dimanche 22 mars 2009

rice cooker

35 RHUMS
de Claire Denis

Certains films devraient être reconnus d'utilité publique, vu l'effet bienfaisant qu'ils produisent, et 35 rhums en fait partie (ils ne sont pas si nombreux, d'ailleurs.) C'est exactement ce dont j'avais besoin, l'autre soir, quelque chose de doux, d'apaisant...
Un conducteur de train, Lionel, sa fille, Joséphine, Noé, un jeune voisin, Gabrielle, une voisine,et René, un collègue de Lionel qui part à la retraite, voilà pour le microcosme humain de 35 rhums. Excepté René, tous habitent dans le même immeuble. Et s'aiment, chacun à sa façon. Le père et sa fille, la voisine et le père, le voisin et la fille, le père et le collègue... sans forcément le clamer haut et fort (le film n'est pas très bavard) ni l'exprimer explicitement.
Il est beaucoup question de trains, de voies ferrées, d'aiguillages, de trajets dans la nuit, dans un va-et-vient qui ressemble à la vie : le travail, le vestiaire, le trajet du retour, le rituel du soir (les pantoufles, la douche, le repas), et puis ça recommence. Avec des micro-événements : un vélo mal garé, une cigarette au balcon, un départ au concert, un chat mort... Oui, ça ressemble à la vie, et si, scénaristiquement, le film n'a rien (et c'est voulu) de remarquable ou de sensationnel, cinématographiquement, il est plein à ras-bord, d'humanité, de chaleur, de tendresse, de simplicité.
C'est filmé très simplement, sans affect, sans chichis, et c'est pourtant incroyablement beau. La force de l'évidence, de la simplicité (des lumières dans la nuit, deux portes au bout d'un couloir...) de la ville, de la vie, de ces personnages. Et l'on retrouve avec grand plaisir la tribu des habitués de  Claire Denis : Alex Descas (cet homme-là est parfaitement parfait) et Grégoire Colin (qu'on aura vu grandir, vieillir, au fil des films de Claire D.) le seul "intrus" en quelque sorte dans un choix chromatique, qui, dans un autre contexte, aurait pu prêter à sourire : ici, tout le monde est noir, de noir clair à noir noir, mais toutes ces belles personnes (ah, Joséphine, ah, Gabrielle, ah, Ruben...) ont une couleur de peau, qui, dans notre beau pays, ne les prédisposerait pas, hélas, aux meilleures destinées. Mais cette couleur ici est juste là, comme universelle, banale, anodine. Petites vies, comme les notres, petites histoires auxquelles on se doit d'être attentif, à l'écoute, dans cette chronique touchante, sensuelle, sensorielle, sensible...
Comment Joséphine prendra-t-elle son envol, et René sa retraite, et Lionel ses marques avec sa nouvelle vie, et Noé la décision de franchir enfin le pas... Chacun de nos amis ici à quelque chose à prendre. Et à donner aussi, tant le rapport aux autres est déterminant, prégnant, essentiel. Et la vie continuera...

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samedi 21 mars 2009

Gérard D.

(bouts de rêve 1)
... comme d'hab', je cherche ma voiture, que j'ai garée la veille. Je marche dans une zone urbaine, un peu escarpée, avec un genre de tumulus, sur un chemin qui en ferait le tour. Il ya des jeunes qui font des fouilles archéologiques (exhument des ossements ?) et c'est en rapport avec une aprtie antérieure du rêve, oubliée (un crime y aurait été commis, dont les preuves serainet mises à jour ?)
Je suis l'amant de Gérard Depardieu. il est vraiment très simple et très gentil. on est assis dans un genre de salon en demi-cercle, il discute avec des journalistes (?) j'assiste avec lui à la conversation, assis un peu à l'écart.
Je me lève pour aller pisser, je sors de la pièce, et marche dans les couloirs, je réalise qu'on est dans un centre de rétention, que je n'ai pas mes papiers sur moi et que je pourrais très  bien me faire arrêter à l'improviste. Sur la porte des toilettes, il doit y avoir une inscription genre "toilettes migrants"...
Quand je reviens dans le salon, il est vide, et une dame, genre attachée de presse, m'explique qu'elle va me conduire à la chambre de Gérard. Je la suis le long de couloirs en pierre qui font penser à ceux d'un château médiéval, l'image est très surexposée, comme s'il y avait bcp de lumière, j'ai peur de la perdre, elle marche vite sans se retourner.
On arrive à la fameuse porte et (référence à une chose déjà évoquée dans une partie antérieure du rêve) elle est toute petite, à peine une cinquantaine de centimètres de haut, et il faut forcément "se baisser pour y entrer" (c'est encore d'inspiration moyen-âgeuse, une genre d'ouverture en forme d'écusson de pierre, de meurtrière..)
Je réalise que je suis dans la chambre de Gérard Depardieu, et je suis un peu ému... C'est d'ailleurs plutôt un véritable appartement, une "garçonnière" (un duplex, même, puisque, en plaisantant, je le porte dans les escaliers qui mènent à la chambre, escaliers qui semblent revêtus d'une moquette/ fourrure blanche pas très bien ajustée, qui fait des plis, qui glisse un peu dans laquelle mes pieds s'enfoncent agréablement mais où j'ai peur de trébucher) Contre toute attente, il n'est pas lourd du tout, je le porte assez facilement, comme le Prince Charmant porterait Cendrillon, presque sans effort (d'ailleurs, ne serait-ce pas une princesse que je porte ?)
Nous arrivons dans la chambre, j'espère qu'il ne va pas se déshabiller tout de suite, il est en costard et j'aimerais pouvoir le déshabiller moi-même, ça serait excitant de lui enlever sa veste, puis sa chemise, etc.
(...)
Comme dans un film où on zapperait la scène de sexe. Il est dans la salle de bain, en train de se laver, je suis allongé par terre, et je l'aperçois par la porte entr'ouverte...

(bout de rêve 2) (je me suis réveillé, puis à nouveau rendormi)
Nous somme dans la salle de bains de Gérard D. Il est avec deux autres mecs, en train de se laver les dents, devant la glace d'un lavabo, devant moi sur la droite. Au fond de la pièce à gauche, il y a un autre lavabo, mais quand je m'approche, il est plein à ras-bord d'une eau sale et croupie, et je comprends qu'il est bouché et inutilisable.
Il y a aussi, sur la gauche (en face du lavabo ou Gérard et les deux mecs se lavent les dents en rigolant) un genre de baignoire, mais très étroite, au fond de laquelle semblent tremper plusieurs vêtements (dont un genre de combinaison rôsâtre et défraîchie), ce qui me la rend aussi inutilisable. J'ai ma brosse à dents à la amins, je voudrais bien pouvoir aussi me laver les dents. Il va me falloir attendre...

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vendredi 20 mars 2009

manif (et ce temps...)

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(je ne suis pas très objectif, je sais...)

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mercredi 18 mars 2009

micro58

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Je suis content, j'ai retrouvé Gerry, il était chez Pépin
(un seul dvd vous manque et votre dévédéthèque est dépeuplée...)

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Je ne fais que les sudokus "faciles", au-delà ça m'énerve.

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Comme une bestiole au fond d'une grotte qui me montrerait son museau

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Acheter une bouteille de vin juste parce qu'elle s'appelle "la pièce sous le bras"...

*

Pas "immense", la solitude, non, juste banale, ordinaire, "normale", quoi...

*

Le récapitulatif annuel de ma banque m'annonce que je n'ai pas été une seule fois à découvert ces douze derniers mois : j'ai du mal à y croire.

*

retrouver le plaisir (passager) de la chaleur dans les voitures restées stationnées au soleil

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"cul nu dans les fougères..."

*

Je n'ai pratiquement pas ouvert un livre depuis le début de l'année

*

"Comme vous voudrez..." (Princess Bride)

*

Les spectacles auxquels je pense trop tard et ceux auxquels je vais plus tôt que prévu

*

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dimanche 15 mars 2009

c'est comment qu'on freine

bashung

Je viens d'apprendre sa mort. Ca m'a fait quelque chose, vraiment... Beaucoup de souvenirs rattachés à beaucoup de ses chansons...

"Marcher sur l'eau, éviter les péages, jamais souffrir
juste faire hennir les chevaux du plaisir..."

(Osez Joséphine)

"Délaissant les grands axes j'ai pris la contre-allée..."
(Aucun express)

"Non y a pas l'feu au Q.G
Le feu au Q.G..."
(L'arrivée du tour)

"Volutes partent en fumée
Volutes font des nuées
dénuées de scrupules..."

(Volutes)

"Martine me dit je veux pas qu'on m'aime
Mais je veux quand même..."

(Martine boude)

"Bijou bijou, te réveille pas surtout
J'vais pas faire de bruit, juste un café et c'est tout..."

(Bijou bijou)

"Si tu me quittes est-ce que j'peux venir aussi ?
Encore une nuit sans Georges, encore une nuit sans Georges..."
(Camping jazz)

Gaby, (bien sûr), Lavabo, Martine boude, C'est comment qu'on freine, Les petits enfants (live), Toujours sur la ligne blanche (live), Bijou bijou (live), What's in a bird, Elégance, L'arrivée du tour (remix) , l'album Novice dans sa quasi-totalité, A perte de vue, Un âne plane, L'apiculteur, Osez Joséphine, Volutes, Madame rêve, Je passe pour une caravane, Aucun express, Hier à Sousse, Vénus, Je tuerai la pianiste...

Oui, ça m'fait quelque chose...

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samedi 14 mars 2009

"nous sommes tous dans ces voitures..."

L'AUTRE
de Patrick-Mario Bernard et Pierre Trividic

Ce récit à quatre mains est comme enchassé entre deux séquences proprement sidérantes : la première, celle qui l'ouvre, est un ballet de lumières (nocturne, muet) qu'on n'identifiera qu'au bout d'un certain temps, et le seconde, qui le clôt, un bouleversant (parce que très simple) monologue de Dominique Blanc, sur fond d'humanité encore une fois nocturne. Entre les deux ? Deux coups de marteau (enfin, le même répété deux fois, le film comme ouvre et ferme des parenthèses), et l'histoire d'une femme qui dit à l'homme qui l'aime qu'ils devraient arrêter de se voir, qu'il devrait aller voir ailleurs, et qui, à partir du moment où l'homme en question lui annonce qu'il a rencontré quelqu'un, va n'avoir de cesse de savoir qui, et se mettre compulsivement (et maladivement) à la recherche de cette autre, qui lui ressemble, qui a le même âge qu'elle, qui lui a succédé, qui, au sens strict, a pris sa place... Oui, qui l'a remplacée.
Dominique Blanc (oh que je l'aime cette dame...) a amplement mérité son prix d'interprétation à Venise, tant elle est l'axe omniprésent autour duquel tout s'articule, tout s'agence, tout prend forme, puisque, par définition elle en est à la fois le centre et la périphérie, celle qui cherche et celle qu'on cherche, un genre de ligne d'horizon obsessionnelle, de point de fuite, d'asymptote. Avec un personnage peut-être très tourmenté, mais joué très simplement, sobrement, calmement. Il s'agirait ici plutôt de sous-jouer que l'inverse.
Attention, on n'est pas dans Liaison fatale, on serait plutôt, le plus possible, dans la réalité, la vraisemblance. Ou presque. Quelque part entre folie et fantastique. J'ai pensé (je ne saurais pas dire exactement pourquoi) plusieurs fois au très beau Vendredi soir de Claire Denis, et d'autres fois (les scènes du miroir et du papier-journal) à la claustrophobie finale du Bug de Friedkin. mais ce qui est certain c'est que les réalisateurs ont un univers aussi personnel (avec lequel, en ce qui me concerne, je suis totalement entré en résonnance) qu'extrêmement élaboré.
Un film essentiellement nocturne mais plein de lumière, de lumières. Lumières urbaines, phares, enseignes, lampadaires, balises, lumières de c'est beau la nuit une ville qui palpite, baignées souvent (la bande-son est superbe) de liquidités electroniques. Et cette femme qui marche sans fin, perdue dans la nuit, perdue dans sa nuit..

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vendredi 13 mars 2009

la tête dans le sac

WELCOME
de Philippe Lioret

J'aime bien le cinéma de Philippe Lioret (et non pas Loiret comme j'ai entendu une jeune journaliste étourdie le prononcer...). Il y a la quelque chose d'intime, de sincère, de pudique, bref d'humain, comme j'aime. Et celui-là ne faillit (??) pas à la règle... J'y ai pleuré, plusieurs fois, au milieu, et bizarrement pas à la fin. Mais c'est un film qui reste longtemps dans la tête et dans le coeur, comme un sentiment diffus, une petite rythmique obstinée qui prendrait tout son temps pour redescendre à marée basse.
Un maître-nageur (Vincent Lindon, idéalement bourru mais virilement fragile, enfin, bref, encore une fois parfait pile-poil) vient en aide à un jeune Irakien qui veut traverser la Manche à la nage pour aller rejoindre sa bien-aimée.
Un maître-nageur en train de divorcer (ou de tenter de cicatriser une déchirure conjugale visiblement pas tout à fait désinfectée) et qui tente, peut-être, par ce biais, de reconquérir sa belle, une prof qui fait aussi dans le bénévolat humanitaire (elle distribue avec d'autres de la nourriture aux réfugiés de tout poil (!!!) qui viennent se casser le nez à l'entrée du port de Calais où  tombent en miettes leurs rêves britanniques et s'en font impitoyablement refouler.
Un maître-nageur jusque là sans souci qui va soudain mettre le nez dans la réalité assez nauséuse de la vie de ces sans-papiers, y tomber de haut et profond, et plonger à corps perdu dans une aventure humaine qui au départ le dépasse.
Car c'est bien d'humanité dont on parle. De chaleur humaine, de relations humaines, de proximité humaine.  Dans un monde où on s'aperçoit soudain qu'on peut être puni par la loi simplement parce qu'on a aidé son prochain. Dura lex sed lex ? voire...
Le réalisateur a l'extrême élégance de filmer  des personnages toujours en demi-teinte, personne n'est ni tout noir ni tout blanc, ni le maître-nageur au (soudain) grand coeur, ni le sans-papier qu'on héberge (mais qui a besoin de liquidités) , ni le flic en apparence "zélé" (mais qui réussit à nous sous-entendre que...), ni le jeune tourtereau (qui ne veut pas entendre la vérité...), etc.
Sur fond de plage grise et froide, de crépuscule crachineux, de voisins prompts à dénoncer, de vigiles "qui ont des ordres", bref, d'un monde  étrangement proche de celui dans lequel on est plongé jusqu'au cou, où le "welcome" paraphé sur un paillasson n'est plus qu'un mot vide de sens, un sourire fallacieux (faux-derche serait plus juste), une formule de politesse désuète et illusoire...

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mercredi 11 mars 2009

tout est dans tout

J'ai quand même réussi à sortir cet après-midi, tellement il y avait une sacrée belle lumière dehors (le ciel bleu comme lavé par tout cette flotte tombée hier) et, en effet, dehors, j'étais servi : il y avait des reflets partout (consécutifs à la même épouvantable flotte d'hier), ici et là, et plus loin, des immenses (la plaine de Vaivre était comme une succession d'immenses miroirs immobiles) et des plus modestes, je suis donc retourné chercher l'appareil-photo pour en piquer quelques-uns :

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mardi 10 mars 2009

esquifs

On dérivait, peinard, sur son radeau.
Et voilà qu'on perçoit comme un signal amical, venu d'une autre embarcation. On se frotte les yeux. Lointain, d'abord, mais indéniablement amical. Lointain mais proche.Tiens tiens on se dit.
Chacun sur son radeau, dérivant. Lointain, amical, dérivant. On godille alors, pour se rapprocher, pour en savoir plus. L'âge du capitaine, la couleur de son drapeau.
Chacun sur son radeau, bateau fragile, équilibre précaire. Il faut être prudent, le préserver (l'équilibre), garder le cap, ne pas aborder prématurément.
Naviguer de concert (de conserve ?). Envisager l'accostage. Et les modalités de.
S'envoyer comme qui dirait des bouteilles à la mer.

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dimanche 8 mars 2009

le candidat

HARVEY MILK
de Gus Van Sant

Délaissant pour un temps ses expérimentation filmiques que j'aime tant (surtout Gerry) Guschounet nous livre ici la biographie mainstream d'un homme émouvant : Harvey Milk, le premier homme politique ouvertement gay des Etats-Unis (et qui a fait beaucoup pour la structuration de la communauté gay) assassiné politiquement en même temps que le maire de San-Francisco par un de ses pairs. La reconstitution est touchante (beaucoup de documents d'époque et quelques reconstitutions épiques), on y retrouve des noms et des dates qui ont fait mouche/tâche dans l'histoire du mouvement gay (la tristement célèbre Anita Bryant notamment), Sean Penn est très très bien (et ses copains/pines aussi) mais, étrangement ?, je suis un peu resté à distance, alors que, par exemple, mes voisins (hétéros) ont a-do-ré et l'ont fait d'ailleurs savoir à la sortie de la salle (à leurs copains qui les y avaient envoyés et s'excusaient de ce que le film fût en VO et qu'ils ne les en eussent pas prévenus).
C'est très bien, mais ce n'est pas très très bien,(vous saisissez la nuance ?) en ce qui me concerne. Utile, documenté, inattaquable, mais restant dans les limites du biopic.

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