lundi 23 novembre 2015

l'acteur, juste à côté du personnage

MIA MADRE
de Nanni Moretti

En avant-première dans le bôô cinéma, pour la soirée d'ouverture de la semaine italienne...
On a presque fait salle comble (les Italiens de Haute-Saône s'étaient mobilisati !)

Il était temps que je le voie, trop de gens déjà me disaient (m'avaient dit) qu'il était bien (surtout ceux qui l'avaient vu à Cannes).
Ca commence, et j'ai illico les larmes aux yeux (aux oreilles, plutôt) en reconnaissant, en même temps que les lettres du générique, les petites notes de piano que j'adore du Alina d'Arvo Part (musique chérie depuis que je l'ai -tiens, grâce au jeune homme en t-shirt vert- découverte dans le Gerry de Gus Van Sant).

C'est l'histoire d'une réalisatrice (Margherita Buy, magnifique) qui est en train de tourner un film et dont la mère est en train de mourir. (Et dont le frère est joué par Nanni Moretti.). On navigue entre les niveaux de réalité (les niveaux de conscience ?) Il y a donc le film dans le film (des ouvriers qui manifestent contre leur licenciement dans une usine dont le nouveau patron -et licencieur- est joué par John Turturro -acteur cher à mon coeur-), les gens en train de tourner ce film, le quotidien de la réalisatrice, équitablement partagé entre le tournage de son film et les visites à sa mère, et, rendant l'ensemble encore plus attirant, une épaisseur  supplémentaire de réalité-fiction, constituée par les rêves de la réalisatrice, tournant de façon assez obsessionnelle -on la comprend- autour de sa mère et du film qu'elle est en train de tourner...

Ca pourrait être une façon de Journal intime ou de La chambre du fils (version "la chambre de la mère") mais ça n'est ni l'un ni l'autre. Nanni Moretti est très fort, en réussissant à raconter des choses qui le touchent de près (le concernent) en changeant l'éclairage, en les déplaçant vers un alter ego au féminin (je suis persuadé qu'il y a quelques années il se serait attribué le rôle principal, celui du réalisateur qui doute, là il est juste -magnifiquement juste- le frère de -et le fils de-. Simplement.) Comme si sur le scooter imaginaire que je continue de lui associer depuis, justement, Journal intime, il roulait sur la ligne blanche entre sourire et douleur, avec juste quelques embardées, quelques zigzags, d'un côté ou de l'autre. Bel exercice d'équilibre.

Mia madre est non seulement un film à voir, absolument, mais aussi un film qui mérite d'être revu. Par la façon dont il est construit (on peut, à la seconde vision, s'attacher au petit plaisir d'y déceler les"coutures" (les sutures) entre le réel et l'onirique) par la richesse et la multiplicité des reflets qu'il renvoie, sur la famille, sur le cinéma, sur les acteurs, sur les manifestations, sur les rêves, sur l'amour filial.  Par cette manière magnifique de n'être jamais définitif, (ni dans le récit de la maladie, de l'apprivoisement de l'idée de la mort, ou des théories filmiques  péremptoires) de choisir de rester dans cet entre-deux un peu cotonneux, incertain instable. "C'est savie, c'est ma vie, c'est un peu la vôtre aussi...", semble nous chantonner (nous chuchoter ? nous pianoter ?) Nanni M.
Et la musique vient sublimement accompagner tout ça (Arvo Part, Phil Glass, Benjamin Britten... je me régale...)

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dimanche 22 novembre 2015

éclat dans l'oeil

SNOW QUEEN
de Michael Cunningham

J'avais failli l'acheter (fort cher, au moins 13€!) à la FAL, et je m'étais repris à temps, vérifiant le soir même qu'il était deux fois moins cher sur pr*ceminister (et le commandant donc aussi sec).
Michael Cunningham, je l'ai découvert avec Les heures, dont je suis tombé amoureux, puis j'ai lu La maison au bout du monde et De chair et de sang, que j'ai beaucoup beaucoup aimé. Du temps a passé, et quand le suivant est sorti, Le livre des jours, je l'ai acheté et lu illico (tiens c'était du temps de ma cervicotomie), et déchanté idem : ce fut une énorme déception. Peut-être l'hôpital me rendait-il grincheux, mais j'ai trouvé ça faiblard facile (et systématique me semble-t-il, je ne saurais plus expliquer pourquoi, de toute façon ne me reste de ce roman que l'image atroce de dizaines d'ouvrières aux robes en feu sautant par les fenêtres de leur atelier dont les portes ont été condamnées).
J'ai tout de même ensuite acheté le suivant, Crépuscule, dont je n'ai aucun souvenir, (et pour cause, je l'ai trouvé rangé dans ma bibliothèque avec un marche-pages bleu fiché aux environs de la quarantième page...)

Allez savoir pourquoi (le bénéfice du doute ? et la sympathie inexplicable que m'inspire le bonhomme), j'ai donc commencé Snow Queen. Et j'ai trouvé ça plutôt... plaisant, puis agréable, voire, très agréable, avec certaines phrases qui me plaisaient énormément, voire des paragraphes... Le plaisir retrouvé, quoi, même si, inexplicablement, malgré le fait que je trimballais le bouquin partout avec moi, il est advenu que j'en ai morcelé irraisonnablement la lecture. La première partie s'y prêtait, qui n'était constituée que de chapitres très brefs commençant chacun par UNE PHRASE EN MAJUSCULES. Mais lorsque je le prenais le soir, je ne pouvais en lire que peu, et pendant très très longtemps je me suis emmêlé dans les deux personnages principaux, Tyler et Barrett, deux frères qui habitent ensemble, avec la même femme, Beth, qui est en train de mourir doucement du cancer.

Je me désespérais de ne pas parvenir à en lire plus que quelques pages à la fois (oui, je sais, je n'ai pourtant pas grand-chose d'autre à faire de mes journées, hein, les esprits chagrins) mais peut-être en même temps avais-je envie que cela durasse (je sais ça n'existe pas, mais c'est plus joli que durât, non ?) ainsi plus longtemps. Et quand est arrivé un trèèèès long chapitre je me suis posé dans mon canapé (enfin façon de parler, je me rappelle très bien où j'étais mais je ne vais pas vous le dire en vrai ici) et je l'ai lu jusqu'au bout, et j'ai enchaîné sur la -plutôt très triste- partie suivante, et je ne me suis presque plus arrêté, et c'est vrai que c'est beaucoup mieux comme ça. D'une traite.

C'est très Cunningham, new-yorkais, bobo, avec de la neige dans Central Park, les petites rues du Lower East side (que j'ai eu le plaisir de moi-même arpenter voici trente ans et -argh!- des brouettes), une boutique où on vend des choses vintage et très chères, de la cocaïne qu'on sniffe en douce, une chanson qu'on essaie d'écrire, une cohabitation idéaliste (idéalisée ? le triangle amoureux est habituel chez M.C), et une apparition lumineuse et nocturne (dont il sera question tout au long du roman), sorte de mcguffin fluorescent que les personnages se renvoient affectueusement comme une patate chaude. Avec, en plus, un clin d'oeil amical à La Reine des neiges d'Andersen, conte qui était particulièrement cher à mon coeur depuis l'enfance, avant qu'on en fasse un film Disnuche une comédie musicale un spectacle de patinage et que sais-je encore et que ça commence vraiment à me casser les oreilles et le reste...

reste un roman très agréable, quelques passages magnifiques, à recopier (surtout sur l'amour, le désir, le temps qui passe, et autres sujets réjouissants) avec un petit cristal fiché dans l'oeil (ce fameux fragment du miroir brisé de la reine des neiges qui me faisait tant délirer quand j'étais plus petit -oui oui, j'ai un jour été plus petit-).

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samedi 21 novembre 2015

les quatre soeurs

NOTRE PETITE SOEUR
de Hirokazu Kore-Eda

je voulais que ça s'intule LES TROIS QUATRE SOEURS, mais avec l'éditeur de titres ça n'est pas possible.
Le nouveau film, donc, de Mr Kore-Eda, qui fait partie des réalisateurs que je suis depuis leurs débuts ou presque, tellement j'apprécie leur travail. Avec des films que j'adore plus ou moins, c'est normal. (Et je réalise, en révisant sa filmo sur all*ciné qu'on ne nous en a pas tout montré en France, mais mais qu'est-ce à dire ?)
Les récents étaient plutôt sympathiques, le dernier que j'ai adoré était Still Walking, (2008, déjà tout de même) une histoire de famille (comme d'hab) bienveillante en apparence mais nimbée d'une imperceptible -et délicieuse- cruauté.
Ici, il sera encore question de famille, où trois soeurs vont à l'enterrement de leur père, parti bien des années plus tôt avec une autre femme, et y font la rencontre de leur jeune soeur, qu'elle ne connaissaient pas. jeune soeur avec qui elles sympathisent immédiatement, lorsqu'elles apprennent que c'est elle qui s'est dévouée pour accompagner les derniers jours de leur père, ce que n'a pas su faire leur belle-mère (la seconde compagne de leur père).
Le divorce, la maladie, la mort, le film, on le voit, se bâtit sur des thèmes pas très guillerets mais construit sur ces bases a priori doloristes une histoire pleine de tendresse de lumière et de chaleur. C'est la principale différence de ce film avec Still walking, de rester toujours du côté du positif, du lumineux, de la douceur.
Les trois soeurs invitent la plus jeune à venir habiter chez elles, la prennent sous leur aile, elles vivent ensemble dans la maison familiale dont leur mère à elles, qui est aussi partie ailleurs "vivre sa vie", envisagerait peut-être la vente...
Et la vie passe, dans la maison, et c'est juste ça le film, la vie de ces "quatre soeurs", les détails, le quotidien, retranscrits avec délicatesse, entre estampe et hai-ku. C'est très japonais, très Kore-Eda, très délicieux. Le post aurait pu aussi s'intituler "Liqueur de prunes et cerisiers en fleurs" tellement le réalisateur nous rend sensibles -attentifs- à toutes les perceptions, tous les petits bonheurs -typiques ou pas- de la vie, et ça m'énerve beaucoup (ah, un sentiment négatif, le premier dans ce post) lorsqu'il apparaît que plusieurs critiques (les Cahiaîs, notamment) utilisent le terme de mièvrerie (mais c'est juste parce qu'ils sont jaloux (affreux machos, oui) que ce film ne soit "tenu" que par des femmes, voilà pourquoi). Pour une fois qu'il est question de pardon plutôt que de vengeance, de vivre ensemble plutôt que de se séparer, de sourires plutôt que de gros flingues, de jeunes filles en fleurs -de cerisier- plutôt que de yakuzas, de traders ou de serial-killers, laissons-nous aller, passons le pont qui mène à ce jardin japonais sur lequel se clôt le film -avec des Hana-bi, hihi, ça veut dire feux d'artifice en japonais, mais vous le saviez déjà depuis Kitano, no?-, sans craindre les fantômes qui pourraient venir à notre rencontre, et, surtout, surtout, ne boudons pas notre plaisir...

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vendredi 20 novembre 2015

qui suit charlie ?

Mercredi matin, je me suis dit qu'il fallait que j'aille faire un tour chez le marchand de journaux.
Je me suis dit que je voulais acheter ce numéro, précisément (non, je ne me suis pas abonné après les attentats de janvier, même si j'ai hésité un moment), voir ce qu'ils avaient trouvé comme une.
Et je me souviens comme ce jour de janvier après les attentats, où j'avais fait tous les magasins de V. pour essayer de trouver un exemplaire du numéro de la semaine en cours, et où tout avait été dévalisé à quarante kilomètres à la ronde, et pire encore,  à la folie furieuse (l'hystérie) qui avait suivi les jours suivants, pour le fameux numéro d'après, où des gens se levaient à 6h du mat' pour faire la queue au kiosque pour avoir "leur" Charlie...

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(c'est vrai j'entretiens avec Charlie-Hebdo un rapport... ambigu, je n'achète que les numéros "sensationnalistes", de la même façon que je ne conserve de libé -auquel je suis abonné- que les "numéros des gens morts")

charlie amour haine

(celui-là je l'ai même encadré...)

 

j'envisageais donc déjà de faire le tour des marchands de presse, où les rayons seraient vides et où ils me répondraient d'un air désolé "non je n'ai plus de Charlie", où même ils auraient déjà mis un panonceau en vitrine "plus de Charlie"... d'autant plus que je m'y prenais un peu en retard (c'était le milieu de l'après-midi)

j'ai commencé par là-même où j'avais commencé au mois de janvier : le Super U (oui, je sais, on fait mieux a priori comme marchand de journaux mais bon c'est le plus près...) et en arrivant j'ai été plutôt étonné de voir, en rayons, les trois ou quatre exemplaires habituellement en vente de Charlie...

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Pas d'hystérie, de bousculade, d'exemplaires que l'on s'arrache, de voisins que l'on piétine pour être servi plus tôt, non, calme plat, tout le monde s'en fout et est passé visiblement à autre chose... j'en ai pris un et je suis passé à la caisse, et la caissière m'a dit, en le scannant "Ah, Charlie, c'est pas souvent que j'en passe..."

Dire qu'au mois de janvier, toute la France ou presque a défilé pour aller l'acheter

Ça a passé

...comme passeront les actuels cocoricos et Marseillaise(s) et autres bleu-blanc-rouge(s), non ?

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mercredi 18 novembre 2015

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L'IMAGE MANQUANTE
de Rithy Panh

Terrifiant.

L'image manquante est un film terrifiant. Par ce qu'il évoque : le régime de terreur instauré par les Khmers rouges et leur leader Pol Pot au Cambodge, de 1975 à 1979. Le réalisateur était alors un enfant, il y a perdu toute sa famille, et il nous raconte son histoire, leur histoire. Qu'il reconstitue par l'intermédiaire de petites figurines de terre qu'il a façonnées sculptées et peintes. C'est l'histoire de son pays, le Cambodge, durant ces années effroyables, à partir du coup d'état du 19 avril 1975. Comment le délire d'un homme ("frère numéro un") noyauté par un groupe de fanatiques a planifié et exécuté un génocide (qui pour le reste du monde est resté longtemps tu) dont le nombre de victimes n'a jamais pu être d'ailleurs précisément établi (il serait question d'un cinquième de la population cambodgienne de l'époque, plus de deux millions de personnes dans les estimations les plus pessimistes.)

L'image manquante est un film bouleversant. La voix-off (celle de Rithy Panh qui dit les mots de Christophe Bataille écrits d'après les siens propres) sert de fil conducteur et de liant entre les images reconstituées (avec les figurines), les documents d'époque, et les images "autres" filmées par Rithy Panh (la vague qui revient, le flot, le flux), avec des interférences entre ces différentes strates / textures (Rithy Panh fait intervenir plusieurs fois ses figurines dans des décors réels et/ou d'époque. Le discours est posé, qui nous évoque des choses insupportables sans haine ni violence ni pathos. Une incantation douce, implacablement douce.

L'image manquante est un film magnifique. Il y est question du passé du réalisateur, de sa mémoire, de ses souvenirs et de sa douleur. A la succession implacable des événements (les habitants de Pnom-Penh chassés de leurs appartements, leur déportation à la campagne, les camps de travail, l'éradication par les Khmers rouges de tout ce qui rappelait la société "d'avant", les conditions de vie abominables, la faim, la maladie, le déni de toute humanité, de toute individualité) fait écho l'évocation par le réalisateur des jours "d'avant", justement, de la vie simple, du bonheur, de la famille, de toutes ces petites choses qui font le sel des souvenirs heureux.

L'image manquante est un film indispensable, primordial. Vital.

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mardi 17 novembre 2015

vendredi 13 novembre 2014

(cette liste est parue dans Ouest France, et je me suis permis de la reproduire ici, parce que je pense à tous ces gens, parce qu'il est important qu'ils ne restent pas anonymes, parce que c'est leur nom, parce que c'était leur vie, important qu'ils ne soient pas oubliés)

- Nick Alexander, 36 ans, un Anglais de Colchester, vendait des produits à l'effigie du groupe Eagles of Death Metal lorsqu'il a été tué au Bataclan. « Nick est mort en faisant le travail qu'il aimait et nous sommes réconfortés de voir à quel point il était aimé par ses amis à travers le monde », a écrit sa famille dans un communiqué.

- Thomas Ayad, 32 ans, originaire d'Amiens, a été tué au Bataclan. Ce passionné de hockey sur gazon était producteur pour la maison de disques Mercury Music Group (Universal).

- Halima Ben Khalifa Saadi, 34 ans. Cette jeune femme originaire de Menzel Bourguiba (Tunisie), près de Bizerte, vivait au Sénégal. Elle était à Paris pour fêter un anniversaire.

- Hodda Ben Khalifa Saadi, 35 ans, sa grande soeur, vivait à Paris alors que sa famille est installée au Creusot (Saône-et-Loire). Elle était avec sa soeur à sa fête d'anniversaire.

- Chloé Boissinot, 25 ans, originaire de Château-Larcher dans la Vienne selon La Nouvelle République. Elle et son petit ami Nicolas, blessé, étaient en train de dîner au restaurant Le Petit Cambodge lorsque les assaillants ont ouvert le feu.

- Emmanuel Bonnet, 49 ans, habitant de la Chapelle-en-Serval (Oise). Ce père de famille était vendredi au Bataclan avec l'un de ses enfants. (...) Employé de la RATP, il avait partagé la veille du concert sur sa page Facebook un lien du groupe « Les athées en action » citant Jacques Prévert avec une photo du poète: « La théologie c'est simple comme dieu et dieu font trois ».

- Maxime Bouffard, 26 ans, originaire du Coux (Dordogne), est mort au Bataclan. Ce fêtard, amateur de rugby, habitait depuis quatre ans à Paris, où il réalisait des films.

- Quentin Boulenger, 29 ans, mort au Bataclan. Cet habitant du XVIIe arrondissement était originaire de Reims.

- Macathéo Ludovic Boumbas, dit « Ludo », 40 ans, est mort à La Belle équipe, bistrot du XIe où il fêtait l'anniversaire d'une amie. « Il a voulu protéger une amie, Chloé, en se mettant sur elle. Il s'est pris une rafale », a dit son frère à l'AFP. D'origine congolaise, Ludo était ingénieur chez le transporteur FedEx. 

- Élodie Breuil, 23 ans, a été tuée au Bataclan où elle passait la soirée avec six amis. Elle étudiait le design à Paris, à l'École de Condé. Le 11 janvier, elle avait défilé avec sa mère place de la République, à Paris.

- Ciprian Calciu, 32 ans, de nationalité roumaine, est mort au restaurant La Belle équipe, où il se trouvait avec sa compagne, Lacramioara Pop. Ils étaient parents d'un enfant âgé de 18 mois.

- Nicolas Catinat, 37 ans, a été tué au Bataclan, alors qu'il se trouvait dans la fosse. Habitant à Domont, dans le Val-d'Oise, il a cherché à protéger ses amis en se plaçant en bouclier humain.

- Nicolas Classeau, 40 ans, père de trois enfants âgés de 6, 11 et 15 ans, est tombé sous les balles au Bataclan, où il assistait au concert avec sa compagne, blessée. Guitariste amateur, cet habitant de Bagnolet (Seine-Saint-Denis) était directeur de l'IUT de Marne-la-Vallée (Seinte-et-Marne).

- Anne Cornet, 29 ans. Originaire de Houdlémont (Meurthe-et-Moselle), la jeune femme a été tuée au Bataclan avec son mari Pierre-Yves Guyomard, avec lequel elle résidait à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines), selon Le Républicain Lorrain.

- Precilia Correia, 35 ans. Portugaise, elle était employée par la maison de disques Mercury Music. Elle est morte au Bataclan.

- Guillaume Barreau-Decherf, 43 ans, était un journaliste indépendant qui travaillait pour plusieurs titres et couvrait notamment la musique rock pour Les Inrockuptibles. Il avait récemment écrit au sujet du nouvel album du groupe Eagles of Death Metal, qui se produisait au Bataclan le soir du massacre. Il était le père de deux filles.

- Asta Diakite, cousine du joueur de l'équipe de France de football Lassana Diarra, qui était en train de jouer sur la pelouse du Stade de France lorsque les explosions ont eu lieu. Elle est morte alors qu'elle prenait un verre en terrasse avec une amie, elle aussi tombée sous les balles.

- Manuel Colaco Dias, 63 ans, un Portugais fan de foot qui vivait depuis 45 ans à Paris, a péri alors qu'il se trouvait à l'extérieur du Stade de France.

- Elsa Delplace, 35 ans, était venue au concert des Eagles of Death Metal avec sa mère et son fils de 5 ans. La fille et la mère, Patricia San Martin, 61 ans, ont été tuées, alors que le garçonnet a survécu.

- Alban Denuit, 32 ans, plasticien bordelais diplômé des Beaux-Arts de Paris, est mort au Bataclan. Il avait obtenu cet été son doctorat en arts plastiques avec les félicitations du jury à l'unanimité, après une thèse entamée en 2009 à Bordeaux 3, où il enseignait.

- Romain Didier, 32 ans, était rue de Charonne avec sa compagne, Lamia Mondeguer, lorsqu'ils se sont fait tous les deux abattre. Originaire de Sury-en-Vaux (Cher), il vivait à Paris, où il avait notamment été manager d'un bar dans le VIe arrondissement.

- Elif Dogan, de nationalité belge. Installée depuis quatre mois dans la rue du Bataclan, elle est décédée au Bataclan sous les balles des terroristes, comme son compagnon Milko Jozic.

- Fabrice Dubois, 46 ans, concepteur rédacteur chez Publicis conseil, se trouvait au milieu de la fosse du Bataclan lorsque les terroristes ont fait irruption. Il était venu au concert avec quelques amis. Marié, père de deux enfants de 11 et 13 ans, il était surnommé le « gentil géant » en raison de sa haute taille de 2m.

- Thomas Duperron, 30 ans, un Parisien originaire d'Alençon s'occupait de la communication de la salle de concert parisienne La Maroquinerie. Spectateur du Bataclan, il est mort dimanche à l'hôpital de Percy-Clamart où il avait été transporté.

- Mathias Dymarski, 22 ans, ingénieur travaux, originaire d'Ancy-sur-Moselle (Moselle). Ce fan du groupe Eagles of Death Metal, également passionné de skate et de BMX, participait au concert au Bataclan avec sa petite amie Marie Lausch et deux amis originaires de Metz. Leurs deux amis ont réussi à s'en sortir, pas eux.

- Germain Ferey, 36 ans, originaire de Vienne-en-Bessin, dans le Calvados. Vivait à Paris et travaillait dans le milieu audiovisuel. Il était au Bataclan vendredi soir.

-Grégory Fosse, 28 ans, habitant de Gambais (Yvelines). Grégory était programmateur musical pour la chaîne D17. Un hommage lui sera rendu lundi, à l'initiative du conseil municipal de la commune de Gambais.

- Juan Alberto González Garrido, ingénieur espagnol de 29 ans, travaillait pour EDF. Originaire de Grenade, en Andalousie, il vivait à Paris avec son épouse Angelina Reina, 33 ans. Présente à ses côtés au Bataclan vendredi soir, cette dernière a vu son époux tomber au sol avant de perdre sa trace, selon le quotidien El Pais.

- Véronique Geoffroy de Bourgies, 54 ans, ancienne collaboratrice du Figaro Madame, mère de deux enfants adoptés à Madagascar. Elle se trouvait en compagnie de plusieurs amis à la terrasse du restaurant La Belle Equipe au moment des attaques. Mariée au photographe Stéphane de Bourgies, qui a annoncé son décès sur Facebook, elle avait abandonné sa carrière de journaliste il y a un an pour se consacrer à une association humanitaire qu'elle avait créée en 2004.

- Michelli Gil Jaimez, 27 ans, était originaire de l'Etat de Veracruz, au Mexique. Elle a été tuée au restaurant La Belle équipe.

- Matthieu Giroud, 39 ans, géographe, originaire de Grenoble (Isère). Maître de conférences à l'université Paris-Est Marne-la-Vallée, spécialiste du phénomène de gentrification, ce père d'un petit garçon de trois ans était sorti vendredi soir avec des amis au Bataclan, où il a été tué. Il vivait à Paris avec son épouse, enceinte de leur deuxième enfant.

- Cédric Gomet, 30 ans, originaire de Foucherans dans le Jura et résidant à Paris, se trouvait au Bataclan avec l'un de ses amis, Cédric, lui-même blessé par balles à la jambe au cours de l'assaut.

- Nohemi Gonzalez, 23 ans, de nationalité mexicaine et américaine, se trouvait à la terrasse du Petit Cambodge en compagnie d'une amie. Etudiante en troisième année à l'université d'Etat de Long Beach en Californie, elle se trouvait à Paris dans le cadre d'un semestre d'échange universitaire à l'école de design Strate de Sèvres. Décrite par son petit ami comme « la plus douce des jeunes femmes », elle devait rentrer aux Etats-Unis le mois prochain.

- Pierre-Yves Guyomard, ingénieur du son et professeur en sonorisation à l'Institut supérieur des techniques du son (ISTS) à Paris. Il a été tué au Bataclan avec sa femme Anne Cornet. « Il était l'un des meilleurs enseignants que j'ai jamais eus et il avait beaucoup à partager avec ses étudiants et à leur donner », a écrit sur Facebook un de ses étudiants.

- Thierry Hardouin, 36 ans, sous-brigadier au dépôt de Bobigny, devait passer la soirée à Paris au restaurant la Belle Equipe, rue de Charonne, pour célébrer l'anniversaire de sa compagne. « Bon vivant », « homme joyeux et professionnel », « Thierry avait affaire au quotidien à des gens dangereux. On savait qu'il fallait toujours rester sur le qui-vive » confie un de ses proches au quotidien Le Parisien. Thierry Hardouin était père de deux enfants.

- Olivier Hauducoeur, 44 ans, banquier. Diplômé de l'Ecole nationale supérieure d'Ingénieurs de Caen, il travaillait depuis 2006 au sein du groupe BNP Paribas. Ce coureur amateur était depuis un an employé de la société française de location automobile longue durée Arval, filiale du groupe bancaire. Il est mort au Bataclan.

- Pierre-Antoine Henry. Originaire de Chambéry, amateur de chant. Il est décédé dans la salle du Bataclan.

- Mathieu Hoche, 38 ans, était technicien cadreur pour la chaîne télévisée France 24 depuis sa création en 2006, père d'un jeune enfant. Sur son profil Facebook, il avait annoncé le 24 août avoir acheté son ticket pour le concert au Bataclan. C'était « un garçon adorable, discret, bosseur, professionnel », selon le directeur de la chaîne Marc Saikali.

- Djamila Houd, 41 ans, une Parisienne originaire de Dreux et mère d'une fillette de 8 ans, selon le journal L'Echo Republicain. Elle a été tuée sur la terrasse du restaurant La Belle Equipe, lors d'une soirée entre amis.

- Mohamed Amine Ibnolmobarak, marocain, était architecte encadrant à l'Ecole nationale supérieure d'architecture Paris-Malaquais. Il a été tué alors qu'il se trouvait au bar le Carillon en compagnie de sa femme, blessée.

- Pierri Innocenti, 40 ans, le « restaurateur des stars » selon Le Parisien. Il était le propriétaire du restaurant italien Chez Livio à Neuilly-sur-Seine. Vendredi soir, il postait sur Facebook une photo du panneau du concert, ajoutant juste « Rock! ».

- Nathalie Jardin, 31 ans, régisseuse lumières au Bataclan. Originaire de Marcq-en-Baroeul (Nord), la jeune femme avait auparavant travaillé pour Marcel et son orchestre  et les Fatals Picards.

- Milko Jozic, 47 ans, de nationalité belge. Ce père de famille habitait avec sa compagne Elif Dogan, elle aussi décédée, dans la rue du Bataclan où ils s'étaient installés il y a quatre mois.

- Hyacinthe Koma, 37 ans. Serveur au restaurant Les Chics Types, dans le 19e arrondissement, il participait à une soirée d'anniversaire au restaurant La Belle Equipe rue de Charonne.

- Marie Lausch, 23 ans, originaire de Metz (Moselle). La jeune femme, diplômée de l'école de commerce de Reims, et qui venait de terminer une mission pour un groupe de cosmétiques, se trouvait dans la salle du Bataclan avec Mathias Dymarski, son compagnon depuis cinq ans. Lui aussi est décédé.

- Guillaume Le Dramp, 33 ans, buvait un verre en terrasse au bar La Belle équipe lorsqu'il s'est fait abattre. Originaire de Cherbourg, il habitait Paris où il travaillait dans une brasserie.

- Renaud Le Guen, 29 ans, a été tué au Bataclan où il se trouvait avec sa compagne, rescapée. « Renaud était quelqu'un de très cultivé et doux. Tout le monde l'aimait. C'était un mec bien », a témoigné au quotidien Libération celle qu'il devait épouser l'année prochaine et qu'il avait rencontrée à 17 ans. « Il aimait le jazz, le rock, la photo, être avec sa famille et ses amis », a-t-elle raconté. Il travaillait dans un garage pour poids lourds près de la gare d'Evry-Courcouronnes (Essonne) et habitait à Savigny-sur-Orge, où il avait grandi.

- Christophe Lellouche, 33 ans, tué au Bataclan, était créateur de sites internet. Ce supporter de l'OM, guitariste et compositeur du groupe Oliver, était surtout « un fan de musique en général et de concerts en particulier », a indiqué à l'AFP l'un de ses proches.

-Antoine Mary, 34 ans, originaire de Caen,  a fait sa scolarité au lycée Jeanne d'Arc de Caen et a travaillé pour l'agence de communication web Milky, de mars 2013 à avril 2015 en tant que responsable de développement. Ses anciens collègues lui ont rendu un émouvant hommage sur le facebook de la société.

- Cédric Mauduit, 41 ans. Directeur de la modernisation du département du Calvados, en Normandie. Il avait deux jeunes enfants. Il a été tué au Bataclan alors qu'il assistait au concert avec des amis, dont une autre victime, David Perchirin.

- Charlotte Meaud, 30 ans, est morte avec sa soeur jumelle, Emilie, sur la terrasse du café Le Carillon. Cette chargée de développement de start-up, passionnée de musique et de sport, habitait dans le XXe arrondissement de Paris et a grandi à Aixe-sur-Vienne (Haute-Vienne) et fait ses études à Lyon et à Strasbourg.

- Lamia Mondeguer a été tuée rue de Charonne alors qu'elle était avec son compagnon, Romain Didier. Elle travaillait pour l'agence artistique Noma Talents.

- Fanny Minot, 29 ans, monteuse pour l'émission Le Supplément sur Canal + depuis plusieurs années. Elle est morte au Bataclan. « Une fan de rock », selon l'une de ses collègues jointe par l'AFP.

- Yannick Minvielle, 39 ans, travaillait dans la publicité et chantait dans un groupe de rock. Il est mort au Bataclan.

- Marie Mosser, 24 ans, une passionnée de musique originaire de Nancy, s'était récemment installée à Paris. Décrite comme « pétillante » par ses proches, spécialiste en communication et marketing digital, elle travaillait pour un site internet people.

- Cécile Misse, 32 ans, a été tuée au Bataclan, aux côtés de son compagnon, Luis Felipe Zschoche Valle, un musicien chilien. La jeune femme, installée à Paris depuis 2006, était chargée de production au théâtre Jean-Vilar de Suresnes, dans l'ouest parisien. Elle avait grandi à Gap (Hautes-Alpes).

- Justine Moulin, 23 ans, était sur la terrasse du Petit Cambodge lorsque les jihadistes ont fait feu. La jeune femme, blessée à la tête, est décédée samedi matin à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Issue d'une famille du Nord, elle vivait à Paris.

- Quentin Mourier, 29 ans, tué au Bataclan, était architecte aux Vergers Urbains. Il est décrit comme quelqu'un « plein de ressources, d'énergie, d'initiatives, d'engagement » sur le site internet de cette association qui milite pour la végétalisation et des villes comestibles. Il habitait dans la capitale mais était originaire de Rouffach (Haut-Rhin), selon les Dernières Nouvelles d'Alsace. Il avait étudié à l'Ecole nationale supérieure d'architecture de Versailles.

- Victor Muñoz, 25 ans, est mort à La Belle Équipe, rue de Charonne. Il était le fils d'un élu du XIe arrondissement.

- Hélène Muyal-Leiris, 35 ans, tuée au Bataclan. Elle était maquilleuse-coiffeuse à Paris et travaillait dans la mode ou sur des tournages.

- Bertrand Navarret, 37 ans. Selon le journal La Dépêche du Midi, il avait grandi à Tarbes, où son père est notaire, et vivait à Capbreton, sur la côte landaise. Il était parti à Paris pour passer quelques jours dans la capitale et assister au concert au Bataclan.

- David Perchirin, une quarantaine d'années. Après avoir été journaliste, il était devenu récemment professeur des écoles et enseignait depuis septembre 2014 en Seine-Saint-Denis. Il est mort au Bataclan aux côtés de son ami Cédric Mauduit, rencontré à Sciences Po Rennes. « Bons vivants, débordants d'énergie, enthousiastes indéfectibles, le ciment de leur amitié a toujours été leur passion du rock'n roll », selon l'hommage rendu par l'association des anciens élèves de l'établissement.

- Aurélie de Peretti, 33 ans, une infographiste de formation reconvertie dans la restauration, se faisait une joie depuis des semaines d'assister au concert du Bataclan. La jeune femme, décrite comme lumineuse, a été tuée dans la salle de concert.

- Manu Perez, 40 ans, directeur artistique chez Polydor. Ce père de famille a posté sur Facebook quelques minutes avant sa mort une vidéo prise dans la fosse du Bataclan, intitulée « Il y a ceux qui y sont et qui ne sont pas ».

- Lacramioara Pop, roumaine, a été abattue au restaurant La Belle équipe, où elle se trouvait avec son compagnon, Ciprian Calciu.

- Caroline Prenat, 24 ans, est morte au Bataclan. Cette graphiste lyonnaise était diplômée des Arts appliqués de Lyon et de l'Ecole Condé de Nancy.

- François-Xavier Prévost, 29 ans, mort au Bataclan. « L'amour de ma vie, à jamais », écrit sa compagne sur la page Facebook créée pour lui rendre hommage. Ce passionné de tennis, « toujours souriant, toujours la banane », travaillait dans la publicité à Lille.

- Sébastien Proisy, 38 ans, était sur la terrasse d'un restaurant rue Bichat lorsqu'il a été tué d'une balle dans le dos. Il accompagnait l'un de ses clients, avec qui il dînait, pour fumer une cigarette sur le trottoir. Diplômé de Sciences-Po Paris, il avait travaillé au Parlement européen à Bruxelles puis dans un cabinet d'avocats, avant de créer deux sociétés, l'une pour aider les entrepreneurs à s'installer en Iran et en Asie centrale, l'autre pour promouvoir l'agriculture française à l'international.

- Richard Rammant, 53 ans, est mort au Bataclan en protégeant sa femme, Marie-Do, qui a survécu. Il s'est couché sur elle et a reçu plusieurs balles mortelles. Ce fan de rock et de motos Harley-Davidson, était parisien mais toujours attaché à sa région natale du Lot, où il était bénévole dans un festival de blues. Son club de bikers prône « le respect, la fraternité et la solidarité comme un mode de vie », selon son site internet.

- Valentin Ribet, 26 ans, tué au Bataclan. Ce jeune avocat prometteur du barreau de Paris était diplômé de la London School of Economics, et a suivi des études à la Sorbonne. Spécialisé dans la criminalité en col blanc, Valentin était « un avocat talentueux, très aimé par ses collègues », a fait savoir son cabinet, la firme internationale Hogan Lovells.

- Madeleine Sadin, 30 ans, est morte au Bataclan. Décrite comme « vivante, aimante et curieuse » par ses proches à l'AFP, cette parisienne passionnée de danse enseignait le français dans un collège de l'Essonne. « C'était la seule prof qu'on appelait par son prénom », a confié au Parisien l'une de ses élèves, saluant une prof « adorable ».

- Kheireddine Sahbi, 29 ans, ce violoniste de nationalité algérienne. Surnommé « Didine », il rentrait chez lui vendredi après une soirée avec des amis lorsqu'il a été tué. Après des études de sciences, il s'était tourné vers la musique et étudiait depuis un an à Paris. « Il habitait un quartier périphérique d'Alger, où la situation était très tendue » et « avait survécu à dix ans de terrorisme », à témoigné à l'AFP un de ses cousins. Son corps devrait être rapatrié en Algérie.

- Lola Salines, 28 ans, éditrice chez Gründ, est morte au Bataclan. Décrite comme « attentionnée, sensible, rigoureuse, branchée, enthousiaste », elle faisait également du roller derby sous le pseudo Josie Ozzbourne, dans l'équipe La boucherie de Paris.

- Patricia San Martin, 61 ans, était la nièce de l'ambassadeur chilien au Mexique. Cette fonctionnaire à la mairie de Sevran (Seine-Saint-Denis) est tombée sous les balles des terroristes au Bataclan, ainsi que sa fille, Elsa Delplace.

- Hugo Sarrade, 23 ans, débutait son weekend à Paris par ce concert au Bataclan, avant de rejoindre son père en région parisienne. Etudiant en intelligence artificielle à Montpellier, Hugo était persuadé que « l'obscurantisme est notre pire ennemi », selon son père, interrogé par le quotidien Midi Libre.

- Claire Scesa-Camax, 35 ans, graphiste. Originaire d'Avignon, diplômée de l'Ecole professionnelle supérieure d'arts graphiques de la Ville de Paris (Epsaa), elle était graphiste à Paris depuis 2009. "Le meilleur hommage que nous puissions rendre à notre ancienne étudiante (...) est en images", a tweeté l'école lundi, publiant des illustrations pleines de légèreté et d'espièglerie. La jeune femme, qui a notamment travaillé pour le Crazy Horse, s'était rendue selon Libération au Bataclan avec son mari, qui s'en est sorti indemne, et des amis, dont deux ont été blessés.

- Maud Serrault, 37 ans. Elle était depuis trois ans en charge du marketing et de la communication de la filiale française de la chaîne hôtellière Best Western. Diplômée du Celsa, cette jeune mariée avait auparavant travaillé chez Renault, Intermarché, puis chez Hammerson. Selon Libération, son mari était avec elle au Bataclan, et a échappé au massacre.

- Valeria Solesin, 28 ans, est morte au Bataclan, après avoir été prise en otage avec son fiancé et deux proches. Cette Italienne originaire de Venise, doctorante en démographie, vivait depuis quatre ans à Paris. « Elle nous manquera et je pense, au vu de son parcours, qu'elle manquera aussi à l'Italie », a déclaré sa mère aux médias italiens. « Elle était le visage souriant et le cerveau brillant de la jeune communauté italienne à Paris », a témoigné un proche à l'AFP.

- Fabian Stech, 51 ans, tué au Bataclan était critique d'art et aussi enseignant d'allemand dans un lycée privé de Dijon. Né à Berlin, il était installé en France depuis 1994 où il était marié à une avocate dijonnaise et père de deux enfants.

- Ariane Theiller, 24 ans, était au Bataclan avec des amis lorsqu'elle a été abattue. Originaire du Nord, elle s'était installée à Paris où elle travaillait dans l'édition après des études de Lettres à Orléans et à Strasbourg.

- Eric Thomé, photographe et graphiste parisien, âgé d'une quarantaine d'années, passionné de musique, est mort au Bataclan.

- Olivier Vernadal, 44 ans, a été abattu au Bataclan. Agent des impôts à Paris, il était originaire de Ceyrat (Puy-de-Dôme).

- Luis Felipe Zschoche Valle, 33 ans, chilien, habitait depuis huit ans avec sa femme à Paris, où il travaillait comme musicien, selon les autorités chiliennes.

 Libé aussi a  publié la liste, plus détaillée, ici

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dimanche 15 novembre 2015

129 morts
352 blessés

vendredi soir, à Paris

ça semble tellement énorme, tellement incroyable, tellement insupportable et pourtant.
C'est arrivé ça s'est produit. Des hommes ont tiré sur d'autres hommes à la kalachnikov puis se sont faits exploser
Au nom de quoi ?

l'attentat a été revendiqué, et je n'écrirai pas le nom du dieu qu'ils évoquent, dont ils se revendiquent

la dignité veut qu'on évoque la mémoire de tous ces innocents disparus vendredi soir, dommages collatéraux dans une guerre soit-disant de religion, indigne, dégueulasse, menteuse, avec laquelle ils n'avaient rien à voir

qu'on les respecte

c'est épouvantable,
je suis épouvanté

je pense à tous ces morts qui n'avaient rien demandé

je ne pense qu'à eux
et à leurs proches

je ne veux pas prendre la pose cocorico bleu-blanc-rouge, je n'irai pas défiler dans la rue comme je l'avais fait après l'attentat contre Charlie, je ne chanterai pas la marseillaise, je n'irai pas pleurer sur les réseaux sociaux, ni témoigner devant les caméras

je ne regarderai pas les chaînes d'info qui tournent en continu et à plein régime et capitalisent sur la violence, la terreur, la douleur, la riposte,
et déjà les politiques (certains) qui profitent du moment, de la plus dégueulasse façon (je ne les nommerai pas non plus)

on est désemparé
on ne comprend pas
on ne sait plus

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vendredi 13 novembre 2015

casse-pieds

(Rêve)

repas de famille chez catherine p (ça ressemble à Cuse mais ça ne l'est pas)

avant il y a les préparatifs du matin (flou) bcp de monde et d'agitation je discute avec un (beau-frère ? beau-fils ?) de Catherine, c'est un bel homme barbu (j'ai sans doute été amoureux de lui, avant, mais peut-être que je ne le connais pas) il m'apprend, dans la conversation, qu'il a récemment commis une tentative de suicide

je ne sais pas commenti, mais on se retrouve dans l'entrée (ça pourrait être chez moi) allongés sur un canapé (une banquette plus tôt, le long du mur, sans dossier), sous une couverture, serrés l'un contre l'autre, tandis que je devine, par la porte de la cuisine entrouverte, les gens qui s'affairent... n'est-ce pas un peu risqué , d'autant plus que je m'aventure à des explorations manuelles bcp plus poussées (et qu'il a l'air d'apprécier)

c'est l'heure du repas (la table est dehors, mais en fin de compte on est plutôt dans le salon) une grande table, plusieurs personnes assez serrées, il ne reste plus que quelques places disponibles, il est surtout question de trouver un siège. Les gens assis ont déjà fini de manger l'entrée (de la salade de tomates), je tourne autour de la table pour trouver un siège. Arrive derrière moi l'homme du canapé, il tient un tabouret rond qui a l'air assez spacieux et confortable, je pense qu'il va me le tendre, mais non, c'est pour lui, il s'y assoie et commence à manger sans plus s'intéresser à moi. j'ai trouvé un ridicule pliant (c'est comme un siège de pêcheur, mais il est rond, pas très large (une vingtaine de centimètres), mais surtout il est creux, la garniture du siège ayant disparu, et on voit affleurer en dessous le pivot de l'axe central. Je ronchonne, d'autant plus qu'il y a derrière, entassées, toutes les "vraies" chaises du salon, bien rembourrées, dans les tons ocres, qui ont l'air confortables mais visiblement il n'est pas question de s'y asseoir

toujours en ronchonnant, je dis qu'à présent j'aimerais bien pouvoir me servir des tomates (ça a l'air très compliquée de trouver, d'abord le plat, puis une assiette vide pour se servir, les gens autour de moi continuent de manger et de rigoler, il y a même une jeune fille qui me regarde avec l'air de dire "quel casse-pieds celui-là!", j'arrive enfin à me servir, mais quand je me retourne, l'assiette qui était posée devant moi a disparu, quelqu'un a du desservir pendant que je ne regardais pas

Dominique me dit quelque chose que je ne comprends absolument pas, elle fait allusion à quelque chose qu'elle aurait pu/du faire mais qu'elle n'a pas fait

derrière, il y a à présent un rang de chaises où sont installées les gens du "deuxième service" (ceux qui n'ont pas encore / ou qui ont déjà) mangé, puisque je vois, dans les assiettes qu'ils tiennent devant eux des morceaux de viande (une viande qui à l'air vraiment très rosée, pas du tout assez cuite...)

arrive à la porte du salon Catherine P qui dit en souriant d'un air désolé "qu'elle n'a plus que des arena" -je ne suis plus sûr du mot, je l'avais pourtant en me réveillant-, je comprends qu'elle parle des tomates pour la salade...

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jeudi 12 novembre 2015

fin de rêve

Je suis dans le bureau d'une jeune graphiste (ou peut-être d'une intérimaire) elle me donne des conseils par rapport à la mise en page d'une affiche
Elle me dit que par exemple je pourrais faire faire comme ça : comme fond elle utilise une photo d'escaliers rouges et blancs de Bénarès, et que, par exemple, je pourrais mettre le nom du cinéaste en travers comme ça (elle a écrit Paul VACHELLI alors qu'il s'agit de Paul Vecchiali, ça me fait sourire intérieurement mais je ne lui fais pas remarquer sa bourde, visiblement elle ne le connaît pas). Je lui dis qu'avec les photos d'escaliers, c'est toujours facile de faire une mise en page intéressante (mais je ne lui dis pas que je n'ai, finalement, pas besoin de ses conseils et que je suis capable de me débrouiller seul)
Par contre, elle a sur son bureau un outil assez extraordinaire, que je prend pour mieux l'examiner, c'est un outil de graphiste constitué de plusieurs stylo, Rotring, porte mine, et d'autres otils que je ne (re)connais pas, reliés ensemble par une armature complexe de petits tubes de plastique très légers (un peu comme des pailles, mais plus rigides, plus solides) ça a l'air un peu compliqué à utiliser et je le repose prudemment, pour ne pas risquer de le casser

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mercredi 11 novembre 2015

gâteau du shah

NOUS TROIS OU RIEN
de Kheiron

Il y a des cas de figures pas si fréquents : un film qui sort de nulle part, que je découvre en même temps que sa bande-annonce (j'allais écrire accidentellement mais non, il y a eu un super plan-média), et que j'ai aussitôt très très envie de voir (même à la dixième fois que je  vois la bande-annonce). Je connaissais son réalisateur de nom, Kheiron, et surtout parce que je l'avais repéré dans Bref de Kyan Khojandi (qui apparaît d'ailleurs dans ce film), où il tenait -sous le même patronyme- un rôle récurrent d'obsédé sexuel (il sais très bien mimer la fellation), dont on n'entendait jamais la voix (on le voit finalement beaucoup moins que je croyais, je viens de vérifier en re-visionnant les 80 épisodes). Il y apparaissait aussi avec le crâne rasé, ce qui fait qu'on est un peu surpris lorsqu'on le voit dans le film (il y joue le premier rôle, celui de son père), avec de la voix et des cheveux. Mais on s'y habitue vite, à cette tignasse frisée et à cette voix (très) douce, presque en décalage avec l'apparence physique du bonhomme, barbe de trois jours et virilité révolutionnaire de rigueur.

C'est un film qui fait du bien (honte aux Inrocks, à Libé, aux Cahiaîs et à Pozsitif, qui l'ont passé directos à la trappe et sous silence, sans doute à cause de la double caution Gaumont et M6, ouhlala), sans démagogie ni putasserie, un film généreux et sincère, appliqué et bordélique, reconstituant et déconstructif, doux et amer, bref, avec quelque chose des pâtisseries orientales qu'on y aperçoit (d'aucuns ont le droit de trouver ça trop sucré, trop mielleux, trop calorique, trop poufpouf) : en ce qui me concerne, je suis près à prendre encore quelques kilos pour avoir le plaisir d'y revenir.

Kheiron raconte l'histoire de ses parents (et la sienne donc, aussi) de sa famille nombreuse, d'une tranche (on reste dans la pâtisserie)  d'histoire de l'Iran et de ses habitants, et de leur manque de bol récurrent, avec lequel ils ont vécu (ils vivent encore) puisque, ayant réussi, à force de manifestations, à mettre le Shah dehors, ils l'ont fait remplacer par l'Ayatollah Khomeyni, avec les tristes conséquences  que l'on sait. Toute la première partie a lieu en Iran, jusqu'à ce que la famille du jeune Kheiron (qui ne s'appelle pas  encore comme ça) réussisse à s'enfuir d'iran et arrive en France.

Les deux parties diffèrent plutôt sur le fond (la révolution et la répression en Iran dans la première, la réhabilitation et l'apprentissage du vivre ensemble dans une banlieue pourrie pour la seconde) que par la forme (on garde la même pâte scénaristique qui brasse généreusement l'émotion et le rire, le même filmage attentif et attendri -on comprend que Kheiron puisse être fasciné par ses parents et ait eu autant envie de raconter leur histoire-). Certains ont, semble-t-il, été désarçonnés par cette façon quasi-systématique de mélanger les genres, de glisser une vanne à un moment dramatique, ou au contraire de faire couler une larmichette dans une scène de rigolade. Je trouve ça aussi culotté que bien dosé, cette bienveillante façon de lisser le récit (même si ça le dessert -tiens, encore la pâtisserie- parfois : le fait de faire jouer le Shah par Alexandre Astier (de Kaamelot) tire par exemple forcément le récit vers la connivence gaguesque, en minimisant délibérément le drame.)

Des larmichettes, j'en ai versé, je l'avoue, et des rires aussi, j'en ai eu. Bon, c'est vrai que la seconde partie est un poil (de barbe!) moins intéressante a priori, qu'elle est moins forte, par son youplaboumisme -mais en même temps qu'est-ce que ça fait du bien, et encore plus si c'est une histoire vraie. On irait volontiers y vivre dans cette pourrie cité, même si tout ça finit aussi extrêmement bien qu'on avait pu le souhaiter . (Cette phrase a-t-elle un sens ?)-

Peut-être parce que je viens justement de finir de le lire (et parce que je l'aime beaucoup aussi), mais j'ai pensé plusieurs fois à la BD de Riad Sattouf (l'Arabe du futur) pour cette tendresse de l'évocation de l'histoire familiale, cette importance des références à l'enfance, cette façon de styliser, en somme, les événements (de la petite histoire et de la grande), ce sens du détail, cette importance donnée aux sentiments, aux liens affectifs, et à l'espoir, indéfectiblement. A la ligne claire (graphique) de l'un répond la ligne claire cinématographique de l'autre. C'est raconté comme un comic, et pourtant c'est son album de famille qu'il partage avec nous, qu'il n'a pas seulement feuilleté -oui oui, la pâtisserie- mais aussi scénarisé, mise en cadre, en couleur, avec tendresse, amoureusement presque (et ça se sent à la façon dont les acteurs nous (lui) renvoient en miroir, cette chaleur, cet amour, avec une tendresse toute spéciale pour Gérard Darmon et Zabou Breitman, Leïla Bekhti, elle, est juste parfaite.)

Bon, et (hmmm) c'est vrai que je le trouve toujours aussi mimi (et les autres "iraniens" aussi, je sais je sais ce n'est pas un argument critique recevable mais ça ne gâche rien) et que comme disait Marie à la sortie, c'est avec grand plaisir que je retournerai le voir, son film, et pas uniquement à cause de ça (les barbes de 3 jours et les cils de gazelle). Parce qu'on en sort avec un sourire grand comme ça, en même temps qu'on renifle un peu et qu'on s'essuie les yeux. Parfait pour ce mardi après-midi et cette nouvelle "séance spéciale retraités" : on était les benjamins de la salle, hihi!

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