain vague-à-l'âme quadragénaire et discrètement spleenesque) il s'inscrit sans sourciller dans une incontestable modernité (il y est tout de même question de géo-localisation...) tout en exaltant des valeurs intemporelles. Vous souvenez-vous comme , il y a longtemps, un certain Alexandre avait réussi à être bienheureux ? Le Michel de ce film-ci ne serait pas très loin d'en prendre le chemin...
Un film dans lequel on se sent à l'aise (déjà, un film qui réussit à vous faire rire sur toute la longueur, ça n'est pas si courant) un film où on a envie de revenir, un film dont a envie de tout se rappeler, un film qui vous met le sourire plus grand que derrière les oreilles, un film qui fait du bien, quoi, un vrai port d'attache, vous dis-je!
(En plus, on a droit à une très jolie version de Vénus de Bashung, au ukulélé. Rien que pour ça...)

203359

Posté par chori à 07:47 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
dimanche 14 juin 2015

fermé pour cause de fermeture

ce blog sera comme les volets, clos (ou peut-être entrouvert) du 15 au 20 juin, pour cause de séjour parisien (et de boulimie cinématographique)

IMGP3432

Posté par chori à 22:29 - - Commentaires [0] - Permalien [#]