dimanche 8 novembre 2015

un mouton attaché à un piquet

NI LE CIEL NI LA TERRE
de Clément Cogitore

Les films de bidasses, j'aime plutôt bien. Ca m'attire. La promiscuité virile, la fraternité virile, les injonctions viriles, les plaisanteries viriles, les engueulades viriles, ouais, tout ça est en général très mâle et testostéroné. Et, chose curieuse, donne lieu à deux genres très différents : d'abord les bourrinades ubermusclées basses de plafond, à ras du champ de tir,  pleines d'explosions et d'affrontement guerriers exaltant la flamme patriotique, avec des couilles grosses comme des genades dégoupillées -les Ricains sont très forts pour ça- (à côté desquelles on pourrait ranger les désuettes et insupportables pantalonnades  kaki qui fleurirent dans les années 70  genre Embraye bidasse ça fume, ou les Charlots Bidasses ou même toute la série des Septième compagnie) que j'aime dirons-nous avec extrême modération, et, à l'autre extrême, des oeuvres beaucoup plus ambitieuses, plus symboliques, plus ambiguës, où le treillis ne serait finalement qu'un camouflage, presque un prétexte et qu'elles, j'adore (Beau travail, Beaufort, Yossi & Jagger, Infiltration (on pourrait créer un sous dossier "fils de bidasses israéliens") Ordinary people, Flandres, Les sentiers de la gloire, bon il faudrait que je consacre un autre post à ce thème, revenons donc à nos troufions), et dont  Ni le ciel ni la terre fait incontestablement partie.

On était peu dans la salle 4 à 18h15 (tant pis pour les autres). Je ne savais quasiment rien du film sauf l'affiche et SAUF QUE j'avais lu la critique des inrocks, en préparant pour la plaquette de programmation, et il me semblait avoir compris entre les lignes la référence à Apichatpongounet et sa Maladie tropicale (et surtout au fait qu'il n'était pas question ici de tigre mais de moutons, comprenne qui pourra) et je pensais donc que je connaissais donc le fin mot de l'histoire, ce qui m'agaçait tout de même vaguement.

Et puis ça a commencé, et il y avait des soldats, en Afghanistan, avec des Talibans cachés en face d'eux, des bons soldats dans les pays chauds, avec des gros bras et des tatouages qui roulent sur les gros muscles, et c'est Jérémie Rénier qui les commande (depuis quelques films, il a pris des allures et des mensurations de surhomme), et on ne comprend pas trop tout au début, avec le langage militaire qui crachote dans les talkie-walkies, la vision thermique des jumelles... ah si un chien disparaît, tout au début, et un homme aussi, et on a vu auparavant un villageois s'approcher de l'avant-poste des surveillances, malgré les sommations, avec un mouton. (ah ah me dis-je in petto). Très vite il s'avère que des hommes disparaissent, là, et une rencontre avec les talibans montrent que de l'autre côté aussi des hommes ont disparu, et chaque côté croit que ce sont ceux de l'autre côté qui ont pris leurs hommes...

Alors que non non.

Le film est très bien fait,  vous êtes happé, il ne vous lâche plus, et la tension grandit au fil des nuits, des bruits suspects, des disparitions successives, et des éléments nouveaux qu'un enfant va apporter, et qui ne vont faire que rendre encore les choses plus mystérieuses... On apprend que ce périmètre serait un territoire sacré, et qu'il serait dangereux de s'y endormir, et des discours sybillins sur une divinité qui prendrait les hommes font encore un peu grandir l'inquiétude. (On ne serait pas si loin, du coup, des Documents interdits, de Jean-Teddy Philippe, ne manquerait que la voix off) tandis que les événements se précipitent, que les hommes pètent les plombs, que le mystère s'épaissit, que les interrogations restent en suspens...

Du beau travail (hihi) et de la métaphysique quasi qui pointerait son nez derrière la perception rassurante de la réalité. Un film ambitieux et prenant dont les plus pragmatiques regretteront peut-être que toutes les questions n'y soient pas in fine élucidées. un film d'hommes à la fois terriblement concret, réel, sûr de lui (droit dans ses rangeos), et subtilement contaminé par des terreurs primales (la peur du noir, de l'inconnu, de l'irrationnel). Comme déposant les armes du réel aux pieds de la fantasmagorie. Anxiogène, mais captivant.

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jeudi 5 novembre 2015

ga(y)zouillages

effet d'annonce : MST (Marie-Sol Touraine) annonce triomphalement avec sonneries de trompettes effets de manche et roulements de tambour qu'à compter du printemps 2016 les homosexuels auront de nouveau le droit de donner leurs sang (je précise que j'avais l'habitude de donner régulièrement le mien, jusqu'à ce que, à partir de 1983 je crois, on me le refuse, après avoir répondu à un questionnaire où on me posait, justement la question...) Bonne chose, me dis-je , enfin la fin de la discrimination (au moins dans ce domaine précis) mais en lisant un peu plus loin je vois qu'il est écrit qu'ils (les pédés) y seront autorisés s'ils n'ont pas eu de rapport sexuel avec un autre homme depuis au moins un an... De qui se moque-t-on, hein ? et pourquoi n'impose-t-on pas la même restriction aux hétéros, hein ? Bon bin mon sang puisque c'est ça je vais continuer à ne pas le donner, et si on me demande pourquoi, je répondrai bien fort "parce que j'ai baisé l'année passée!"
(Je suis un) pédé qui ne donnera toujours pas son sang

*

en parlant de "je suis pédé", justement, hier soir, en fouinant sur mes sites de téléchargement de prédilection, je vois qu'on me propose le nouvel album de Mylène Farmer ! (oui je sais ça fait vachement cliché, le pédé qui aime Mylèèèèèène F. mais c'est comme ça, je le reconnais j'éprouve (j'ai toujours éprouvé) un plaisir pervers à écouter la demoiselle. Je ne l'ai jamais vue en concert et je ne compte pas spécialement la voir un jour, d'ailleurs, mais sur disque j'avoue que je me laisse aller : avant c'est vrai je les achetais, maintenant je me les procure, et sans aucun scrupule, vu que je ne pense pas que ça fera un manque à gagner trop grave, ni un trou trop notable dans son matelas de biffetons ; je l'ai donc récupéré aussi sec, et écouté tout aussitôt (du coup je me suis couché 'achement tard) : à première écoute c'est plutôt un bon, voire, très bon, disque de la dame. Pas trop électro (les derniers étaient un peu agaçants à se niveau), on est plutôt en terain connu : rimes pas trop difficiles, histoires d'amour malheureux, déclarations mélancoliques, malheur éthéré, vaines promesses, espace infini, solitude intergalactique, l'album alterne des balades intimistes pour allumer des milliers de briquets et comptines sautillantes synthétiques pour bouger ses petites jambes... (en oubliant un horrible duo avec Sting). J'aime cet univers délicieusement frelaté, qui me caresse exactement dans le bon sens du poil, des larmes qui brillent comme des paillettes, du chagrin en strass, des mots interchangeables qui riment délicieusement toc. Je m'abandooooooonne.
Je m'aperçois ensuite avec surprise que l'album sort officiellement demain... (Pour les amateurs éventuels, il y a même plusieurs versions disponibles, dont un coffret "super-luxe" à 55,99€). Tiens tiens, merci le ouaibe.
(Je suis) un pédé qui aime écouter Mylène Farmer

*

 

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mercredi 4 novembre 2015

mère et fils (x3)

ASPHALTE
de Samuel Benchetrit

(Séances de retraités du lundi 13h45 avec Marie)
C'est avec grand plaisir que j'y suis retourné, et ça m'a peut-être encore plus touché que la première fois. Ou comment insérer de l'émotion ("du lien") dans un décor uniformément sale et moche (et triste aussi). Réalisé que dans les trois histoires, il est fait mention plus ou moins explicitement, du lien mère-fils.

Le plus légérement dans l'histoire du photographe et de l'infirmière (où la mère du personnage -solitaire- n'apparaît que par le biais du carton marqué "affaires de maman", en haut de l'armoire, où Gustave Kervern va récupérer les appareils-photo, et à la fin de l'album-photo qu'il a fabriqué pour sa dulcinée (visiblement l'album de famille dans lequel ne subsiste plus qu'une seule photo, celle de Gus avec sa mère "Qui c'est ? demande Valeria, Oh rien, une femme répond-il alors.

Avec un peu plus d'insistance dans l'histoire de l'ado et de l'actrice : Jules Benchetrit (le fils du réalisateur et de Marie Trintignant) joue un ado livré à lui-même (il communique avec sa mère -qu'on ne verra jamais- par petits mots interposés) et va faire répéter à Isabelle Huppert une scène de Néron où elle interprète le rôle d'Agrippine, une mère face à son fils, Néron. Face à face et regard-caméra, propices à une montée de larmes bienvenue. (Pièce de théâtre  qui, semble-t-il, je viens de fouiner sur le ouaibe, n'existerait pas "en vrai" en l'état, et donc non plus ce beau dialogue (presque un monologue) entre mère et fils. L'oeuvre réelle s'en rapprochant le plus serait le Britannicus de Racine, avec Néron et Agrippine, mais sans Poppée).

Et de la façon la plus évidente dans la troisième histoire, entre la maman arabe et le cosmonaute, puisqu'on y voit non seulement le "vrai" fils de la maman (qu'elle va visiter en prison) mais la transformation opérée sur le personnage du jeune américain en fils de substitution de cette mère trop seule (il dort dans sa chambre, il met ses vêtements, et il aura même droit, en arabe, à la berceuse que sa maman lui chantait quand il était petit pour l'endormir, à laquelle il répondra en offrant, en anglais, la propre berceuse que sa mère à lui devait lui chanter, au cours d'une autre belle scène où les larmes soudain montent aussi, et c'est très bien comme ça).

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mardi 3 novembre 2015

deux fins de rêves

(j'avais d'abord écrit comme titre "deux queues de rêves", et j'ai réalisé que ça pouvait prêter -hum- à confusion)

(comme dans une colonie de vacances, une fois de plus)

il est temps de faire ses valises ? en tout cas c'est le matin, et je cherche où j'ai bien pu laisser mon jean la veille au soir (je parcours beaucoup de couloirs, j'entre dans de multiples pièces). Il doit y avoir dans ce lieu des adultes et des enfants, mais on ne voit que les adultes. Dans les couloirs, aux porte-manteaux, il y a des petits sacs à dos,, je trouve un élément avec un prénom posé sur le banc, qui ne correspond pas avec le prénom du porte-manteau au-dessus, et je le tends à Marie, qui déplore comme moi "qu'il y en a toujours (des enfants), qui s'amusent dans les couloirs à fouiller dans les sacs des autres", et je pense que, puisqu'on ne réussit jamais à les prendre sur le fait, on devrait installer des caméras dans les couloirs.

je continue de chercher mon jean, à un moment je passe dans une chambre, et pour rire j'en ramasse un qui traîne justement par terre (c'est un jean taille enfant) et je fais semblant d'avoir retrouvé le mien et je dis "ça y est! le voilà" en le mettant devant moi -il est vraiment minuscule- , pour faire rire les autres

c'est presque la fin de la matinée, déjà, et je suis plutôt surpris en voyant Catherine sortir de sa chambre... Elle n'est donc pas allée travailler ce matin ? (je pense "enfin, elle a osé...") je parle avec elle, demandant si elle a prévenu. Elle dit des choses un peu vagues, sybillines, que je n'entends d'ailleur pas très bien du genre "il est très calme, comme ça (la main figurant une ligne horizontale) et je crois d'abord qu'elle parle de son nouvel inspecteur, quand je réalise soudain qu'elle parlerait plutôt de sa directrice, et le fait que celle-ci ait cautionné son absence signifierait qu'elle serait amoureuse d'elle -et dans mon rêve je me dis mais oui, bien sûr cette directrice est lesbienne, ça explique tout...-

 

(dans un supermarché)

Je suis en train de faire les courses, j'ai à la main un grand sac en papier avec mes achats dedans, arrive une jeune dame avec un micro, très souriante, qui me demande de la suivre (je comprends que j'ai gagné quelque chose, et je me dis que c'est dommage si c'est par exemple la gratuité de mes courses, parce que je n'ai pas acheté grand chose) Je la suis à travers les allées du magasin, puis les réserves, les couloirs, elle marche devant elle va vite et j'ai un peu de mal à la suivre
On arrive à un genre de porte étroite qui donne sur le dehors, autour de laquelle sont disposées plusieurs caméras et des micros sur pied, je me dis qu'ils doivent interviewer les clients, comme moi, qui ont été choisis au hasard et qui ont gagné
La jeune dame franchit la porte et s'éloigne sans même se retourner
J'avance avec mon sac à la main, je sors à mon tour, je me dis qu'il va y avoir une sonnerie, ou quelque chose, mais non, rien.
Je suis dehors avec mon sac de courses à la main, je ne sais pas quoi faire. Personne ne fait attention à moi. J'ai posé le sac sur les marches d'un escalier, et je me suis un peu avancé, perplexe (en plus, les caméras ont dû me filmer quand j'ai franchi la porte)
Quand je reviens vers l'escalier, je ne vois plus mon sac. Un jeune homme est assis sur les marches, à l'endroit où je l'avais posé, et me montre mon sac, en disant que c'est à lui. Je n'ose pas lui demander directement de me rendre mon dû. Nous nous asseyons sur un banc en bas de l'escalier. J'essaie de négocier tandis que nous en inventorions le contenu. Il décide qu'il va garder la viande ("parce que c'est important, la viande") -un assez gros paquet enveloppé de plastique blanc - et les tractations se font plutôt amicales, d'autant plus que dans mon sac il n'y a visiblement que des merdouilles.
Jusqu'au moment où arrive un de ses copains, un gros ado en blouson de cuir noir et rouge, qui le regarde et qui se fige soudain, comme l'image s'était immobilisée

(réveil)

 

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lundi 2 novembre 2015

une femme sous influence (puis une autre)

 Le hasard a fait que j'ai vu le même jour, dans la même salle, deux films qui se ressemblent : tous deux réalisés par une femme (des "films de femme", donc ?) pour qui j'éprouve plutôt de la sympathie, tous deux racontant l'histoire d'une femme fascinée (grugée, trompée, manipulée) par un homme, tous deux évoquant une relation amoureuse en dents de scie, faite de crises et de réconciliations, de séductions et de répulsions, d'engueulades sévères et de copulations rabibochatoires  tout aussi... intenses, tous deux (c'est drôle ce masculin redondant pour évoquer des ouvrages de dame, aïe pas taper) m'ayant plu mais (pas entièrement convaincu).

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MON ROI
de Maïwenn

J'avais adoré son Polisse, aussi son Bal des actrices, sans avoir eu envie de voir son Pardonnez-moi . Là, j'hésitais : Cannes blabla, le Prix d'interprétation à Emmanuelle Bercot, et puis Vincent Cassel, bah... une place à 5,50€ (valable jusqu'au 1er nov) m'a décidé. Ca commence plutôt très bien (voire excellemment) : une femme qui a eu un accident de ski arrive dans un centre de rééucation pour son genou en morceaux, et en profite pour repenser à (et nous raconter par la même occasion) son histoire, et ce qui l'a amenée là. une histoire banale : elle est tombée amoureuse d'un mec (Vincent Cassel, impressionnant) ils se sont mariés, ils ont eu un enfant, ils se sont séparés, rabibochés, re-séparés, etc. Au début ça (le film) se passe vraiment très bien (une scène de drague en night-club magnifique), l'alternance du passé (l'histoire du mec) et du présent (elle est dans un centre plein de jeunes sportifs assez testostéronés mais sympathiques qui vont peu à peu la prendre en sympathie) fonctionne parfaitement, c'est vrai que le personnage joué par Emanuelle Bercot est à large spectre (comme les antibiotiques du même nom) et qu'elle s'en sort vraiment du tonnerre de Dieu. Mais. Bon 2h et quelques pour raconter la même chose c'est forcer un peu la dose (quand ils baisent le jour même où ils viennent de divorcer et se retrouvent "en famille", le spectateur commence à lever un peu les yeux au ciel.) Chaque scène de réconciliation contenant, en germe, la scène de dispute qui va suivre immanquablement. Et le film alors se mord la queue si je puis dire.
Ok, c'est une femme fascinée par un homme, ok il est menteur, ok il la roule dans la farine, ok il souffle le chaud et le froid, ok c'est une crevure (comme on dit chez nous) et ok malgré tout ça, le fait qu'elle le sache et qu'elle en ait conscience, elle ne peut pas s'en empêcher (cf le tout dernier plan), je le comprends (je ne peux pas m'empêcher de, je dirais même que je pourrais avoir -que j'aurais pu avoir- le même genre de fonctionnement) mais je m'ennuie quand même un bon moment (malgré les facéties de Louis Garrel en frérot-Droopy à casquette et le personnage de la belle- soeur que j'ai cru pendant tout le film incarné par Maiwenn elle-même -en me disant mais qu'est-ce qu'elle a fait à son visage, de la chirurgie esthétique, déjà, quel dommage - mais non, qui était joué par sa soeur, Isild Le Besco, qu'on n'avait jamais vu en noir corbeau à ce point.), et je suis même parfois presque embarrassé (la scène du restaurant, par exemple).C'est trop, un peu trop : énervé, énervant, nombriliste, branchouille, parisien, fabriqué, artificiel, hystérique (décochez les cases correspondantes).

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LOLO
de Julie Delpy

J'avais adoré son 2 days in Paris, son Skylab, un peu moins son 2 days in New-York, et pas eu envie de voir sa Comtesse.
Elle restera toujours pour moi la jeune fille diaphane (translucide) à la motocyclette de Mauvais sang, mais, trente ans plus tard, si elle est toujours blonde, elle est beaucoup moins éthérée (surtout niveau langage) et c'est tant mieux (c'est ça qui m'avait tant plu dans son premier film, cette extrême verdeur des dialogues : elle appelle une chatte une chatte et une bite une bite). Ça commence d'ailleurs très fort (on est en thalasso entre copines) à peine deux minutes de film et il a déjà été question de chatte (de part et d'autre -elle c'est Julie Delpy et la copine c'est Karin Viard, qu'on n'avait pas vue aussi crûment chaudasse depuis un certain temps.)
Les deux copines en cure (et en chasse) tombent par hasard sur deux mâles du cru, et finissent par se faire inviter le soir-même à une "soirée-thons", ou Julie D. jette ses filets sur un mec à l'air gentil, un peu benêt presque (que Dany Boon joue à la perfection).
On se retrouve à Paris (finie la thalasso), les filles se sont remises au boulot et voilà que le benêt (qui est tout de même ingénieur informaticien) est justement venu s'y installer aussi, et que l'idylle donc perdure (et même s'enracine). Seul bémol, Lolo, le fils de Julie, qui est revenu squatter l'appart maternel pour cause de rupture avec sa copine, et qui ne voit pas d'un bon oeil (qu'il a pourtant de biche) cette intrusion dans son cocon oedipien. Et va tout faire pour que ça cesse. Et on va se retrouver exactement dans le même schéma (relation en dents de scie, engueulades, réconciliations au lit -le nunuchon est censé avoir une très  grosse bite, je n'invente rien-) que le film précédent, sauf qu'ici chacune des crises a été soigneusement causée par le grand fiston au sourire angélique. poil à gratter, tranquillisants, virus informatique, il y va d'ailleurs de moins en moins de main morte, l'angelot. mais bon du coup c'est aussi un peu répétitif, comme dans l'autre film, et on s'ennuie aussi parfois un peu.
Mais j'aime le ton du film et l'auto-dérision de Julie Delpy qui n'hésite pas à se représenter en bourgeoise bobo à la quarantaine angoissée, un peu à la Brétécher, avec les dialogues trash en plus (ça ça me plaît toujours autant). Et Karin Viard fait très bien la paire. Les mecs du film sont un poil en-deça, Dany Boon parce que je me demande toujours s'il a demandé 3 millions d'euros pour jouer ça -et si Julie  Delpy ne l'a pas engagé juste comme caution bankable du film-, et Vincent Lacoste parce qu'il est moins convaincant en psychopathe qu'en séraphin.

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dimanche 1 novembre 2015

prix littéraires

Foire aux Livres 2 : le retour (samedi 24, avec les Soria)

Comme je les ai sortis du sac :

TRAINS ÉTROITEMENTS SURVEILLES (Hrabal) 1,00 (1,00 + port)
j'ai adoré le film, et il me semblait qu'il était difficile à trouver en Folio alors que pas vraiment finalement

LE JEUNE SOLDAT (Jourdan) 5,00 (5,70+ port)
je suis tombé dessus par hasard, il s'agit d'un texte "érotique" avec des soldats en plus... Tentons donc.

L'INSOUTENABLE LEGERETE DE L'ETRE (Kundera) 1,00 (3,00+ port)
La "nouvelle traduction révisée" de ce bouquin que j'avais découvert et adoré en 1984, en nrf un peu marqué par le temps... Pour le plaisir des retrouvailles (et quasiment des clopinettes!)

FACE A FACE (Drillon) 3,00 (1,50+ port)
j'ai reposé le bouquin sur l'imparfait de ce monsieur pluriel que j'aime beaucoup, mais j'ai gardé celui-là, collection "l'un et l'autre" où il évoque son jeune beau-fils, mort à 25 ans...

LES CHOSES (Perec) 1,00  (4,80+ port)
l'édition originale, pouvais-je résister ?

SACRE JÉSUS (Tronchet) 2,00 (4,90+ port)
j'avais déjà La bite à Urbain, celui-là fera la paire sur l'étagère (Jésus dessiné cul-nu avec bistouquette à l'air, j'adore)
COLLÈGE (Follain) 7,00 (37,00+ port)
le plus cher, mais je l'ai pris quand même : je connais peu de choses de l'auteur à part quelques-uns de ses poèmes
DE L'IMPOSTURE EN LITTÉRATURE (Villa-Matas / Echenoz) 3,00 (10,14+ port)
un petit objet bilingue intriguant (franco-espagnol, soixante pages tout mouillé) reposé d'abord puis repris in extremis
CORRESPONDANCE DE JULES RENARD 5,00 (17,90+ port)
ça m'a paru un bon complément de son Journal. Un volume de bibliophile, taché et roussi par le temps, un bonheur automnal littéraire, d'abord reposé puis repris aussi in extremis
PAN (Tarkos) 3,00 (21,16+ port)
complètement inconnu mais tentant après feuilletage, ce beau gros volume dans la belle collection poésie crème de POL
CHRONIQUES DE L'ASPHALTE 2 (Benchetrit) 2,50 (0,92+ port)
CHRONIQUES DE L'ASPHALTE 3 (Benchetrit)  3,50 (8,00+ port)
je les avais cherchés à la première visite, en vain, et là ils me sont tombés tout rôtis dans le bec. Un peu chérots pour des poches, mais bon...

Le prix en rouge est celui que j'ai payé, le prix en noir est celui que j'aurais payé sur Pr*ceminister

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samedi 31 octobre 2015

tout pour pleurer

YA BALAD
de Bachar Mar-Khalifé

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(la pochette, déjà, m'émeut)

Oui, tout est parfaitement en place ici pour.(pleurer)
Troisième album de Bachar Mar-Khalifé. C'est Emma qui m'avait fait découvrir son deuxième (Who’s Gonna Get the Ball from Behind the Wall of the Garden Today?) qu'elle avait découvert d'ailleurs je ne sais pas trop comment.
Album qui m'avait tellement plu (et qui ne ressemble tellement à rien qu'on puisse "facilement" étiqueter) que j'avais illico été acheter sur le ouaibe son premier, Oil Slick.
Et voilà qu'on nous annonce il y a peu la sortie du 3ème, Ya balad, que j'ai donc décidé d'acheter aussi. Ce ne fut pas chose facile puisque, (bien que l'ayant vu en vente sur amaz*n), j'ai voulu l'acheter chez le petit commerçant local à Besançon, qui bien sur ne l'avait pas en rayon et me proposait de le commander (moyennant une semaine minimum de délai), et je l'ai donc commandé mais chez moi le soir-même et c'était le bazar sur  amaz*n qui mélangeait la version cd et la version vinyle (je me suis trompé d'ailleurs et j'aid'abord commandé celle-ci, avant d'annuler la commande et d'aller finalement à la fn*c, où le port était gratuit, la version digitale offerte, sauf que le disque était en précommande, ne devant sortir que le 22 (alors qu'à Besançon le vendeur m'avait affirmé qu'il était sorti le 16) et donc que la version téléchargeable ne serait disponible que prochainement...

Tout est arrangé ce matin, j'ai pu télécharger la version digitale (que j'écoute en ce moment). Et je pleure comme je m'y attendais. Mais pas à tout. Je suis beaucoup réceptif aux morceaux  plus calmes,  plus "intimes", avec le piano et juste la voix (le plus souvent en arabe mais même une fois en français, Dors mon gâs, une berceuse de Théodore Botrel, le dernier morceau du disque, à faire dresser les poils tellement on le sent près de nous) : Ya balad, Madonna, Kyrie Eleison, que ceux qui sont plus rythmés, plus enlevés, plus... jazzy ? (arghh).

Bref c'est un monsieur infiniment aimable.
Même si l'album me semble moins immédiatement séduisant au premier abord que ne me l'avait paru son précédent (peut-être aussi parce que le choc de la découverte ne joue plus aussi fort : Bacharounet, on le connaît déjà un peu, on sait donc déjà un peu à quoi s'attendre...) mais les frissons qu'il procure sont d'un tel niveau qu'on ne va tout de même pas lui reprocher que ça ne fonctionne pas à tous les coups, hein...)

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vendredi 30 octobre 2015

rêves

Je lis en ce moment avec délectation des récits de rêves de Philippe Jaccottet, dans La semaison III.
J'ai pris ce livre parce qu'il était rangé dans le rayon NRF de la bibliothèque dans l'escalier, parce que j'y cherchais un autre NRF, Comptine des Height, de Jean Lahougue, que j'étais sûr d'avoir acheté (et d'avoir lu) il y a longtemps, mais que je n'ai pas trouvé (je le cherchais parce que, en faisaint une recherche sur la liste des différents Prix Médicis, je venais de lire qu'il avait refusé en 1980 le celui qu'on lui avait décerné). Je n'ai pas retrouvé ce roman sur le rayon, dommage, mais je suis tombé sur les deux livres de Jaccottet côte à côte, La semaison, et Les Carnets 95-98 (La Semaison III).

La semaison m'est particulièrement cher puisqu'il s'agit de son exemplaire à lui propre que mon ami Philou m'a offert, pour mes cinquante ans me semble-t-il. Et j'avais du trouver les Carnets sur un site marchand du ouaibe, je les y avais donc achetés, mais, allez savoir pourquoi (sans doute ce réflexe d'écureuil à l'approche de l'hiver qui entasse qui entasse, je l'avais juste rangé sur l'étagère juste à côté de son grand-frère (j'ai rangé tous mes nrf ensemble) en me disant que je le lirais plus tard. Quand la bise serait venue.)

Et voilà donc que je l'ai pris, un peu par hasard, et ouvert un peu par hasard aussi (j'aime beaucoup les livres de fragments, les carnets les journaux je l'ai déjà dit). Là ce sont  des textes plus ou moins courts, rangés par année et par mois, comme un éphéméride d'écriture. P. Jaccottet y écrit relativement peu (vu le nombre d'années que cela représente), sur la nature -le paysage, les fleurs (il est pour le moment souvent question de liserons)-, sur d'autres écrivains et/ou poètes, et surtout il raconte des rêves.

Et ça me passionne, les gens qui racontent leurs rêves (j'en avais d'ailleurs commencé une collection). Le premier (le plus beau ?) fut La boutique obscure, de Georges Perec. J'en ai relativement peu, dans ma collection, mais ce qui m'a plu ici, et particulièrement frappé, c'est que j'y ai trouvé des similitudes avec les miens propres. Des thèmes qui reviennent : le sentiment d'égarement (être perdu dans un espace changeant), la mise en place de lieux démesurés, la crainte par rapport à l'hostilité réelle ou supposée (chez Jaccottet ce sont surtout des jeunes gens qui sont objets d'appréhension, chez moi c'est en général quelqu'un de plus âgé).

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jeudi 29 octobre 2015

ruggers

(australie-argentine)

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(photos prises à la télé au fil du match, puis retravaillées sur picasa : recadrées, puis effet "boost" puis effet "n&b filtré")

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mercredi 28 octobre 2015

oppressions

Une journée de prévisionnement à Gray sous le signe de l'opression (au singulier et au pluriel aussi:

 

LE BOUTON DE NACRE
de Patricio Guzman
Un doc argentin, que j'avais déjà vu à Paris en projection de presse (merci Pyramide!), pour démarrer. Un doc "plus", avec une mise en forme chiadée (comme l'était déjà Nostalgie de la lumière) où une belle et simple voix-off chilienne (celle du réalisateur) nous guide au fil de l'eau (on part d'une roche contenant une goutte d'eau fossilisée), de l'importance de l'eau dans l'histoire et la géographie de son pays, le Chili, puis nous évoque le triste destin des Patagons (ses premiers habitants, victimes de la colonisation, dont il ne reste plus qu'une poignée) pour terminer, à partir d'un bouton retrouvé au fond de l'eau,  sur d'autres victimes celles (les disparus) de l'ère Pinochet (et des méthodes employées par les militaires -scrupuleusement assistés par des civils- pour exterminer des gens et faire disparaître les traces de leurs crimes.) et on revient à l'eau, et le cercle est refermé. Un documentaire très (bien) construit malgré ses allures initiales de marabout-de-ficelle, soigné, poétique, pédagogique sans être pompeux, poignant, bref hautement recommandable.

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LE FILS DE SAUL
de Laszlo Nemes
Un homme, employé dans les SonderKommandos, est soudain mis en présence du cadavre d'un enfant, auquel il décide de donner une sépulture décente, en suivant les rites funéraires juifs. Nous sommes à Auschwitz, en 1944. A l'intérieur du camp. La caméra se focalise sur cet homme et ne le lâche plus, comme pour laisser le spectateur s'y raccrocher avec obstination, tandis que l'horreur environnante est tenue le plus possible hors-champ, et nous parvient surtout par le biais de la bande-son, totalement et insupportablement immersive. Le film a obtenu le Grand Prix à Cannes, et n'y a laissé personne indifférent (il a provoqué ici-même, ce jour, beaucoup de discussions et d'interrogations). Je suis très mal à l'aise pour écrire quand il est question de la Shoah, des nazis et des camps de concentration. Parce que c'est un sujet qui me terrifie, parce qu'il s'agit d'un univers tellement effroyable, indicible, que la question de sa représentabilité fait sens, comme l'avait évoqué Claude Lanzmann (qui a par contre tout à fait légitimé le réalisateur Laszlo Nemes, à ce même festival de Cannes).
Ce personnage, Saul Auslander, qui est le seul du film à être dénommé, on le suit dans cette recherche insensée d'un rabbin pour pouvoir enterrer son fils. Une idée fixe qui le pousse successivement dans plusieurs lieux du camp (avec toujours cette violence inimaginable dans les oreilles) des lieux et des actes, des fonctions, les vestiaires des chambres à gaz, le pelletage des cendres des fours, les massacres dans les fosses communes (ce que j'écris là me semblecomplètement obscène) à la tentative d'évasion des Sonderkommandos (qui a réellement eu lieu). Le personnage -l'acteur- semble s'être complètement refermé en lui-même, comme pour tenter de s'abstraire  de cette épouvante en descendant à l'intérieur de soi. Le fils de Saul est l'histoire d'un personnage précis (de fiction) dans un contexte historique connu. Effroyablement connu. Un univers monstrueux, inimaginablement. Le choix d'en faire le décor de cette histoire (de sa représentation) peut-il alors être discuté ?
(J'ai beaucoup de mal à en parler, je m'y suis déjà repris à plusieurs fois, et je me rends compte que je redis les mêmes choses où presque.) Un film violent, c'est sûr, dérangeant, malaisé (que Claude Lanzmann définit comme l'anti-Liste de Schindler), un film viscéral mais un film justifiable (nécessaire), même si je n'ai pas les mots pour.

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THE LOBSTER
de Yorgos Lanthimos

Dernier film de la journée (celui-là personne ne l'avait vu.). On n'en connaissait que la double affiche, le pitch intriguant, la réputation du réalisateur, et on espérait pouvoir décompresser un peu. Colin Farrell, John C. Reilly, il y avait en plus au générique quelques noms connus et suscitant l'appétence.
Comme Dominique a eu l'a gentillesse de me le préciser à la fin, il s'agit d'une dystopie, et qu'il s'agissait d'ailleurs du genre le plus utilisé dans les film dont les ados en ce moment raffolent (films dont je ne connais, bien sûr, absolument rien.) un univers, donc, pas tout à fait comme le notre, où le pouvoir en place a édicté des règles différentes. Ici, il s'agit de célibataires qui arrivent dans un hôtel, et qui ont 45 jours pour y trouver l'âme soeur, sous peine d'être transformé(s), à l'issue de cette date-butwar, en un animal (celui qu'ils ont choisi, quand même). Colinchou a choisi le homard. Les clients de l'hôtel ont aussi l'obligation d'aller chaque jour dans les bois à la chasse aux célibataires (un célibataire abattu = un jour de rab'). La première partie du film (celle qui se passe à l'hôtel) est vraiment très... plaisante (ce n'est peut-être pas le terme le plus adapté). Ensuite il advient que Colinchou s'enfuit dans les bois et entre en résistance (sous les ordres de Léa Seydoux, qui est une assez méchante chéfesse) et ça devient moins passionnant. Que ce soit à l'hôtel ou dans les bois, cette société est régie par les mêmes règles impitoyables et absurdes. On rit un peu, puis on grince des dents, et on rit nettement moins. On est aussi fasciné par cet univers maboul que par Colinchou, qui n'a joué jamais si humblement, si en-deça (magnifiquement, bien sûr, et le premier plan ou presque que lui consacre le réalisateur -quand il est filmé en plongée, assis, et que le punctum où l'oeil du spectateur est attiré n'est autre que le renflement de sa braguette- confirme l'émotion qu'il semble (ou qu'il est capable d') avoir suscité.)

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Posté par chori à 07:18 - - Commentaires [0] - Permalien [#]