mardi 23 mai 2017

laszlo szabo forever

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LES FANTÔMES D'ISMAËL
d'Arnaud Desplechin

Ça c'est étonnant : la bande-annonce raconte un film, mais qui n'est pas celui qu'on va voir. Enfin, pas exactement. Qui n'en serait qu'une petite moitié. On savait qu'Ismaël avait des fantômes (enfin, un(e), surtout), mais on ignorait qu'il réalisait un film sur son frère (c'est une des autres moitiés du film). Et, comme souvent chez Desplechin (surtout dans les derniers films), il y a autant de choses qui me fascinent que de choses qui m'agacent.
Dès le début, si on connaît la bande-annonce, on est désarçonné puisqu'on est embarqué dans l'autre moitié du film (le film, donc, que tourne Ismaël, mais on ne le sait pas encore) avec des diplomates, suppose-t-on, qui parlent d'un autre diplomate, et de son protecteur. Question acteurs, je suis content, puisque je reconnais au milieu du groupe un acteur que j'aime beaucoup, Philippe Fretun, (qui je trouve, vieillit merveilleusement), puis en la personne du protecteur un autre acteur qui m'émeut, le grand Jacques Nolot, très "Ors de la République" en patron matois du Quai d'Orsay.
On découvre que (le jeune) Dedalus est joué par un fringant Louis Garrel avec les cheveux razibus (on n'a pas l'habitude, ça lui va bien). On croit encore qu'il s'agit d'Ismaël, jeune, mais on apprendra plus tard qu'il s'agit de son frère. Ledit ismaël (Amalric, bien sur, on n'est pas chez Desplechin pour rien) nous est présenté avec son amie Sylvia (Charlotte Gainsbourg, divine), et commence alors le film qu'on avait pressenti dans la bande-annonce. Un portrait de Carlotta (hmm hmm) nous apprend que sa femme a disparu 20 ans auparavant et qu'elle a été déclarée morte. On fait alors la connaissance de son vieux père (joué par un exquis Laszlo Szabo qu'ici on révère, n'est-ce pas Pépin?), un vieux cinéaste, qui est le meilleur ami d'Ismaël (qui n'hésite pas à se rendre à son chevet lorsqu'il le réveille en pleine nuit à cause de ses cauchemars). On aura entre-temps entamé le premier d'une série de flashes-back (intitulés "deux ans auparavant", où on apprend comment Ismaël a fait la connaissance de Charlotte (qui est astrophysicienne), qui (les flash-backs) réapparaîtront régulièrement par la suite.
Puis nos tourtereaux sont en villégiature sur une île (Charlotte à la plage, Ismaël dans son bureau) et voilà-t-y pas que réapparaît, surgissant quasiment des ondes (c'est très réussi) la fameuse Carlotta (jouée par une Marion Cotillard qui m'a plutôt surpris, tellement elle a la faculté de ne pas se ressembler du tout, par moments), qui fond sur Charlotte, se présente, et se fait ramener à la maison. laquelle Carlotta a une petite idée derrière la tête, concernat Ismaël, mais ne sait pas trop quoi faire avec son père (laszlochounet) : quand on réapparaît au bout de ving ans, on assume, et on ménage les vieux coeurs fatigués.
Et, comme dans la course de chars de Ben-Hur, tout ça va se mettre à galoper, de plus en plus vite, à se poursuivre, à se rattraper, à se mettre des bâtons dans les roues, à déraper, à s'emballer, à déballer, à remballer... et il est conseillé d'attacher soigneusement sa ceinture si on ne veut pas finir largué comme un vieux paquet soudain tombé d'une malle-poste mal fermée, et abandonné au beau milieu de la chaussée en pleine nuit.
Plusieurs histoires, plusieurs époques, plusieurs conflits... On a l'impression qu'il manque des trucs, que le montage est mucho eliptico (attention, je n'ai pas dit epileptico!) mais  il semblerait que Thierry F. soit intervenu auprès d'Arnaud D. pour lui faire raboter un peu la durée de son film, le faisant passer sous la toise des deux heures alors qu'il en faisait au départ un peu plus, et que cette autre version (orininale) aurait été également distribuée en même temps que celle-ci, dans quelques salles qu'on supposes parisiennes et élitiquement (?) choisies).
Enfin, tel que, ça fait un peu trop chantier cérébral à mon goût, avec connivences universitaires et cinéphiliques (à qui donc peut-ce faire une belle jambe que celui-ci s'appelle Bloom et l'autre Dedalus, hein ? Quelqu'un aurait-il écrit une thèse sur Joyce lorsqu'il était plus jeune ?), ça part dans tous les sens, mais Desplechin oblige, tous les critiques ou presque a-do-rent et révèrent et se prosternent. C'eût été signé de quelque moins panthéonique nom que, j'en suis sûr, des tomates auraient volé (j'exagère à peine) et que des bouches se seraient sans doute  davantage pincées (le "C'est bordélique!" que d'aucuns n'auraient pas manqué de crier se mue alors "C'est un feu d'artifice", par exemple. Et tiens, justement, d'artifice(s), on pourrait d'ailleurs en parler...)  .
On passe un excellent moment, on reconstitue les histoires sur son bloc-note mental, on comble les failles, on colmate les interstices, on surligne les citations, oui, c'est plaisant. On se dit que certaines scènes (de colère, notamment) semblent un poil excessives et surjouées et, pas justes, convaincquent donc moins, mais bon. Dialogues bien écrits, bien mis en place, acteurs excellents (ah je n'ai pas mentionné Hyppolyte Girardot, ni Alba Rohrwacher, ni Bruno Todeschini, qui pourtant le méritent.). On se dit que le traitement de la fin est spécialement désinvolte (plutôt qu'un déroulant nous informant des ultimes péripéties personnelles, il a été jugé plus intelligent de faire lire le prompteur -et faire le boulot- par Charlotte G., assise face caméra, ce qui constitue le comble de l'audace nôôôn ?)
Et on sort, quand même en se disant qu'on préfèrerait un cinéma peut-être moins brillant (clinquant) certes, mais qui se regarderait beaucoup moins complaisamment le nombril...

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lundi 22 mai 2017

taille de guêpe et gros pétard

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LA VENGERESSE
de Bill Plymton & Jim Lujan

Je ne l'ai pas chroniqué tout de suite, et il s'est hélas déjà presque évaporé. Vu à une séance de retraité (jeudi, 13h45), seul dans la salle, et j'y ai hélas copieusement -et irrémédiablement- dormi, mais pas le sommeil de plomb boum! qui vous assomme pour une plombe, non, le petit sommeil sournois, exaspérant, clic je regarde clic tiens j'avais fermé les yeux clic je re-regarde clic oh mondieumonideu je re-dormais encore.
J'adore le graphisme excessif de Bill Plymton, ces visages et ces corps hypertrophiés, distendus, malmenés, ces personnages improbables, ces méchants d'anthologie.
je me souviens de la scène d'ouverture, ou un méchant retranché dans une chambre d'hôtel se fait arrêter grâce à un faux room service de clopes, de bières, et de magazines de cul
Je me souviens d'une belle brune (la vengeresse du titre) qui conduit des bolides et tire à l'arc
Je me souviens d'une mémé qui manie le taser
Je me souviens d'un ancien catcheur qui n'est pas le philantrope qu'il prétend être
Je me souviens d'un faux réparateur de wc
je me souviens d'un biker qui fait exploser la cuvette tellement il pousse fort
et je vous mets plein d'images tellement je suis morfondu de honte d'avoir si copieusement dormi.

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Revegeance

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samedi 20 mai 2017

qu'angola que l'amour...

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LETTRES DE LA GUERRE
d'Ivo M Ferreira

Un film dont j'ignorais tout avant qu'hervé n'en parle. Antonio Lobo antunes je connaissais juste de nom, mais je n'avais jamais fait l'effort de m'y plonger. Il s'agit ici des lettres qu'il a envoyées à se femme alors qu'il était médecin militaire en Angola. J'avoue que le résumé ne m'en avait pas fait plus frémir que ça et que je m'y suis rendu, cet aprèm', dans le bôô cinéma,  moitié par curiosité et moitié par politesse.
Et vlam! (c'est le bruit d'une claque (ou plutôt vlam! vlam! plutôt le bruit d'une bonne paire) dans la figure, pour figurer à la fois la surprise et l'intensité de celle-ci).
Ivo M. Ferreira a réalisé un film qui m'a mis doublement (voire, triplement) sur le cul. Lettes d'amour, donc D'Antonio Lobo Antunes à son épouse, lettres d'amour quotidiennes, tour à tour lyriques, embrasées, splendides, incandescentes, débordantes. Rien que ça pourrait justifier d'aller voir le film (elles sont lues le plus souvent par une voix féminine -celle de leur destinataire- mais quelques fois, aussi par une voix masculine (celle de l'expéditeur).
Et ces lettres viennent se poser sur les images de la vie de notre médecin épistolier en Angola, au sein d'une guerre où personne en comprend grand-chose. La vie militaire, quotidienne, au ras des paquerettes, filmée dans un noir et blanc à la fois simplissime et grandiose. Et le décalage entre ces deux formes narratives (au terre-à-terre de la vie des bidasses répond le ciel-à-ciel des lettres lues) produit un effet de sidération qui grandit plus le film progresse. Je m'en suis déjà expliqué plusieurs fois auparavant ici même, bien qu'étant un pacidiste convaincu je suis pourtant... séduit, très souvent au cinéma dès qu'il est question des bidasses, troufions et autres piou-pious, mais bien plus dans leur quotidien (le camp, les chambrées, l'inaction, les chaussettes sales, bref le prosaïque) que lors des attaques, représailles, et autres opérations logitisques et guerrières qui ne me passionnent pas vraiment.
Et (la référence m'avait fait peur car je n'avais pas vraiment aimé le film) le sublime noir et blanc à la Tabou (de Miguel Gomes) cisèle à merveille des ambiances à la fois triviales et lyriques (on suit le traintrain d'Antonio, le narrateur, au jour le jour, dans la rusticité moite de son camp à Chiunge, avec sa routine, ses incidents, ses rencontes) que la perfection des cadrages, des contrastes, des angles de prises de vue, viennent encore magnifier.
Et plus encore le texte de ces lettres d'amour, toujours fascinantes, mais dont quelques-unes sont carrément sublimes, tant l'écriture se fait incantation (je pense à une, notamment, qui n'est qu'une longue liste de qualificatifs de l'aimée).
Je m'en suis d'autant plus voulu d'être un tout petit peu tombé en somnolence au tout début du film, et j'ai dû me pincer avec la plus grande énergie pour, par la suite, ne plus en perdre une miette.
"Une splendeur" dit l'affiche, et c'est tout à fait juste.
Encore une fois merci, Hervé.
Top 10, probablement.

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mardi 16 mai 2017

tasse de thé

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GET OUT
de Jordan Peele

Un petit film sorti d'à peu près nulle part, et exploité en France parce qu'il a rapporté beaucoup de pépètes aux USA. Affiche noir et blanc, simple, efficace (gros plan sur les yeux d'un mec), titre simple (dont on ne sait pas toujours exactement comment le traduire) tout à fait à l'image du film, puisqu'il est question de Noirs et de Blancs (faut-il une majuscule ou pas ?) Le film est en couleur (normal, pour une histoire de noirs et de blanc) et plutôt malin.
Sans surprise dans les surprises, que, justement, il distille à intervalles réguliers, ni dans la construction, (on croit deviner grosso modo ce pourquoi on est venu) mais incontestablement efficace. Après une scène d'ouverture "classique" (mais nocturne et inquiétante), un genre de mise en appétit, on fait la connaissance du héros (le black du regard de l'affiche) et de sa copine (blanche) qui partent en week-end dans la famille de la dulcinée. Comme c'est la première fois, il s'inquiète de savoir si elle a prévenu ses parents qu'il était black, et elle lui assure qu'ils ne sont absolument pas racistes. Ils ont l'air, effectivement, très sympathqiues et ouverts et accueillants et décontractés et souriants. Trop, peut-être, se dit le spectateur habitué à la structure des films "inquiétants".  D'autant plus qu'il hébergent chez eux deux personnages énigmatiques, qui font office de personnel de maison multicasquettes, qui ont la particularité d'être tous les deux noirs et un peu étranges... Le héros se relève la nuit pour fumer discrétos dans le jardin, il va expérimenter diverses choses, toutes aussi étranges.
Car, bien entendu, le week-end ne va pas se passer DU TOUT comme prévu, et je ne peux hélas en révéler davantage, mais il faut reconnaître que c'est bien goupillé, la montée progressive de l'angoisse, les détails mystérieux, les choses qu'on ne comprend pas sur le coup mais qui trouveront une explication ensuite... Vous vous doutez bien que personne ou presque n'est vraiment ce qu'il a l'air l d'être au début du film et que le héros va passer de Charybde en Scylla, et aura besoin de ruser grave (mais bon, normal, c'est le héros, il est fait pour ça , hein) pour réussir à s'en sortir.
Une bonne surprise, donc. (le film passait dans le bôô cinéma, mais uniquement en vf, j'ai préféré ne pas tenter l'expérience, et j'ai préféré attendre que quelqu'un de gentil le mette à dispo sur le ouaibe et en vo, pour le regarder sur mon ordi, samedi bien soir, et j'avoue qu'à la fin j'avais tout de même un peu les pétoches, dans le noir, je suis d'ailleurs descendu voir la fin de l'eurovision pour me changer un peu les idées...).
Un film beaucoup moins anodin qu'on aurait pu le croire à première vue (on pourrait même le qualifier de "politique", si si, à la façon dont le sont les films de John Carpenter, de Georges Romero, ou de Wes Craven) et qui a le mérite de finir "proprement" (il est plus question ici d'éthique que d'hémoglobine, sur ce dernier point, il faut reconnaître qu'il est très salissant), en nous épargnant, en plus, l'habituel et insupportable rebondissement hyperfinal qui vous fait sursauter dans votre fauteuil alors que vous croyiez que tout était fini. Non, là, quand c'est fini, c'est fini. (quoique, en y réfléchissant bien, un petit Get Out 2, non ???)

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affiche américaine

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affiche française

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lundi 15 mai 2017

en long


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dimanche 14 mai 2017

"dévergondées"

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JE DANSERAI SI JE VEUX
de Maysaloun Hamoud

Le film est dédié à la mémoire de Ronit Elkabetz, et il est produit par son frère, Shlomi Elkabetz. déjà rien que le titre me plaisait, et  j'avais très envie de le voir. Et j'avais bien raison (même si, comme me l'a dit malou, Téléramuche ne délivre parcimonieusement qu'un seul petit T). Beau portrait de femmes, à Tel Aviv, aujourd'hui. Dès la scène d'ouverture, le ton est donné : une future mariée se fait épiler les jambes à la cire par une vieille femme, qui lui donne des conseils pour son futur état matrimonial : être belle, servir l'homme,... et fermer sa gueule. L'éternel "Sois belle et tais-toi" à la sauce palestinienne.
Tel Aviv a déjà été le décor de films que j'aime (notamment The bubble, d'Eytan Fox, si je ne m'abuse), ici, il sera plutôt nocturne (puisque c'est surtout-là que ces femmes peuvent tenter de vraiment vivre leur vie.) Noctambulerama. Pour danser,  chanter,  boire,  fumer (et pas que des cigarettes). Le film fait, justement, la part belle à la musique (électro) , - et Emma m'a rappelé que la bande-annonce m'avait, déjà, accroché l'oreille...-, et l'habillage (du film) est au diapason, avec un générique plaisamment graphique, duel, décliné en surlignage vert et rouge, soulignant ce que j'aime aussi beaucoup dans le film, le fait qu'il est israélo-palestinien (ou plutôt palestino-israélien, puisque, si la main qui tient la caméra est arabe, celle qui a donné les sous est juive...) et rien que ça, pour moi, constitue déjà une excellente raison d'y aller.
Trois femmes dans cet appartement (la dernière arrive en remplacement de celle qu'on a vue se faire épiler dans la scène d'ouverture et qui est donc partie se marier). Layna est avocate (et fêtarde), Salma est barman et d-j (et fêtarde aussi) et toutes les deux, cheveux au vent (qu'elles ont sublimes, -les cheveux-) voient débarquer Nour, dûment foulardée, sans aucun (cheveu) qui dépasse, avec sa valise à roulettes, et son manteau réglementairement boutonné du bas jusques en haut. Elle est étudiante, a un "fiancé" (réglementaire lui aussi) qu'elle doit prochainement (et tout aussi réglementairement) épouser.
Evidemment, les trois héroïnes vont évoluer, au contact l'une de l'autre. Trois femmes, trois cas de figures, trois relations différentes avec l'horrible et omniprésent (et sacro-saint, et écrasant) pouvoir machiste qui se manifeste notamment sous la forme d'un fiancé sourcilleux et pressant, d'un père pas très compréhensif, d'un amant qui se veut large d'esprit mais ne l'est peut-être pas tant que ça.
Jour et nuit. le film alterne donc les scènes de teuf (la nuit) et les aléas du quotidien (au jour le jour). Chacune des trois se débrouille comme elle peut avec son problème perso (l'indépendance / la soumission / la différence) mais c'est bien souvent à plusieurs qu'elles réussissent à faire un peu avancer les choses, chacune à sa manière et mettant au service des copines les moyens dont elle dispose.
Ce que le dispositif pourrait-avoir de théorique (recenser différents cas de figure) et de linéaire (l'histoire de Nour, par exemple) est contrebalancé par le joyeux bordel des scènes nocturnes, les néons urbains et les stroboscopes, son lyrisme électro-échevelé, sa sensualité, qui sent la sueur, la fumette, les shots de téquila, les "desserts" que chacun apporte à tour de rôle. La liberté, quoi. ("Les ordres du jour et les désordres de la nuit", ça ne serait pas du Ferré, par hasard ?*)
C'est surtout ça qu'on retient du film, la zique qui tape, les couleurs qui claquent, cette belle énergie déployée par ces femmes, dont on souhaiterait qu'elles poussent du coude et donnent l'exemple à toutes les copines, soeurs, mères, tantes, grand-mères, dont les yeux sont encore bien souvent occultés par le foulard qui les cache (et que certaines continuent de demander  -revendiquer- avec obstination) pour que, enfin, les choses changent un peu.
Car il faut bien reconnaître que les mâles du film ne sont pas forcément à leur honneur (mais bon, hein, ils l'ont bien voulu, et méritent ce qui leur arrive) en tant que piliers des traditions, des obligations, du phallocentrisme, de la domination des couilles, de l'asservissement des femmes... (quand même, si, un très joli -et folklorique- personnage de gay follissime mais attendrissant).
Je suis d'autant plus étonné que la critique du Monde, pourtant écrite par une femme, traite le film quasiment avec des pincettes ("C’est finalement à un exercice de ventriloquie auquel on assiste, où la réalisatrice ne donne à ses héroïnes aucune autre option, sinon l’obligation pour elles d’être des étendards et de n’exister qu’à travers une unique problématique." écrit-elle, ce que je ne suis pas d'ailleurs certain de bien comprendre...)

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* Ben non, j'ai googlé et je n'ai rien trouvé...

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samedi 13 mai 2017

avec un accent grave

Le Cran d'arrêt, éditions Denoël, 1985

Un couple, éditions Gallimard, 1987

Sa femme, éditions Gallimard, 1993 (Prix Médicis 1993)

Vendredi soir, éditions Gallimard, 1998

Stallone, éditions Gallimard , 2002

Tout s'est bien passé, éditions Gallimard, 2013

Emmanuèle Bernheim est morte il y a quelques jours.
Je crois que c'est Philou qui m'avait  fait découvrir (Le cran d'arrêt) ces romans petits par la taille mais intenses de par leurs mots. Avec une tendresse particulière pour Vendredi soir,
(et le magnifique film qu'en a tiré  Claire Denis, avec Valérie Lemercier et Vincent Lindon.)
Je les ai tous lus, relus. Et plusieurs fois offerts (notamment Sa femme , à Zabetta, pour son deuxième mariage).
Le dernier, Tout s'est bien passé, n'était pas un roman, mais un essai, une chronique plutôt, sur la mort de son père.

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mardi 9 mai 2017

le congélateur, etc. (additif : "sans oublier le bazooka")

(pourquoi va-t-on revoir les films ? suite)

(- parce qu'on en a fait beaucoup de publicité à tous ses amis et aux autres, et qu'on voudrait être bien sûr que ça le mérite...)

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TOMBÉ DU CIEL
de Wissam Charaf

Manue m'avait smsé qu'elle l'avait vue la veille au soir et qu'elle était toute seule dans la salle. Vendredi à 16h, avec Marie, nous étions quatre (encore trois femmes et moi, hihihi). Autant Aurore est un film de femmes, autant celui-ci se revendique comme un film d'hommes (c'est sans doute une des choses qui m'ont fait tant l'aimer quand je l'ai vu à Belfort/Entrevues en décembre dernier ; je me souviens que j'avais jubilé de façon quasi continue pendant tout le film (comme vous pouvez le revoir ici)). Là, il s'avéra que je ne jouissais plus de l'effet de surprise (qui est sans doute pour beaucoup dans le plaisir qu'on prend au film) et que je l'ai donc revu plus...  posément (avec moins d'exaltation que la première fois). Preuve que j'étais redevenu calme, j'ai même pris conscience de certains -oh, minimes- défauts, (je devrais plutôt dire "fragilités") dans la structure, dans l'enchaînement des séquences. Et le sentiment, finalement (comme dans Aurore!) qu'il ne manque pas grand-chose pour que de très bon ça devienne excellent.
Non pas que je  regrette de l'avoir fait figurer dans mes films de l'année (je persiste), mais je ne (me) mentirai pas non plus en reconnaissant que le fait que le héros ait une si jolie barbe poivre et sel n'y est pas non plus tout à fait étranger. (midinet un jour...).Là je suis resté un poil (!) (le film est pourtant pileux) sur ma faim, peut-être justement parce que j'en aurais voulu plus (de temps).
Wissam Charaf a écrit le scénario, mis en scène, réalisé, composé la musique (une des choses qui m'avaient, aussi, beaucoup plu la première fois) de son premier long-métrage de fiction (il a auparavant réalisé quelques courts puis un documentaire, All in Lebanon), et j'aime sa façon de dire (et de montrer) les  choses. En lui conseillant juste, peut-être, d'étoffer son propos.
Ce qui m'a beaucoup intéressé (fait réfléchir), ce fut la discussion qui suivit, avec Marie, devant le cinéma. Et de voir que sa manière de digérer (d'accepter) les éléments surnaturels du film n'était pas du tout la même que la mienne. Moi je suis bon public, j'ai joué le jeu,et accepté implicitement l'aspect surnaturel (et non expliqué) de certains faits. C'est comme ça, parce que le réalisateur l'a souhaité. Sa façon à lui de chantonner, comme Bourvil "C'était tout juste après la guerre..."
Les hommes, la guerre, la mémoire, le désir... Et le bazooka.
(la bande-annonce )

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(les deux frérots)

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la nouvelle affiche (dont je ne suis pas certain qu'elle serve vraiment la cause du film...)

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lundi 8 mai 2017

vote gris

(dans Libé du 2 mai, cette tribune que j'avais trouvée pleine de bon sens)

 

Monsieur Macron,

Le 23 avril, nous avons voté Hamon, Mélenchon, Poutou, Arthaud. Nous faisons partie des 27,67 % d’électeurs d’une gauche socialiste rénovée, de la France insoumise, de la gauche anticapitaliste, sans qui vous ne serez jamais élu le 7 mai.

Nous ne nous sommes pas reconnus dans votre personne. Nous ne nous reconnaissons pas dans vos revenus faramineux et les risques que vous auriez pris, alors que nous trimons pour décrocher un CDI et fonder une famille.

Nous ne nous reconnaissons pas dans les réseaux de parrains, de mentors et de think tanks qui vous ont ouvert toutes les portes et qui attendent la monnaie de leur pièce. Nous ne nous reconnaissons pas dans les mercenaires de la politique qui accourent vous faire des offres de services, et sans qui vous ne pourrez pas gouverner longtemps. Nous ne distinguons pas une stature présidentielle dans l’absence d’obstacles, d’échec et de travail concret que votre vie raconte. Dans votre démission tapageuse, alors qu’on vous avait fait l’honneur et la grâce de vous nommer ministre pour servir la République. Dans l’orgueil qui est le vôtre d’être président de la République ou rien.

Nous ne reconnaissons pas une presse pluraliste dans les médias dominants qui vous ont consacré des dizaines de unes depuis deux ans, au détriment des autres candidats. Nous ne souhaitons pas devenir milliardaires car, pour nous, un milliardaire est quelqu’un qui a échoué à reconnaître ce qu’il doit aux autres, le parfait symptôme d’une société d’inégalités. Et vous nous donnez déjà trop l’image d’un gagnant au Loto de la politique.

Nous ne reconnaissons pas une grande modernité dans une présidence «jupitérienne» qui rétablira les chasses présidentielles, les ordonnances, réduira l’activité législative à trois mois par an. Nous ne nous reconnaissons pas dans un Charles de Gaulle sans la Résistance, un Mitterrand sans l’éloquence, un Rocard sans l’intelligence.

Nous ne nous reconnaissons pas dans votre joie indécente au soir du premier tour où a triomphé l’extrême droite, nous n’avons que faire de voir votre conjointe ni de vous entendre exalter l’exigence de l’optimisme et de la voix de l’espoir. Nous ne nous reconnaissons pas dans le mode de scrutin de l’élection présidentielle qui élimine sans nuances, favorise des candidatures aventureuses comme la vôtre et impose des choix impossibles.

Nous ne nous reconnaissons pas dans votre amour du nucléaire comme génie français, alors que bien des pays voisins n’y voient qu’un danger pour l’Europe. Nous ne nous reconnaissons pas dans la cure d’austérité que vous voulez imposer aux collectivités locales, dernier lien de confiance avec la République pour nombre de nos concitoyens. Nous ne nous reconnaissons pas dans la pression sur les chômeurs, la fin des 35 heures et l’apologie du travail des autres, quand on se garde bien pour soi-même de toute pénibilité. Nous n’acceptons pas qu’on réduise les syndicats à des super comités d’entreprise sans poids politique. Nous ne goûtons guère ni aux courses d’esclaves de Uber ni aux cars low-cost qui portent votre nom, qui pratiquent le dumping social, polluent et ruinent les petites lignes ferroviaires.

Nous ne nous reconnaissons guère dans quelqu’un qui a fait si peu, si peu assumé le quinquennat qu’il a inspiré, parle si vaguement et prétend à tant de pouvoir. Mais nous reconnaissons très bien ceux qui sont derrière vous.

Le 7 mai, lors du second tour de l’élection présidentielle, ne pouvant en conscience ni nous abstenir ni voter blanc, ni voter pour vous, nous voterons gris. Nous prêterons notre vote à votre candidature pour faire barrage au Front national et sauver la République. Nous le reprendrons aussitôt, afin de vous imposer une cohabitation avec une gauche rassemblée, qui vous initiera à la politique française et aux difficultés de la vie.

Nous signons dès maintenant cette déclaration en ligne pour que le soir de la défaite de Marine Le Pen, le financier que vous êtes puisse évaluer lucidement son passif et ne se croit ni président de tous les Français ni mandaté pour appliquer son programme. Croyez bien, Monsieur Macron, à l’expression de notre plus sincère opposition.

Dalibor Frioux, écrivain
déclaration de "vote gris" à signer sur change.org

 

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dimanche 7 mai 2017

micro170

*
mes copines ne mangent des aspics que par temps estival

*

dimanche : la blonde me répugne (me terrifie) et le poupon ne me concerne pas (me désole)

*

Le monde peut tout à fait tourner sans moi (et, de la même façon, moi sans lui)

*

 "Gloire à qui, n'ayant pas d'idéal sacro-saint,
Se borne à ne pas trop emmerder ses voisins"
(Don Juan, Georges Brassens)

*
(convoitise)
Le 11 mai paraîtront, dans La Pléiade, les deux tomes des Oeuvres  de Georges Perec
L'"album" de l'année (offert pour l'achat de trois volumes) lui sera également consacré...

*

 Ce qui est inévitable, on ne peut pas l'éviter,
mais ce qui est inéluctable, on ne peut pas le lucter ?

*
Dans le dernier bulletin municipal n°64 sont évoquées Mr et Mme Damour,
qui habitent rue de la Vierge
(et qui ont une fille, mais dont le nom ne produit aucun jeu de mot)

*

La nouvelle "Correspondance new-yorkaise" de Raymond Depardon dans Libé
me semble beaucoup moins intéressante que la précédente (en 81)

*

samedi 6 mai, 15h28 :
vaut-ce vraiment la peine que je me douche et que je m'habille ?

*

avec un ciel si bas etc.
(comme le chante Brel)

*

les moules chiliennes sont d'une taille exceptionnelle
(à tel point que ça lève presque le coeur)

*

en sortant du bureau de vote, j'ai découvert que la date
tamponnée dans la case du scrutin du jour était le 7 mai 2026

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