mardi 31 janvier 2017

gourmandise

016
VOYAGE A TRAVERS LE CINEMA FRANCAIS
de Bertrand Tavernier

Un gros gâteau de 3h15 (le premier annoncé d'une série de trois) auquel nul cinéphile ne devrait rester insensible (la preuve, à la fin, on est dégu que ça s'arrête, on aurait bien continué la dégustation en compagnie du réalisateur...). Tavernier est passionné, et passionnant. Il ne nous assomme pas de son érudition, il nous fait juste partager des souvenirs, des rencontres, des anecdotes, à propos de films, de réalisateurs, et de musiciens connus (ou qui le sont moins...) sous forme de chapitres ("Becker" "Gabin" "Carné" ) pas complètement étanches, car la cinéphilie est poreuse et coq-à-l'ânise volontiers. Grands boulevards et chemins de traverse (comme chantait Bashung "Délaissant les grands axes j'ai pris la contre-allée..."). Tavernier nous présente son parcours buissonnier à travers le cinéma français d'il n'y a pas si longtemps, enthousiaste et admiratif, et nous fait gambader gaiement à suite dans la grande prairie ensoleillée de la cinématographie française du siècle dernier (avec un chouïa de mondiale aussi, enfin, américaine, surtout.). Bref, tout à fait enthousiasmant...

et tiens je vous copie/colle la déclaration d'intention de Bertrand T dans all*ciné :

"Ce travail de citoyen et d’espion, d’explorateur et de peintre, de chroniqueur et d’aventurier qu’ont si bien décrit tant d’auteurs, de Casanova à Gilles Perrault, n’est-ce pas une belle définition du métier de cinéaste que l’on a envie d’appliquer à Renoir, à Becker, au Vigo de l’Atalante, à Duvivier, aussi bien qu’à Truffaut ou Demy. A Max Ophuls et aussi à Bresson. Et à des metteurs en scène moins connus, Grangier, Gréville ou encore Sacha, qui, au détour d’une scène ou d’un film, illuminent une émotion, débusquent des vérités surprenantes. Je voudrais que ce film soit un acte de gratitude envers tous ceux, cinéastes, scénaristes, acteurs et musiciens qui ont surgi dans ma vie. La mémoire réchauffe : ce film, c’est un peu de charbon pour les nuits d’hiver."

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dimanche 29 janvier 2017

thym ou coriandre

015
LE RUISSEAU, LE PRÉ VERT ET LE DOUX VISAGE
De Yousry Nasrallah

Un beau titre pour un beau film égyptien. Un film qui pète la santé autant que ses images pètent les couleurs. (J'ai rarement vu un film où les couleurs étaient aussi flashy, comme quand j'utilise l'effet "boost" sur mon appareil photo, à tel point que certains bleus ou roses pétants en deviennent presque difficiles à regarder, tant on craint le décollement de rétine). Un film à l'exact opposé du dernier film égyptien vu (Clash, de Mohamed Diab), qui était un huis-clos nocturne confiné et anxiogène (une nuit dans un car de police). Ici, c'est la lumière du jour, le grand soleil, les noces célébrées en grande pompe, les intrigues familiales et/ou amoureuses, les chants et les danses, bref un beau grand bonheur de film, pour ce "film jouissif" (comme le définit son réalisateur dans un entretien à Téléramuche, ici).
Un film gourmand, goûteux (on n'arrête pas d'y manger et d'y préparer à manger, puisque le trio -mâle- central est constitué d'un père et de ses deux fils, cuisiniers -de renom- pour noces et banquets, notamment.) Et l'art culinaire y est mis en parallèle avec l'alchimie amoureuse, qui fait quoi, et avec qui, et une pincée de ceci, et une cuillerée de cela, et on met à feu doux, et on rectifie l'assaisonnement, et on déguste avec les doigts. Car la gent féminine est largement représentée autour de nos trois maîtres-queux. Epouses, fiancées, concubines, soeurs, tantes, nièces, voisines...
Le film est très hétéronormé (bon on est en Egypte, tout de même, ne rêvons pas... et excepté un charmant bisou -furtif- donné -pour plaisanter- par un charmant gitan barbu sur la joue d'un de nos héros me semble-t-il, les dames cherchent les messieurs, et les messieurs les dames...). Et ça soupire et ça roucoule et ça se cherche, les hommes, les femmes, les jeunes filles et même les vieux messieurs, en un ballet bruissant, charnel, lascif comme une danse du ventre, sucré et parfumé comme un makrout louz, avec oeillades, roucoulis, étreintes plus ou moins furtives, propositions plus ou moins déguisées. Plaisir des yeux, plaisir des sens, de tous les sens. Une incitation à toutes les gourmandises (et les grignotages qui vont avec).
Un régal!

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... et qui procure largement autant de bonheur que La la land, vu pas longtemps avant, sans en avoir forcément eu les moyens (financiers et publicitaires), peut-être parce qu'il se place ouvertement (simplement) plus du côté du peuple, des gens, vous, moi...

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samedi 28 janvier 2017

all that jazz ?

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LA LA LAND
de Damien Chazelle

J'y suis allé dès que possible (une unique séance en vo quotidienne), avant d'en avoir trop d'avis et d'échos autour de moi. Manque de bol, c'était la séance de 18h dans le bôô cinéma, et comme pour Nocturama, j'ai encore loupé les premières minutes du film (ce qui est extrêmement rageant, d'autant plus qu'il s'agit d'un ballet en plein embouteillage dont je n'ai donc vu que la fin...) j'ai envoyé un mail au sous-directeur pour tenter de résoudre le problème.
Il s'agit quand même là d'un sacré battage médiatique, d'un emballement (dans tous les sens du terme = hop, emballé c'est pesé!) critique orchestré en plusieurs vagues successives (Cannes 2016, puis les Golden Globes, et voilà bientôt celle des Oscars qui rapplique...) avec le flux de la dithyrambe qui enfle qui enfle. On s'est tellement employé à nous rebattre les oreilles de combien c'était grandiose, et magnifique, et parfait et génialissime et troulalaïtou qu'on serait en droit de se sentir légitimement un tout petit poil déçu pendant... Un acteur (Ryan Gosling), une actrice (Emma Stone), un univers (le show-bizz, cinéma pour elle musique pour lui), un scénario basique (boy meets girl, grosso modo). Rien de nouveau sous le soleil hollywoodien. D'autant plus qu'Hollywood, ici, justement, aurait tendance grave à se regarde le nombril en  nous faisant des clins d'yeux. Success story, love story, business story (le dernier Woody Allen, au fait, ne se terminait-il pas, grosso-modo comme ça ?) regardez comme c'est facile de devenir rich and famous quand on le veut vraiment. On pourrait ronchonner tout ce qu'on veut tout à loisir...
Et pourtant, on n'a pas le temps (de ronchonner) , parce que tout ça fonctionne. Et que ça fonctionne même très bien. Même si l'histoire est... prévisible (on se doute depuis le début spoil qu'elle va devenir actrice et que lui va ouvrir son club de jazz), on suit avec plaisir cette route scintillante, cette yellow brick road, ce chemin de (je) crois, qui va de petit a je suis pauvre mais heureux à petit b je suis riche et (un peu) malheureux (et de je ne t'aimerai jamais à je ne t'aimerai pas toujours, ou l'inverse -ou le contraire-).
Le couple Gosling / Stone fonctionne plutôt bien (bon, je persiste à penser qu'elle a un étrange visage et des yeux demesurés mais on ne juge pas sur le physique, hein) malgré les réserves inconscientes qu'on aurait pu avoir a priori (qui a vu Ryan Gosling réduire un mec en chair à pâté dans un ascenseur dans Drive se souvient que, ce gars-là, il vaut mieux ne pas le contredire, et donc se dit que la damoiselle qui lui chantonne lalala je ne t'aime pas ferait peut-être mieux d'y réfléchir à deux fois...).
(J'ai à plusieurs reprises pensé à Liza Minelli et Robert de Niro -on a connu plus déplaisant parrainage...- dans New-York New-York -et le titre, ici, n'en serait-il pas, d'ailleurs, un subtil démarquage ? -) Tout ça est mis en forme brillamment (les chants, les danses, les chorégraphies, la musique, les éclairages, la couleur -même si je continue de me demander pourquoi dans le bôô cinéma le son est-il SI FORT ? Les nouvelles dgénérations seraient-elles sourdes ?-), avec élégance et énergie, c'est du Hollywood fraîcheur de vivre 100% pur jus, et on serait bête de bouder son plaisir.
D'autant plus que, midinet un jour midinet toujours, je n'ai pu m'empêcher d'avoir un hoquet d'émotion (et la larmichette montante qui va avec), au moment où... (et juste après, dans la longue et magnifique scène où...). Du beau boulot, scintillant et bluffant, qui se présente comme l'apologie du vrai (vrai jazz, vrai amour, vrai talent) juste comme il faux. Et des claquettes avec aux pieds de jubilatoires gros sabots en technicolor et méga dolby. On se fait peut-être rouler dans la farine scénaristique, mais avec des paillettes, du piano, et des étoiles plein la tête. C'est une grosse machine rutilante, je devrais peut-être me montrer plus circonspect, mais, je viens de vérifier dans Téléramuche, Pierre Murat déteste : encore une bonne raison d'être pour, allez.
Oui, il est fort, ce Damien Chazelle, et je vais finir par aller le voir, son Whiplash...

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vendredi 27 janvier 2017

la fille du bédouin (air connu)

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TEMPÊTE DE SABLE
d'Elite Zexer

Téléramuche suite et presque fin. C'était une avant-première, en séance unique dans le bôô cinéma. Je m'y véhiculai donc. Un film israélien mais qui parle arabe (et ne parle que d'eux, puisqu'il s'agit d'une tribu de bédouins). En ouverture, une fille en voiture avec son père. On comprend qu'il l'a laissée conduire, puisqu'il reprend sa place au volant avant d'arriver à la maison. Où l'attendent les jeunes soeurs de la jeune fille et sa mère, une femme d'aspect plutôt austère et surtout plutôt vénère. On comprend vite pourquoi : le papa se remarie, et c'est justement ce jour-là qu'a lieu la fête. La nouvelle épouse arrive, et l'ancienne fait contre mauvaise fortune bon coeur. Elle prend sur elle, mais s'énerve encore plus lorsqu'elle s'aperçoit que sa fille aînée reçoit des coups de fil d'un galant "qui n'est même pas de la tribu"... les relations se tendent et s'exacerbent, mre/fille, père/mère, père/fille... Qu'à celà ne tienne, on va la marier, décide son père, mais à un "homme bien" du quartier, (même s'il est plus âgé, et bien grassouillet, tout de même...)
La situation (le père/ la mère / la fille / le mariage arrangé) m'a évoqué immédiatement une version "délocalisée" du très beau Noces, vu en avant-première à notre Belge Semaine 3. Il y est tout aussi question de traditions ancestrales, de "c'est comme ça" de "tu dois", (des tributs des tribus, en quelque sorte ? Je tentais juste de détendre un peu l'atmosphère vous dis-je).
Un (beau) trio de personnages plus complexes qu'il n'apparaîtrait de prime abord (chacun étant présenté d'abord comme ci, mais se révélant ensuite plutôt comme ça), dans un film dont la conclusion n'est pas si éloignée de celle de Noces ("Bon, si c'est ça que tu veux, je vais le faire, mais, bon je vais juste faire avec...")
Qui m'enthousiasmait moyennement à la vision, réalisé que je le croyais par un homme, alors qu'il s'agit d'une réalisatrice, ce qui change complètement la vision que j'avais du film, et le rend bien plus fort. Malgré le petit bémol évoqué par Hervé à la sortie : il s'agit d'une réalisatrice israélienne, qui évoque donc les problèmes des "voisins d'en face", ce qui pourrait, effectivement, poser quelques problèmes d'éthique, non ?

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jeudi 26 janvier 2017

festival téléramuche 2

On y revient, samedi aprèm', où j'avais originellement prévu d'enchaîner Nocturama et Paterson, mais où j'ai finalement commencé par L'économie du couple -le seul que je n'avais pas vu- suivi de Nocturama.)

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L'ECONOMIE DU COUPLE
de Joachim Lafosse

On l'avait programmé dans le bôô cinéma mais je l'avais raté (zappé ?). Joachim Lafosse, on a déjà passé trois de ses films, (Elève Libre, A perdre la raison et Nue Propriété) dont deux au moins m'ont procuré, et c'est un euphémisme, un certain sentiment de malaise. L'ouverture et la mise en route de celui-ci vont le confirmer assez vite, il s'agit d'une situation de conflit (une maison où vivent un couple et ses deux filles jumelles, couple visiblement en guéguerre dont on va mettre un instant à comprendre ce qui se joue là et pourquoi. Et c'est filmé, justement, comme un champ de bataille. Ca pourrait être une lointaine version belge de La guerre des Rose (film que j'aime beaucoup), version moins friquée, mais Bérénice Béjo (elle) et Cédric Khan (lui) sont bien plus impressionnants que leurs (lointains) cousins) américains. Elle s'appelle Marie (tiens, comme dans Le passé d'Ashgar Farhadi) et fait montre d'une rageuse (et pugnace) détermination, envers lui. Lui donc est joué par Cédric Khan, que j'ai connu d'abord en tant que réalisateur (qui ne m'a d'ailleurs jamais vraiment convaincu) avant de le voir jouer, et de l'y trouver, vraiment, excellent (dans Alyah en frangin fauché et énervant et Tirez la langue mademoiselle encore en frangin, mais rival amoureux). Il a une stature, une présence, incroyables. Je pensais pendant le film "Cet homme-là, il est intense.". il est large comme un ours et pourtant porte en lui cette petite étincelle de tendresse, de drôlerie, de fragilité , qui fait toute la différence. Splendide spécimen d'hétéro (pur et dur) à poil dur mais avec un petit coeur qui bat. J'adore.
Il est question d'un couple qui se déchire, terra quasi incognita pour moi, et j'ai donc été d'autant plus attentif à cette -pour moi plutôt exotique- guerre de tranchées conjugale. Qui a tort, qui a raison, là n'est pas (n'est plus) le problème. Et boum! De part et d'autre on fait feu. On campe sur ses positions. On se drape dans sa mauvaise foi. Et on y retourne.
J'aime la façon dont Joachim Lafosse empoigne le filmage comme ces deux-là leur(s) histoire(s). La façon dont tout ça sonne juste (le gratin sort du four avec du brûlé, le gâteau au chocolat dans son papier de cuisson). Et ces deux-là qui se crient dessus (mais pas toujours, il y aura aussi quelques -très peu- scènes "douces".) Tout ça pour, finalement, une différence de vues de 50000€.
Un sacré film, d'une belle force, et avec une scène finale magnifique. (et on regrette de ne pas voir davantage Marthe Keller, tout aussi grandiose). Je n'avais pas trop eu envie d'y aller, allez savoir pourquoi.Eh bien, j'avais tort. (mais ce n'est pas une raison pour me crier dessus).
Et encore merci au Téléramuche Festival!

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un léger énervement ensuite : on fait la queue pour Nocturama, il y a pas mal de monde qui piétine dans le hall du bôô cinéma, la caisse ouvre à 17h55 pour le film annoncé à 18h (alors que les autres sont à 18h15) -c'est comme ça dans le bôô cinéma- sauf qu'ensuite il y a encore un sas à franchir -le contrôle des billets- et que celui-ci ne semble pas disposé à s'ouvrir. La file d'attente s'accroît, ils finissent par ouvrir, et, quand j'arrive dans la salle, il est 18h05 et le film est déjà commencé. Depuis n minutes (alors que d'hab' on a droit a toute une charretée de pub). Ca m'agace (même si j'ai déjà vu le film deux fois, j'ai horreur de rater le début...)

012
NOCTURAMA
de Bertand Bonello

Je ne m'étendrai pas sur le sujet, j'ai déjà dit tout le bien et le re-bien que j'en pensais. Il serait alors ici question de re-re-bien, ce qui commencerait à -bien, justement- faire. Bon, même avec le festival Téléramuche, il y avait hélas peu de monde dans la salle (bon, ils avaient mis le Dolan en face, mais quand même...). Même sans les n premières minutes, c'est toujours aussi bien filmé, cadré, monté, joué, et tout et tout... J'ai du mal à (m')expliquer pourquoi ce film me fascine autant (et à la troisième vision au moins autant qu'à la première...)
Tiens je vous mets un lien ici vers la critique qu'en avait faite Olivier Père sur son blog, et qui contient un autre lien vers un entretien avec Bonello.
Et je ne peux m'empêcher de recopier les (jolies) dernières lignes de la critique qui parut dans les Inrocks :
"La détonation de la balle qui l’abat est sèchement raccordée sur des flammes qui dévorent tout l’écran. Qui promet le paradis et voue à l’enfer ? Pourquoi la première station de métro où se retrouvent ces jeunes gens est-elle La Fourche ? Qui tient la fourche et jette aux flammes ? Seul Robert Bresson, instance suprême qui hante le film, a la réponse : le diable, probablement."

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(Et heureusement que je n'avais pas prévu de revoir Paterson ce soir-là : quand on est sortis de Nocturama : à 20h12, le hall du bôô cinéma était plein à ras bord et ça avait l'air de sérieusement bouchonner aux caisses...)

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mercredi 25 janvier 2017

Tim Dorsey in english

Liste des bouquins de Tim Dorsey restant à traduire :

BIG BAMBOO
HURRICANE PUNCH
ATOMIC LOBSTER
NUCLEAR JELLYFISH
GATOR A GOGO
ELECTRIC BARRACUDA
WHEN ELVES ATTACK
PINEAPPLE GRENADE
THE RIP TIDE, ULTRA GLIDE
TIGER SHRIMP TANGO
SHARK SKIN SUITE
COCONUT COWBOY
CLOWNFISH BLUES

(et les couvertures)

(ce qui nous en fait tout de même treize! j'ai décidé que quand j'aurais lu tous ceux qui sont déjà traduits -il ne m'en reste plus que deux!- je tenterai l'aventure de les lire directement en anglais. Tenterai, j'ai bien dit...)

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micro166

*

"Tu ne manges pas la moelle épinière ?"
(Malou, à Dominique)

*

"Don't believe
everything you think"

*

"Les vieux, ils ont toujours des vieux chiffons pour se moucher..."
(Milo)

*

Il pleut sur la neige,
c'est dommage.

*

"On ne va pas rajouter du fatras au fatras..."
(un infirmier surchargé, à propos de l'épidémie de grippe)

*

 "I love the life and sometimes it loves me too"
(Suzanne Vega)

*

"Oh toi t'as vraiment l'air d'être intelligent
Oh toi t'as vraiment surtout l'air dy croire..."
(Alister)

*

-16°, c'est bientôt fini

*

une heure à attendre au téléphone pour joindre mon "conseiller edf" :
j'ai tenu bon

*

Bon anniversaire, Philou!

*

 

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lundi 23 janvier 2017

couper les mouches en deux avec des ciseaux

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ABEL
d'Alex Van Warmerdam

Toujours grâce à Univers Ciné et Uncut (joli nom, tout de même hihihi), l'occasion de voir le tout premier film du réalisateur, sorti en 1986 (ohlalaaa trente ans déjà...). Où, déjà, il joue. (J'avoue que je ne l'avais pas reconnu immédiatement, il avait quand même 30 ans de moins!). Il joue Abel, justement, le fils d'une famille "banale" (papa, maman, fiston, sauf que fiston a 31 ans et refuse de quitter le domicile familial, restant cloîtré dans sa chambre avec une paire de jumelles (avec lesquelles il observe tout ce qui se passe dehors, en face, plus loin...) et une paire de ciseaux (avec lesquels il essaye de couper les mouches). Son père le dévalorise, tandis que sa mère le surprotège, et le status quo s'éternise... Encore un quasi huis-clos, un film en appartement. Un appartement color(i)é et décoré aux petits oignons. c'est -déjà- drôle, ginçant, acide, décalé. Quelques visites plus tard (un médecin, un psy, une jeune fille -la grandiose scène dite "des harengs"-), les choses vont un peu se décoincer.
C'est à cause de la télévision qu'Abel va -enfin- être confronté avec le monde extérieur, où il va faire la connaissance d'une jeune fille qui n'est autre... que l'ex-maîtresse de son père. Déjà, à nouveau, chez Van Warmerdam un schéma de "famille dysfonctionnelle".
Une maison, un foyer, comme ce sera très souvent le cas ensuite chez Van Warmerdam, où s'élabore -se joue face au spectateur- le spectacle d'une vie familiale à la fois stéréotypée et assez élégamment tripatouillée pour en acquérir une indéniable étrangeté, renforcée par le sens de la composition et celui de la couleur, qui décadrent chaque scène (Alex van Warmerdam est un grand topographe) et la tirent jusqu'à un surréalisme aussi drôle que glacé.
Un intéressant premier film, en tout cas, portant déjà en germe toute la singularité de l'univers cinématographique d'AVW.

abel

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dimanche 22 janvier 2017

festival téléramuche!

Le voilà! Le re!
Avec (16-1) + 1 +1 = 17 films dans le bôô cinéma! (Les 16 films proposés moins Ma vie de courgette, évincé -injustement- parce que "jeune public", plus l'avant-première de Tempête de sable et la re-vision de Mulholland Drive -juste une séance chacun-). J'ai trouvé l'ensemble de la sélection un peu planplan, pantouflard(e) dans l'ensemble,mais comme elle me permet de revoir mes deux chouchous ciné de l'année, je ne vais pas ronchonner, et j'irai voir L'économie du couple, le seul que je n'ai pas vu (et que nous avions pourtant programmé...).

Ce n'est pas souvent que je vois le caissier (qui est aussi le propriétaire, c'est comme ça dans le bôô cinéma) agacé. Il l'était quand je suis arrivé à la caisse, avec à la main mon papier découpé dans Télérama. Pourquoi donc énervé ? lui-ai je demandé. Parce que les gens des fois sont compliqués, me répond-il. Les personnes qui étaient avant moi à la caisse étaient trois, deux avaient le passe, et la troisième souhaitait obtenir aussi le tarif de 3,50€, qu'elle lui a, me précise-t-il,-il "mendié". Ce sur quoi il lui a conseillé de filer acheter Télérama illico pour pouvoir obtenir le fameux passe, ce à quoi la vieille peau (car vieille peau et rien d'autre) lui a répondu "qu'elle ne voulait pas soutenir ce journal de gauchistes". Téléramuche rouge vif avec le couteau entre les dents ? hihihi.

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PATERSON
de Jim Jarmusch

Je n'ai pas pu attendre jusqu'à samedi 18h. Cette séance de 16h était parfaite, avec Catherine. Sans surprise, j'ai d'abord pleuroté pendant tout le début (mes pleurs admiratifs "oh lala c'est trop beau"), et, histoire de refermer la parenthèse, j'ai pleuré aussi, symétriquement, pendant la (très belle( séquence finale (celle du japonais).
Je maintiens tout le bien que j'en ai dit, et j'en rajouterais même quelques louches. C'est un film (ce qui n'est pas si fréquent), que je pourrais voir et revoir, comme ça, sans arrêter, en boucle (mais la structure, aussi, s'y prête).
Et j'étais encore plus attentif, puisque je savais ce qu'il fallait voir et à quel moment il le fallait.
Oui, j'ai vu qu'il y avait beaucoup de jumelles/meaux dans le film, ce qui ne m'avait pas autant frappé que ça la première fois.
Oui, j'ai bien regardé les deux étudiants qui discutent dans le bus, à propos de l'anarchiste italien dont j'ai oublié le nom, et ce sont bien effectivement les deux tourtereaux de Moonrise Kingdom.
Oui je me suis immergé dans cette musique apaisante et tiède au coeur de laquelle il fait bon flotter (j'ai écouté sur amaz*n les autres disques de Sqürl -dont Jarmusch, le cachottier, fait d'ailleurs partie- ils ne sont pas tout à fait aussi éthérés). pas si souvent non plus, au cinéma, cette sensation d'être comme une éponge et d'absorber tout ce que le film exprime.
Oui c'était bon, en sortant d'échanger devant le cinéma, même dans le froid, avec Catherine et Nicolas et la dame de Rioz dont j'ai oublié le nom. On avait tous les quatre dans les yeux des petites étoiles qui clignotaient dans la nuit d'hiver...

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samedi 21 janvier 2017

jouvence

"Je voudrais que tout revienne alors que tout est passé
et je chante à perdre haleine que je n'ai que des regrets..."
(Alain Souchon)

Où la nostalgie, chez moi en tout cas, aurait quelque chose à voir avec la musique...
Quelques rééditions (et quelques téléchargements récupérations, aussi) ces denières semaines, n'auront fait qu'aviver un peu plus ce sentiment.
Le coffret "Isabelle Mayereau" offert à Gigis ce nouvel an (mais dont amaz*n m'avait gentiment fourni les droits de la copie numérique), puis le coffret "Catherine Lara : les années CBS 72-80", et quasiment en même temps un gentil quidam qui met à disposition les premiers albums de David Mc Neil en version FLAC (que je suis d'ailleurs obligé de demander à Emma de me rencoder en mp3).
Tout ça, c'est un bout de mon adolescence qui rebourgeonne et refleurit.
Des flashes -plop!- qui resurgissent : Bernard Schu un soir sur RTL dans la cuisine de la maison rue de Villersexel présentant La pierre tombale, Anne-Marie me faisant écouter Tu m'écris dans sa chambrette aux Angles, les après-midi chez mon copain et voisin Michel V. à écouter en boucle Fleur de sommeil, Alain me rachetant un jour de disette les deux premiers albums (version disque noir) de Catherine Lara, les deux albums de David Mac Neil écoutés aux Bâties, chez Pat P., le Discorama où Denise Glaser présentait, justement, Catherine Lara, Hash écouté à Vaux  -d'ailleurs, en le réécoutant à Gy ce 31 décembre, nous avons eu avec Emma tous les deux les larmes aux yeux illico..-.
Oui ces morceaux, ces chansons, découverts, écoutés, aimés quand j'avais 16, 17, 18 ans (et la suite) et qui me sont restés chers (il faudrait rajouter les disques de Véronique Sanson et ceux de Gérard Manset -sans oublier Françoise Hardy chérie-chérie !- pour compléter ce premier socle franco-français de mon univers musical perso naissant) et que je continue d'apprécier, peut-être justement parce que.

Il y a des morceaux que je ne peux pas rattacher à un instant précis mais qui ont sur moi un effet extraordinaire. Papa jouait du rock'n roll de David Mc Neil est de ceux-là. Peut-être parce que je ne l'avais pas écouté depuis longtemps (et que n'ai appris que très récemment qui était son vrai papa de David Mac Neil, et qu'il ne jouait absolument pas du rock'n roll). La petite intro quitare/banjo (?) et la voix qui attaque "A deux kilomètres à travers la fenêtre on pouvait voir St Paul..." c'est plus fort que moi, je fonds. j'ai à nouveau 20 ans dans ma tête et ça fait du bien... J'associerais ce morceau indéfectiblement à Philou, sans pouvoir davantage préciser (peut-être lui avec sa mémoire de stasi d'éléphant pourra-t-il m'aider ?)

david mc neil

"Au-dessus du lit ils affichaient des filles et des joueurs de foot-ball
Moi c'était Péguy, Frison-Roche et De Gaulle, Papa jouait du rock'n roll..."

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